Gabrielle apprécie les nombreux apprentissages que lui procure ce voyage.
Je me présente: Gabrielle Gagnon, 17 ans, originaire de Petit-Saguenay et résidente de L’Anse-Saint-Jean. Fille de marin et d’artisane, sœur d’une biologiste et d’une skieuse hors pair, mais présentement en direct… du Brésil! Je suis ici pour 10 mois et quelques jours dans une famille d’accueil brésilienne, je vais à l’école, je parle portugais et je mange des noix de cocos. J’ai pris l’avion le 14 août 2025, pour la première fois de ma vie, seule et je suis arrivée ici, où l’aventure a vraiment commencé.
Mais comment une petite québécoise s’est-elle rendue ici, dans la chaleur, la sueur et l’eau salée, pour y vivre pendant une année? Je vais vous expliquer. Un jour, ma magnifique maman m’a interpelée et m’a demandé: « Gab, ça te tenterait de partir un an dans un autre pays? Apprendre une nouvelle langue, une nouvelle culture pis découvrir de nouveaux paysages en habitant avec les locaux? » Elle m’a ensuite parlé du programme AFS interculture, celui avec lequel elle est allée un an en Norvège à mon âge et m’a proposé de partir avec ce programme.
Bien sûr, elle n’avait même pas dit deux mots que j’étais déjà vendue! La face devant l’ordi pour aller voir où c’que je pourrais ben aller. J’ai passé du Chili à l’Argentine, la Colombie, la Bolivie, l’Espagne, pour atterrir au Brésil, attirée par la musique et les percussions de ce grand pays construit d’un mélange de toutes les cultures du monde. Ensuite ont commencé les vraies affaires. L’inscription, les émotions, l’attente… je suis acceptée !!!
J’ai une famille ! Je vais vivre à Fortaleza, là c’est l’excitation totale! Bon, shu pas rendue, il reste le financement et très malheureusement le plus difficile: la paperasse. Tsé quand tu viens de finir ton secondaire 5 pis que t’es obligée de regarder tes courriels tous les jours, remplir des documents, attendre des réponses et j’en passe. J’ai travaillé fort, avec tout mon entourage, pour en arriver là aujourd’hui, mais il n’y a pas une seconde de chaque jour où j’ai une poussière de regret ou même une vague de nostalgie. Je vis, jour après jour, dors, nuit après nuit, la tête pleine de découvertes et d’apprentissages qui me font grandir et comprendre un peu plus ce monde qui nous entoure et dans lequel chaque grain de sable que nous sommes, fait simplement profiter de la vie.
J’espère que ce petit texte en inspirera d’autres parce que je pense que dans une société, ces expériences sont importantes pour amener les gens à voir et comprendre le monde comme il l’est vraiment, sans s’arrêter qu’à ce qu’on croit savoir. Maintenant, je vous laisse dans le froid et la neige dont je vais m’ennuyer (mais pas tout de suite)!
Peut-être je redonnerai signe de vie dans le prochain Trait d’union… beijos!
On se retrouve au Club des Messieurs, le long de la rivière Petit-Saguenay, où j’apprends d’entrée de jeu qu’en Thaïlande personne ne se fait appeler par son nom, tout le monde a un surnom! Bualaï, qui vit maintenant à Petit-Saguenay, on l’appelle Tia, ce qui veut dire la petite en langue Thaï.
Sébastien Blackburn, son conjoint, est originaire de Chicoutimi-Nord. Il est allé près d’une vingtaine de fois en Thaïlande, mais c’est lors de son premier voyage dans le sud-est asiatique qu’il rencontre et tombe en amour avec Tia. Après quelques années, ils décident de faire le grand saut pour venir s’installer au Québec. Déménager à l’autre bout du monde, c’est d’après Tia la seule manière de pouvoir vivre une meilleure vie. Avec Sébastien, ils passent tout d’abord 6 années à Montréal, mais quand le projet d’avoir des enfants se dessine, ils décident de venir vivre à Petit-Saguenay pour y fonder leur famille.
Sébastien, Jean-Élie dans les bras de sa maman Tia et Alyssa se sont installés à Petit-Saguenay il y a maintenant 5 ans. Crédit photo : Yannick Limary.
« On aimait ça Montréal et tous ses commerces et restaurants, mais c’est vraiment les enfants qui nous ont décidé à quitter la grande ville. La dernière fois que je suis retournée à Montréal, j’ai fait oh non je ne pourrais plus vivre ici ! Tellement de monde pressé, tellement de bruit ! », confie Tia qui a grandi à Rungarun, un tout petit village au nord-est de la Thaïlande, proche de la frontière du Laos.
