Avez-vous déjà pagayé ou navigué la rivière Saguenay et été complètement désorienté-e de ne pas reconnaître ces anses que vous pensiez si bien connaître? Contempler le fjord par l’eau offre une expérience totalement différente et permet de redécouvrir ce milieu avec un tout autre point de vue. En kayak de mer, on a la chance de pouvoir longer les parois vertigineuses et entrer dans de nouvelles anses inexplorées où vivent, tranquilles, une faune et une flore aquatiques à l’état naturel.
Le Comité ZIP Saguenay-Charlevoix a eu envie de mettre en valeur cette activité sportive et contemplative en lançant, avec un important réseau de partenaires, La route bleue du Fjord. Dès l’été 2026, à partir de l’Anse-Saint-Étienne (Petit-Saguenay), de l’Anse-de-Roche (Sacré-Cœur) et de Sainte-Rose-du-Nord, les kayakistes autonomes de niveau intermédiaire ou avancé pourront essayer des boucles journalières rigoureusement caractérisées et cartographiées par Canot Kayak Québec. Cette initiative vient bonifier l’offre récréotouristique régionale, en offrant une visibilité à ce majestueux plan d’eau, en mettant en valeur les attraits locaux des municipalités participantes, et en sécurisant cette pratique sportive par le transfert d’informations afin de pagayer de façon responsable et éclairée.
En effet, le fjord du Saguenay n’est pas à prendre à la légère : courants, vagues, vents, marées et falaises peuvent rapidement s’allier pour transformer une belle journée sur l’eau en une très mauvaise expérience. C’est pour cette raison que des brevets de niveau II et III en kayak de mer sont recommandés pour faire ces parcours en autonomie et que La route bleue a pour mandat de fournir le plus d’informations possibles aux kayakistes. Plus encore, il est attendu des kayakistes d’agir de façon responsable face à la faune qu’ils et elles côtoient. Suivre la formation gratuite en ligne Naviguer dans l’habitat des baleines offerte par le Parc marin Saguenay-Saint-Laurent est ainsi fortement recommandé et agir consciencieusement près des fragiles marais côtiers est impératif.
Vous n’avez pas le niveau nécessaire pour vous lancer en kayak sur l’eau ou vous n’avez pas d’équipement? Pas de problème! Vous retrouverez au départ de chacun de ces secteurs des entreprises offrant des sorties guidées.
Vous trouverez sur le site web de laroutebleue.ca tous les renseignements sur les parcours, regroupés dans des fiches techniques détaillées, ainsi que des panneaux informatifs dans les secteurs faisant partie de La route bleue du Fjord.
Aux kayakistes du Bas-Saguenay, venez célébrer avec nous le lancement de La route bleue du Fjord, directement sur la plage Saint-Étienne, le 8 juillet prochain, dès 17h! Apportez votre kayak!
Avec ses 50 employés, Saguenay Aventures est un partenaire important du tourisme au Bas-Saguenay. D’entrée de jeu, Andréanne Ouellet, une des 4 propriétaires de l’entreprise, me l’annonce : « Notre vision, c’est de travailler tous ensemble, autour du fjord, afin de prolonger le séjour des touristes. Notre idée, c’est qu’il y a amplement à faire ici, l’offre est suffisamment diversifiée pour pouvoir rester une à deux semaines dans la région. »
Du nouveau sur le fjord pour l’été 2026
Suite à une réflexion, en collaboration avec Promotion Saguenay et les Navettes Maritimes, afin de repenser le système de transport sur le fjord, Saguenay Aventures propose cet été de nouvelles offres. « Les trois bateaux des Navettes Maritimes vont se promener de L’Anse-Saint-Jean à La Baie afin de mieux desservir Saint-Fulgence et le Cap Jaseux, Sainte-Rose-du-Nord et le parc à Rivière-Éternité. Nous, on va reprendre la ligne de L’Anse à Tadoussac avec le nouveau bateau que l’on vient de faire construire à Baie-Saint-Paul. »
La Pléiade, un bateau couvert de 40 places permet le transport actif entre L’Anse-Saint-Jean et Tadoussac, puisqu’il sera possible d’apporter ses bagages, son vélo, bref un service pour tous ceux qui veulent faire du tourisme sans voiture. Ensuite, La Pléiade proposera une croisière au départ de L’Anse-Saint-Jean, balade sur le fjord et escale à Tadoussac. Elle offrira également une croisière au départ de Tadoussac vers L’Anse-Saint-Jean avec lunch au Café du Quai, une belle initiative pour attirer chez nous la clientèle de Tadoussac. Enfin, avec deux départs par jour, une croisière aux baleines en partance de Tadoussac.