Celle qui ne parle pas français, rencontre des gens à travers son travail où les échanges se font plus facilement en anglais. Toujours dans l’idée de rendre sa vie meilleure, Tia travaille beaucoup lors de ses 6 années à Montréal, jusqu’à 14 heures par jour !… Pas le temps pour suivre des cours de francisation. Par contre, sa grande fille Alyssa, qui va à l’école de Petit-Saguenay en maternelle 5 ans, parle très bien le français et va peut-être réussir à motiver sa maman à apprendre cette langue si éloignée du Thaï.
La cuisine comme lieu d’échange et de rencontre.
Avec les ateliers de cuisine collective qui se déroulent à Petit-Saguenay, Tia fait de belles rencontres, il faut dire que la cuisine c’est sa passion et qu’elle aime la partager. Ceux qui ont eu l’occasion de goûter à sa nourriture s’en souviennent comme d’un délicieux voyage ! Venant d’une petite communauté établie au beau milieu de la nature, Tia ne s’est pas sentie complètement dépaysée à son arrivée à Petit-Saguenay. Elle revient de ses balades dans les bois le panier empli de champignons, bleuets, petites fraises, tête de violon. Depuis cette année, elle se fait également un jardin, où il y a certainement des plants de coriandre.
Du côté des projets futurs, quand les enfants Alyssa, 5 ans, et Jean-Éli, 2 ans, seront plus grands, il y a l’idée d’installer un Food truck sur le stationnement de Minuit Moins Cinq, en plein cœur du village de Petit-Saguenay. La tourtière a-t-elle à s’en faire ? Je ne crois pas mais avouons qu’apprivoiser une culture à travers sa nourriture reste une très agréable manière de faire !
Simon Doucy, après avoir étudié au Cégep de Chicoutimi, travaille actuellement à la Coop forestière de Ferland-et-Boilleau. Crédit photo : Yannick Limary.
À l’hiver 2019, Simon Doucy ne le sait pas encore, mais il est sur le point de prendre une décision qui changera le cours de sa vie… pour le mieux ! C’est lors d’une visite au salon des études de sa ville natale, Lille, dans le nord de la France, que Simon se laissera tenter par une formation de technicien forestier bien loin de chez lui, au Cégep de Rouyn-Noranda.
« Je suis revenu 1 heure après chez mes parents… papa, maman, dans 6 mois, je pars au Québec. Ensuite, j’ai appelé ma sœur qui m’a dit, Rouyn-Noranda, n’y va pas… Il y a trop de mouches ! », me raconte Simon en riant.
La sœur de Simon, qui vit à Montréal depuis quelques années, lui conseille de regarder dans quelles autres régions se donne la formation de technicien forestier. Son choix s’arrêtera finalement sur le Saguenay et le Cégep de Chicoutimi.
6 mois plus tard, comme prévu, il s’installe dans une des petites chambres des résidences étudiantes du Cégep et entame sa nouvelle vie au Québec.
« Je me suis retrouvé tout seul dans ma chambre, sans connaître personne. J’ai vu des gens qui traînaient à l’extérieur. Je suis allé les voir tout de suite. [… ] C’était un peu contre nature pour moi, mais je me suis dit, allez, faut que tu rencontres des gens. »
Crédit photo : Yannick Limary.
L’intégration à cette nouvelle vie se passe bien, mais la pandémie le contraint à rentrer en France en 2020. Loin de se laisser décourager par cette pause un peu forcée, il revient l’année suivante pour reprendre ses études. C’est à ce moment qu’il décroche son premier stage de technicien forestier à la Coopérative Forestière de Ferland-et-Boilleau, dont il est aujourd’hui membre, en plus d’y siéger sur le CA !
« La Coop, c’est ce qui m’a fait rester au Québec malgré les difficultés que j’ai pu avoir avec les processus d’immigration ».
Simon se compte aussi chanceux de pouvoir toucher à des volets différents de la foresterie à travers son emploi. En effet, en plus de superviser des travaux d’inventaires forestiers et de vérifier la qualité des opérations en forêt et en scierie, il est également combattant pour la SOPFEU. Il revient d’ailleurs tout juste de Terre-Neuve où son équipe et lui combattaient les feux de forêt auprès des pompiers locaux.
Pour le jeune homme, soutenir les entreprises forestières à échelle humaine comme la Coop de Ferland-et-Boilleau, c’est important pour le dynamisme socio-économique des villages du Bas-Saguenay. Soucieux de la protection des écosystèmes, il est évidemment conscient des enjeux environnementaux parfois liés à l’exploitation des forêts.
« C’est difficile, je suis souvent partagé ! Je pense cependant qu’il n’y aura pas de transition écologique sans bois. »
Simon et son amoureuse Corinne, elle aussi membre de la Coop, en discutent souvent. Ils croient beaucoup aux circuits courts et à l’importance de pouvoir transformer la ressource sur place afin de contribuer au développement des communautés locales et de conserver un regard critique face aux pratiques de l’industrie.
Lorsqu’on lui demande où il se voit dans 10 ans, Simon répond sans détour : « Au Québec et au Saguenay ! » S’il habite pour l’instant à Jonquière, le jeune passe beaucoup de temps dans le Bas-Saguenay où il a des amis un peu partout. Il est attiré par Ferland-et-Boilleau et Saint-Félix-D’Otis pour y acheter une maison lorsqu’il obtiendra sa résidence permanente.
« Il me faudra peut-être convaincre Corinne de s’éloigner de la ville ! », plaisante-t ’il.
Une chose est certaine, le couple souhaite rester dans la région et faire carrière à la Coopérative forestière de Ferland-et-Boilleau.
Diego Alvarez Garner vit depuis l'hiver 2022 au Bas-Saguenay. Crédit photo : Yannick Limary
Bien que l’on se côtoie un peu à l’école, ce fut un privilège pour moi de prendre le temps d’apprendre à découvrir Diego Alvarez Garner. Né en Ontario, Diego qui a 16 ans maintenant, a emménagé à Rivière-Éternité à l’hiver 2022. Sa tante et son oncle restaient dans ce village depuis environ huit ans et sa famille et lui sont venus les retrouver. Ce qui l’a le plus surpris à son arrivée, c’est le froid et la quantité de neige. Arrivé dans un nouveau milieu demande toujours une bonne capacité d’adaptation.
Diego a intégré l’école Fréchette en milieu d’année scolaire avec son frère ainé, Miguel. Le plus grand défi pour lui a été la barrière de la langue. Heureusement, notre petit milieu lui a permis de connaitre rapidement les autres. Certains élèves de sa classe parlaient un peu anglais, ce qui lui permettait d’avoir des conversations moins superficielles. Cependant, bien qu’aujourd’hui il comprend beaucoup mieux notre langue française et ses intonations québécoises, qu’il peut communiquer plus aisément, c’est un cheminement qui prend du temps. Son expression préférée, une toute nouvelle dans le langage des ados, il me l’a apprise ! « Wesh » (le ballon n’est pas allé là où il voulait, c’est wesh!).
Diego aime par dessus tout jouer au soccer durant ses temps libres. Crédit photo : Yannick Limary.
Passionné de soccer, ce sport lui a permis de rentrer en contact avec d’autres jeunes. Il retrouve dans ce sport sa plus grande force, qui est aussi son plus grand défi, son esprit compétitif. Ce trait de caractère le pousse à donner le meilleur de lui-même continuellement, mais « perdre » est encore difficile à accepter. Si le jeune homme avait à choisir un élément, ce serait l’eau, par sa nature calme et paisible, cet élément le définit bien. Il me confiait que parfois, il se sentait en plein rapides et torrents, puis que l’eau même après avoir passé une grande chute, redevient plus calme. J’aimais l’image, qui s’applique à bien des éléments de la vie.
Diego a travaillé cet été à la crèmerie de Rivière-Éternité, ce qui lui a permis de pratiquer beaucoup son écoute et sa communication. Pour lui, on parle vite et il y a des accents plus durs à décrypter. Ce fut une belle expérience tout comme son deuxième travail à la municipalité de Rivière-Éternité. Il a aimé travailler manuellement, surtout lorsqu’il y avait des tâches à accomplir entouré de collègues.
Crédit photo : Yannick Limary
Sa mère vient d’Angleterre et son père du Mexique. Diego a voyagé un peu petit, mais ne ressent pas l’appel du grand large. Comme il est en 5e secondaire, je me demandais s’il savait ce qu’il voulait faire plus tard. C’est encore flou. Il ira là où la plus belle occasion s’offrira à lui. « Si c’est ici, tant mieux, si c’est là-bas, c’est bien aussi. » S’il pouvait avoir un super pouvoir, ce serait la vitesse.
Pour terminer, j’ai demandé à Diego : si tu avais un conseil à donner à une personne qui vit un cheminement similaire au tien, lequel serait-il ? « Aucune pression, n’essaye pas de tout connaître tout de suite, fais comme tu veux, essaie et ça va venir. Surtout, aucune pression. »
La migration, un phénomène naturel ! Crédit photo : Cécile Hauchecorne
Les villages tissés serrés du Fjord-du-Saguenay et leurs paysages grandioses attirent de plus en plus de nouveaux visages. Plusieurs de nos communautés ont même parmi les meilleures perspectives d’accroissement démographique de la région, au prorata de leur population actuelle.
Bien entendu, en plus d’être attractif, on espère que les personnes qui choisissent de s’installer sur notre territoire puissent obtenir le soutien nécessaire pour s’y établir durablement et contribuer au dynamisme de nos milieux de vie à long terme.