« Le but, avec cette nouvelle embarcation, c’est de rendre accessible le fjord du Saguenay de diverses manières. Chevelure de Bérénice, notre autre bateau 40 passagers, continuera de son côté les croisières Fjord-Baleines et le trio Fjord-Baleines-Tadoussac », poursuit avec enthousiasme Andréanne Ouellet.
Enfin, Persée, un zodiac 12 places, sera lui aussi à quai à L’Anse-Saint-Jean et proposera de courtes croisières de 2 heures sur le fjord, trois fois par jour. Il viendra ainsi bonifier l’offre en après-midi.
Ces nouveaux produits sont l’aboutissement d’une réflexion collective : « En fait, tout ça part d’un objectif incroyable, celui d’avoir un système de transport fluvial adapté tant à la communauté qu’aux visiteurs. Un jour, on veut que quelqu’un de Petit-Saguenay puisse aller à Sainte-Rose-du-Nord travailler. Bien sûr, pour l’instant, on n’en est pas là mais on essaye de plus en plus de réfléchir et de poser des actions afin d’avoir un système de navigation durable sur le fjord du Saguenay. »
Selon Andréanne, c’est avec une dynamique de discussion et d’ouverture que l’on sera capable de structurer une offre qui permettrait aux touristes de prolonger leur séjour chez nous. « On a réalisé qu’il fallait davantage penser notre destination comme un parcours plutôt que comme une série d’activités indépendantes. Les visiteurs peuvent passer d’un village à l’autre, découvrir des expériences très différentes et vivre un véritable séjour autour du fjord. »
Cette année, le Québec accueillera le Sommet mondial du tourisme d’aventure de l’ATTA, un événement réunissant près de 800 délégués provenant de partout dans le monde. En préparation au Sommet, plusieurs expéditions sont proposées afin de faire découvrir les destinations hôtes. « Avec nos partenaires du fjord, nous avons développé une aventure immersive qui permet aux participants de découvrir les villages du Bas-Saguenay, le Parc national du Fjord-du-Saguenay, les producteurs qui y œuvrent. Nous proposons également une expédition de kayak de mer de plusieurs jours, qui met en valeur l’unique Fjord du Saguenay. C’est une belle occasion de démontrer ce que nous sommes capables d’accomplir lorsque les entreprises du territoire travaillent ensemble », résume Andréanne.
« La problématique actuelle, c’est la mise en place d’actions collectives. Depuis plusieurs années, le territoire nous amène à réfléchir sur des enjeux communs, notamment l’hébergement des travailleurs saisonniers », souligne celle qui croit en l’importance de maintenir des mécanismes de coordination et de mobilisation dans le temps afin de faire progresser les projets structurants du territoire.
Le fjord est la colonne vertébrale de notre industrie touristique et on le sent actuellement, il y a un élan à vouloir travailler ensemble et à faire connaître nos services aux autres entreprises et à la communauté.
« Ce pourrait être en organisant un sommet touristique dans le Bas-Saguenay », conclut Andréanne avec un sourire de pourquoi pas !
Exposition Voix Visuelle, Maude Vien (à droite) remporte le premier prix.
Le 10 avril dernier, Maude Vien, résidente de Petit-Saguenay, remportait le premier prix de la 20e édition de l’Exposition internationale d’estampe numérique miniature organisée par le Centre d’artistes Voix Visuelle à Ottawa. Son œuvre Effloraison, inspirée des traces laissées par un incendie de forêt à Rivière-Éternité, a su se démarquer parmi des artistes provenant d’un peu partout dans le monde.
Actuellement à la maîtrise en arts visuels à l’UQAC, Maude développe une pratique artistique où le numérique et le territoire se rencontrent.