Des dizaines d’organismes offrent des services en ce sens, que ce soit le Carrefour Jeunesse-Emploi, Accompagnement Québec ou les organismes communautaires locaux. Bien que souvent disponibles à distance, l’accès à certaines des ressources est parfois compliquée pour les gens du Bas-Saguenay et des autres secteurs de la MRC.
La MRC du Fjord-du-Saguenay, la Ville de Saguenay et plusieurs autres partenaires clefs du milieu travaillent depuis une dizaine d’années à y remédier. De plus, nous pouvons compter sur le soutien financier du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration pour réaliser nos initiatives de rapprochements interculturels, d’accueil et d’inclusion des nouveaux arrivants. Les portraits de nouveaux arrivants que vous propose la présente édition du Trait d’union en est d’ailleurs un exemple concret !
Côté concertation, beaucoup de chemin a également été parcouru. L’exemple le plus éloquent est la création du Service d’accueil des nouveaux arrivants Saguenay-Le-Fjord (SANA). Ce nouvel organisme, inauguré à la fin de l’été, propose du référencement vers les ressources disponibles pour toute personne nouvellement arrivée sur le territoire de la MRC et de la Ville de Saguenay ainsi que du soutien à l’interne pour ceux qui n’y sont pas admissibles. Leurs bureaux, ouverts à tous, sont situés sur la rue Racine, dans l’arrondissement de Chicoutimi, mais le service est aussi offert dans toutes nos municipalités sur demande. Les conseillers à l’accueil des nouveaux arrivants se déplaceront avec plaisir, peu importe votre profil et vos besoins. Le SANA propose par ailleurs de nombreuses activités sociales regroupées dans un calendrier disponible sur leur page Facebook.
Finalement, si les services de soutien sont essentiels à l’établissement durable des personnes qui choisissent nos villages, c’est notre bienveillance et nos petits gestes qui feront toute la différence dans le développement d’un vrai sentiment d’appartenance. Continuons à être solidaires de nos nouveaux voisins !
Regina Stöber et Monika Schnug, deux amies allemandes venues vivre aux Plateaux à L'Anse-Saint-Jean dans les années 1980.
Les Plateaux, qui célèbrent cette année leur 50e anniversaire, ont accueilli au fil des ans plusieurs immigrants.
Régina Stöber fut la première et non la moindre à venir s’y installer en 1980. Horticultrice professionnelle ayant travaillé dans des fermes biodynamiques en Allemagne, elle fonda avec Denis La France Les Serres des Plateaux. Cette entreprise contribua grandement à fleurir L’Anse-Saint-Jean en donnant aux Anjeannois le goût d’embellir leur propriété. Elle est fière de dire qu’elle a appris à parler la langue de Molière grâce à ses contacts avec les villageois.
Par la suite, deux autres allemandes, Heïdi Schiemann et Monika Schnug, rejoignirent la communauté. Heïdi, une maître potière reconnue, a su transmettre son art par des ateliers de poterie offerts à la population du Bas-Saguenay. De sa boutique située sur la rue Saint-Jean-Baptiste, ses œuvres splendides ont laissé la marque de son immense talent dans plusieurs foyers.
Monika, qui nous a quittés prématurément l’automne dernier, contribua elle aussi à faire connaître L’Anse-Saint-Jean. Au fil des ans, une centaine de stagiaires ont bénéficié de son expertise des plantes médicinales et de ses talents de jardinière. Ses teintures mères, tisanes et onguents de consoude, reconnus pour leur qualité, étaient vendus dans plusieurs magasins d’aliments naturels au Québec. Un de ses employés, Samuel Crase s’est d’ailleurs installé près du Mont-Édouard. Il y a implanté avec sa conjointe Véronique Messina un jardin inspiré des méthodes apprises à ses côtés. Samuel se souvient surtout de sa présence réconfortante et de son écoute.
Gérald Delmarco et Élisabeth Kandler dans leur jardin.
Gérald Delmarco, de nationalité suisse, rêvait de venir habiter au cœur des grandes forêts québécoises. Il fait un premier séjour de 1982 à 1991. À l’époque, il crée sa compagnie de distribution Fleur de Vénus, avec laquelle il transportait vers Montréal et Québec les produits des Plateaux, principalement les pains de la boulangerie Unisson. Il reviendra aux Plateaux en 1997 avec sa conjointe Elisabeth Kandler, d’origine allemande. Gérald participe alors à la création du sentier des murailles, avec la Coop Quatre Temps. À la retraite maintenant, il poursuit sa passion pour la voile avec la coopérative Voile Mercator. En se remémorant quelques souvenirs de son arrivée au Saguenay, Gérald confie : « Je me suis senti bien accueilli par les gens de l’Anse, c’est du monde sympathique. Des fois, ils me font des remarques sur mon accent, signifiant que je ne viens pas d’ici, mais ce n’est pas méchant. Quand je retourne en Suisse, parfois je me sens un peu comme un étranger, c’est dire que je me sens bien intégré dans la communauté anjeannoise. » Elisabeth a pour sa part contribué au bien-être de bien du monde en offrant depuis 25 ans des cours de yoga.
Les Plateaux, lieu de résidence international
Bridget Chatterley une britannique enseigna l’anglais et la musique à l’école Fréchette, Tamara Anna Koziej une polonaise se démarque comme artiste multidisciplinaire. Elle s’installa ensuite à St-Honoré où elle créa une ferme florale. Soulignons aussi le passage de Cécile Hauchecorne vivant à L’Anse à titre de journaliste, correctrice et coordonnatrice du Trait d’union. Pierre-Henry Mugnier, massothérapeute et ancien collaborateur au sein du conseil d’administration et Jeff Grosse bien connu avec son entreprise d’infographie À l’Aise Media. Chacun à leur façon ces trois français se sont impliqués dans la communauté.
Notons que sur les Plateaux, la présence d’immigrants français est importante. Pensons à Sébastien Birot, ce sympathique breton, propriétaire du Café du quai. Il se démarque par sa personnalité rayonnante et son implication en tourisme. Il a fait preuve d’une grande résilience suite à l’incendie de son commerce. Un de ses amis, Corentin Chaillon, est venu le rejoindre pour s’y installer. Cet artiste peintre et biologiste de formation a réalisé une étude pour le Parc national du Fjord-du-Saguenay. Ce projet portait sur la présence des animaux actifs dans le parc. Il a également contribué à répertorier la présence des faucons pèlerins sur les falaises le long du Fjord. Deux autres résidents travaillent actuellement comme guide au sein du parc : Maxime Saunier et Daniel Savouyaud. Ils mettent à profit leur expérience de guide au Nunavik et au Yukon. Ces jeunes gens dynamiques apprécient le calme exceptionnel des Plateaux et la nature sauvage du Bas-Saguenay.
La corporation des Plateaux Commun’ô’Terre peut être fière d’avoir accueilli des immigrants, qui au fil des ans ont contribué à la diversité et à la richesse du tissu humain anjeannois.
Emiliano Tuataane est né à Wallis-et-Futuna, dans le sud du Pacifique. Crédit photo : Yannick Limary
Emiliano Tuataane est né à Wallis-et-Futuna, un territoire d’outre-mer français de deux petites îles situées à 16 000 km de Paris, dans une région que l’on appelle la Polynésie. « J’ai commencé mes études dans ces petites îles de l’Océanie où vivent environ 10 000 personnes. Ce sont deux royaumes, on a des rois encore, mais l’état de gouvernance, c’est la France », m’explique Emiliano.
« Pour continuer ma formation, je suis allé en Nouvelle Calédonie, à 2000 kilomètre de chez nous, où j’ai commencé l’université en chimie. C’est là que j’ai entendu parler pour la première fois de ce programme qui nous permettait d’aller étudier au Québec. » (voir texte page 23) C’est ainsi qu’Emiliano, après avoir passé tout un processus de sélection, vient étudier en 2011 le Génie chimique au Cégep de Jonquière. Il fait alors partie d’une cohorte de 12 étudiants venant de la Nouvelle Calédonie.
Bien sûr, la première question que l’on se pose en rencontrant Emiliano, c’est pourquoi quitter ces îles aux plages paradisiaques pour venir s’installer au Saguenay ?
Une meilleure qualité de vie
Avant de partir, Emiliano étudiait et travaillait mais il lui était difficile d’envisager pouvoir obtenir un emploi intéressant. « En restant chez nous, je serais sans doute devenu maçon ou ouvrier. Aussi, grâce à mon expérience au Cégep de Jonquière, j’ai pu connaître deux systèmes d’éducation différents. Cela m’a donné envie de rester au Québec. L’esprit de compétition est très présent en France, l’éducation semble réservée à une élite et cela me convenait moins. Au Québec, j’ai pu retrouver certains repères qui m’ont permis de finaliser mes études en chimie. »
Crédit photo : Yannick Limary.
Emiliano travaille maintenant pour une compagnie minière au nord du Québec. Même si sa famille lui manque souvent, son intégration se passe très bien. « Le fait que j’ai été accueilli à bras ouverts par la famille de ma conjointe y est certainement pour quelque chose. » C’est en participant au tournoi de volleyball organisé chaque année en mai à l’école Fréchette qu’il rencontre Julie Gagné, celle qui deviendra sa conjointe. « J’avais déjà décidé de rester vivre au Québec, la qualité de vie et le travail que j’avais trouvé me donnaient de bonnes raisons. »
Le premier hiver !
L’adaptation à l’hiver s’est bien remise du premier choc climatique, grâce à quelques associations, mais aussi au contact d’anciens étudiants de Nouvelle Calédonie qui prenaient bien soin de leurs compatriotes. « Jusqu’à tout récemment, je n’ai jamais eu à acheter de veste d’hiver, on me les donnait ! Honnêtement, quand je suis parti de la Nouvelle Calédonie, ce n’était pas si clair que j’allais faire ma vie au Québec, mais je me disais si cela fonctionne, pourquoi pas ! » Celui qui lors d’une soirée étudiante au Mont Lac Vert a chaussé pour la première fois des skis se rappellera sans doute toute sa vie du temps que cela lui a pris de passer du magasin de location au remonte pente : « Pas loin d’une demi-heure ! s’exclame en riant Emiliano, qui depuis a su apprivoiser cette étrange discipline et visite régulièrement les pistes du Mont-Édouard ! »
Angèle et Abdallah travaillent depuis près de 3 années ensemble.
Avec ce dossier sur l’immigration au Bas-Saguenay, on est allés à la rencontre de personnes et d’entreprises aux initiatives très inspirantes. Commençons avec l’épicerie Bonichoix, au coin des routes à L’Anse-Saint-Jean qui, pour pallier le manque de main d’œuvre ou d’enthousiasme à travailler les fins de semaine, a pris contact avec l’agence H360 afin de faire venir des travailleurs étrangers. « Abdallah, notre cuisinier marocain complètera sa 3e année au mois d’avril et Kdojo, notre boucher du Togo, arrivé quelques mois après au village, s’apprête à accueillir bientôt sa femme qui réside actuellement chez des amis en Beauce », m’apprend Angèle Lavoie très satisfaite de cette expérience internationale.
« En travaillant avec Abdellah et Kdojo, on en apprend également sur notre propre culture, je suis très heureuse que mes garçons les côtoient. Ils se rendent bien compte à quel point on est libre et chanceux d’habiter au Québec. » Angèle et Patrick son conjoint ont beaucoup voyagé et c’est avant tout avec cette ouverture d’esprit et la richesse que cela apporte qu’ils ont décidé de tenter l’expérience. « Nos deux employés sont agréablement surpris de notre qualité de vie québécoise, ils nous disent souvent que chez eux, ils travaillaient bien plus et avec beaucoup moins de reconnaissance. »
Et si votre cœur est à la découverte, sachez qu’un vendredi sur deux, Abdallah, lorsqu’il compose son nouveau menu, propose à chaque fois un plat typiquement marocain à déguster.
Du côté de la SEPAQ
Depuis deux ans, le programme Accès Nature du ministère de l’Éducation permet de faciliter l’accès aux parcs nationaux pour les clientèles sous-représentées, dont les nouveaux arrivants, en prenant en charge les frais de transport et en offrant l’accès gratuitement aux organismes communautaires éligibles. Cette année, par exemple, une vingtaine de personnes issues de l’immigration pourront bénéficier du programme par le biais du Groupe Inclusia et pourront visiter le parc national du Fjord-du-Saguenay.
En complément, le nouveau programme Destination Nature pour tous ! du Ministère de l’Environnement (MELCCFP) permet aux groupes scolaires éligibles de découvrir les parcs et de profiter d’une activité de découverte par un garde-parc, tout en bénéficiant des frais de transport.
L’esprit entrepreneurial
Série de paysages en mosaïque faits par Cecilia Bourdon, exposés à la Galerie Huit par Dix.
À Rivière-Éternité, la créativité n’a pas de frontières : des personnes venues d’ailleurs s’installent ici et transforment leurs passions en projets qui font vibrer le village, diversifient les services et créent de nouvelles occasions de rencontre.
Vanessa Alvarez et son conjoint, Martin Bergeron, sont derrière la Savonnerie au Pays des Bleuets. Depuis 2005, ils concoctent des produits naturels – savons, crèmes, baumes, shampooings – souvent à partir de plantes cueillies directement sur leur domaine.
Liza Garner, fondatrice du Nid Créatif, redonne vie aux arbres tombés sur son terrain. Elle en fait des pièces de décoration, planches de cuisine et décorations de Noël. Cette année, elle et son conjoint, Francisco Alvarez, ont également ouvert Glaces du Saguenay, un camion de crème glacée dure artisanale.
Enfin, l’artiste Cecilia Bourdon a transformé une ancienne cabane de pêche blanche en la Galerie Huit par Dix. On y retrouve ses mosaïques colorées ainsi que les accessoires et créations en cuir et fourrure de Marie-Eve Marchand. Ce lieu original attire autant les visiteurs de passage que les résidents et devient un espace de découverte culturelle et de rencontres.
Si ces projets voient le jour, c’est aussi grâce à l’ouverture d’esprit et au soutien de la municipalité, qui accompagne les porteurs d’idées et facilite la réalisation de leurs projets. Ensemble, ils partagent une volonté de bâtir un village vivant, attractif, où brille l’individualité de chacun.
Les entreprises saguenoises, vecteurs d’intégration d’immigrants internationaux
À Petit-Saguenay, l’accueil des nouveaux arrivants et des personnes immigrantes ne se mesure pas en nombre, mais en chaleur humaine. Au cours des deux dernières années, une dizaine de personnes sont venues s’installer ou travailler chez nous. Et chaque arrivée a été l’occasion de créer des liens, de partager et d’enrichir la vie collective.
Victorine, qui a trouvé appui et amitié grâce à l’entraide de Lisa, des Semences Saguenoises, en est une belle illustration. Elle a accompagné Victorine dans ses démarches pour se loger et se déplacer, et leur relation s’est transformée en une belle amitié. Par ailleurs, son entreprise accueille également des travailleurs immigrants, renforçant son engagement envers l’intégration.
Victorine chante en travaillant et ça amène de la joie dans l’équipe.
Il y a les travailleurs mexicains venus prêter main-forte aux Jardins de la Montagne, ou encore Jean (un des propriétaires de la Bleuetière Saguenoise), qui a non seulement engagé des personnes immigrantes mais aussi encouragé et soutenu leur démarche vers d’autres emplois une fois la saison terminée, l’intégration s’est faite avec cœur et solidarité. La Scierie de Petit-Saguenay s’implique également, notamment par la participation de son directeur général, Daniel Lavoie, à des échanges sur l’intégration en milieu rural.
Nous présentons ici le témoignage de deux employeurs qui ont choisi d’accueillir et de collaborer avec des personnes venues d’ailleurs. À travers leurs expériences, on perçoit la richesse humaine et collective que cela apporte.
Les Jardins de la Montagne : l’expérience positive de l’embauche de travailleurs agricoles saisonniers
Aux Jardins de la Montagne, l’accueil de deux travailleurs mexicains dans le cadre du Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) est une expérience à la fois exigeante et enrichissante. Depuis deux ans, Francisco et José viennent chaque saison prêter main-forte à la ferme pour une période de cinq mois.
Gilles Arseneault se tient fièrement entre ses deux employés mexicains, José et Francisco.
Pour Gilles et Anne, cette démarche représente toute une adaptation. « Il y a énormément de règles gouvernementales à respecter, que ce soit le transport, l’hébergement ou même la mise à disposition d’un véhicule pour leurs besoins essentiels », explique Gilles. La ferme a également dû s’ajuster au quotidien : documents et outils traduits, adaptation de certaines cultures et communication presque exclusivement en espagnol. Gilles a même pris des cours d’espagnol.
De leur côté, les travailleurs font aussi un grand sacrifice : quitter leur famille, leurs conjoints et leurs jeunes enfants pour plusieurs mois. Grâce à WhatsApp et Messenger, ils gardent le contact, mais la distance demeure un défi.
Ce qui ressort de cette expérience, c’est la compétence et le professionnalisme de Francisco et José. « Ils ne sont pas seulement des travailleurs de récolte : ils arrivent avec une formation en agriculture et une solide expérience qui complètent très bien le travail déjà accompli par nos équipes locales. Ils savent conduire des tracteurs, assurer la fertilisation, le travail en serre et en champ. Leur expertise apporte une belle valeur ajoutée à l’entreprise », souligne Gilles. Avec le temps, les liens se sont resserrés. « On développe une relation d’amitié. Ils font partie de la famille maintenant. »
Une preuve que l’intégration, même saisonnière, peut être synonyme de respect, d’enrichissement mutuel et de nouvelles amitiés durables.
Deuils, courage et intégration : une leçon du Colloque Unis vers l’inclusion
Daniel Lavoie, directeur de la Scierie de Petit-Saguenay nous parle de sa participation au Colloque Unis vers l’inclusion : « J’ai eu la chance de faire partie d’un panel de discussion, mais aussi d’assister à plusieurs conférences et ateliers. L’un d’eux, je l’avais choisi particulièrement parce que Victorine travaille avec nous, il portait sur les 7 deuils de la femme immigrante. Cet atelier m’a fait réaliser à quel point ces personnes sont courageuses. On ne s’en rend pas toujours compte, mais elles doivent vivre plusieurs deuils en quittant leur pays : le deuil de la langue — même si elles parlent français, ce n’est pas le même français que le nôtre —, le deuil de leur culture, de leur famille, de leurs ami-es, de la nourriture, de leur climat et de la géographie. »
Comme gestionnaire, ça a permis à Daniel de mieux comprendre Victorine et les autres travailleurs immigrants. Il a ainsi pris conscience qu’il faut parfois aller davantage vers eux, leur parler plus, pour s’assurer qu’ils se sentent bien et heureux dans leur milieu de travail.
Bien sûr, leur présence vient répondre à un besoin important de main-d’œuvre. Mais au-delà de ça, cela apporte une nouvelle dynamique à l’entreprise. Victorine, par exemple, chante en travaillant : ça amène de la joie dans l’équipe. Ce sont des personnes heureuses d’être ici, reconnaissantes des opportunités offertes. Elles veulent bien faire, être certaines que leur travail nous satisfait. Ce sont des gens minutieux, attentionnés et, en général, qui s’intègrent très bien.
« Depuis un peu plus d’un an, nous avons accueilli trois travailleuses étrangères : Victorine, Victoire et Suzère. Pour nous, c’est une main-d’œuvre fiable, toujours présente et engagée. Oui, elles comblent un besoin, mais elles enrichissent aussi notre milieu de travail et notre communauté ! », conclut Daniel avec reconnaissance.
Un festival toujours très haut en saveurs et en découvertes.
Promotion et Développement de L’Anse-Saint-Jean était très heureux de s’associer pour une première année à la 7e édition du festival du four à pain qui s’est déroulée du 29 au 31 août dernier.
Un festival toujours très haut en saveurs et en découvertes. La population régionale et extra régionale était fidèle au rendez-vous une fois de plus. Rallye, ateliers, spectacles musicaux et le fameux souper traditionnel, préparé par nos excellents cuisiniers du terroir dans leurs propres fours à pain, ont fait de cet événement une réelle réussite.
Deux nouveautés cette année se sont ajoutées à la programmation.
Un atelier présentant les notions de base au sujet de la planification et la démystification des différents types de levain. Cet atelier a été donné par Robert Lamarre, boulanger artisan.
De son côté, le ciné plein-air a malheureusement dû être annulé en raison de la météo.
Pour la 8e édition, nous allons vous concocter encore plusieurs nouveautés et souhaitons faire connaître davantage ce merveilleux festival à notre population locale.
Pour finir, voici quelques activités automnales à inscrire à votre agenda qui se dérouleront au Centre communautaire La Petite École:
– Fête d’Halloween le 26 octobre
– 5@7 pour souligner le travail de nos vaillants bénévoles le 6 novembre
L'Halloween au parc des artistes, une tradition bien populaire à Rivière-Éternité.
Plusieurs activités seront proposées à la population cet automne à Rivière-Éternité. Après la fête médiévale et le Symposium d’art contemporain, d’autres événements maintenant devenus des classiques sauront agrémenter le milieu de vie de la communauté du Bas- Saguenay.
Fête de l’Halloween à Rivière-Éternité
La fête de l’Halloween se passera une fois de plus dans le Parc des Artistes. Comme chaque année, des centaines de personnes se déplacent dans ce lieu pour faire la récolte de bonbons. Le comité des familles organisera des activités et plein d’autres surprises qui sont gardées secrètes jusqu’à la fête. C’est le dimanche 26 octobre que ça se passe… On vous attend petits monstres, clowns et personnages de toutes sortes pour venir envahir le parc. Suivez la page Facebook « Comité famille de Rivière-Éternité » pour plus de détails.
Chasse aux panaches
La Chasse aux panaches est de retour pour sa 24e édition cette année au Centre communautaire et des loisirs de Rivière-Éternité dès 13h30. Concours de panaches d’orignaux, conférenciers Stéphane Ellefson et Dan Lavoie Guide, Rémi Tremblay à l’animation, Héli-xtrême pour des tours d’hélicoptère et souper tourtière seront à l’horaire pour la journée. Le tirage de magnifiques prix est toujours à l’honneur pour une valeur de plus de 18 000$ dont le plus gros prix est le tirage d’un VTT d’une valeur de 10 000$. Pour finir la journée en beauté, c’est le DJ Dany Lepage qui animera la soirée dansante. Vous êtes invités à participer à cet événement en grand nombre, on vous attend !
Party des entreprises
Le Centre communautaire et des loisirs de Rivière-Éternité sera l’hôte du Party des Entreprises le vendredi 28 novembre 2025. Un souper sera servi aux tables par un traiteur et l’animation musicale lors de la soirée se fera avec le chansonnier Jack Solo. Les places sont limitées. Petites et grosses entreprises, organismes, vous êtes invités à venir festoyer la période du temps des fêtes avec nous. Pour réservation, appelez au (418) 272-2860 poste 3103.