Après un certificat en arts numériques à Chicoutimi, elle complète un baccalauréat en arts visuels à l’UQAM en 2014. Déjà, l’estampe, la sérigraphie et la lithographie occupaient une place importante dans son travail, mais toujours accompagnées du numérique. « J’ai appris la modélisation 3D à Aix-en-Provence, en France, pendant mon bac. Depuis ce temps-là, l’ordinateur fait partie de ma pratique artistique », raconte-t-elle.
Son œuvre EFFLORAISON qui remporte le premier prix Voix Visuelles
À travers les années, elle travaille dans différentes galeries, puis en design de mode, allant même jusqu’à lancer sa propre marque, Rue du Léopard. En arrivant à Petit-Saguenay, elle se joint naturellement à l’équipe de Minuit moins cinq. Mais le besoin de revenir à une réflexion artistique plus approfondie se fait sentir.
« Oui, j’étais en création, mais ça faisait longtemps que je n’avais pas pris le temps de réfléchir à une démarche artistique en profondeur », explique-t-elle. La maîtrise devient alors une manière de se repositionner comme artiste et de relever un défi personnel : réaliser une exposition solo.
Depuis le début de ses recherches, un fil conducteur traverse ses projets : la relation sensible au territoire vivant. Très impliquée dans les luttes environnementales au début de sa vingtaine, Maude s’intéresse aujourd’hui à la crise du vivant et aux transformations des paysages. Dans le cadre de sa maîtrise, elle développe trois projets de recherche-création.
Le premier, Effloraison, s’intéresse aux traces laissées par les incendies de forêt. Sur un terrain privé de Rivière-Éternité cicatrisant d’un feu, Maude photographie les repousses, les fleurs, les roches couvertes de suie et les arbres brûlés un an après l’événement. À partir de cette matière recueillie sur le terrain, elle crée ensuite numériquement des textures et des formes en 3D qu’elle ré-assemble dans des environnements immersifs. La rencontre avec les propriétaires du terrain fait également partie intégrante de l’œuvre. « Ils m’ont parlé de leur regard sur la montagne, sur la mousse qui prenait vie là où des orignaux se promenaient avant le feu. »
C’est cette œuvre qui lui a valu le premier prix à Ottawa. Le thème du concours portait sur les cycles, un concept qui rejoignait directement sa réflexion sur la renaissance après le feu. « Je pense que ce qu’ils ont aimé, c’est le traitement numérique en 3D et l’idée du passage de la destruction à la renaissance », dit-elle.
Son deuxième projet, réalisé avec LAGORA (Laboratoire de recherche sur les gouvernances alternatives de l’UQAC), porte sur une cartographie sensible du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Pendant l’été, Maude visite plus de 65 lieux identifiés par des citoyens à travers la région. Chaque endroit lui est raconté à travers des souvenirs et histoires personnelles. L’exposition, présentée lors du Grand rassemblement de Métabetchouan l’automne dernier, mélange photographie et captations sonores afin de traduire notre rapport aux paysages.
Enfin, son troisième projet aborde les mutations du monde forestier à travers la fermeture d’une scierie. Maude observe comment un lieu industriel rempli de bois perd soudainement sa valeur économique pour devenir un espace abandonné qui retournera éventuellement à la nature. « Du jour au lendemain, la matière stockée devient un déchet », explique-t-elle. Cet été, elle prévoit retourner sur le site étudié pour documenter la végétation qui reprend tranquillement possession du terrain.
Au cœur de sa démarche se croisent deux concepts : le sensible et la systémie. Ses œuvres utilisent des données réelles recueillies sur le terrain (mouvements, textures, captations photographiques), mais aussi des données factuelles issues de banques, afin de recréer numériquement des comportements inspirés de la nature. « La donnée devient ce qui crée le paysage », résume-t-elle.
Mais derrière les expositions et les prix se cache aussi la réalité bien concrète de la vie d’artiste en région. « C’est beaucoup de travail. Il faut aller chercher des subventions, des concours, planifier la suite », explique-t-elle. Déjà, elle commence à préparer un projet d’exposition sur la Côte-Nord prévu pour 2028. « En ce moment, je vis de l’art. À l’automne, j’aurai la chance d’avoir une charge de cours à l’université. »
Boîte créative installée au Corsaire à Petit-Saguenay, projet Hémisphère de l’École du Vallon
Maude souhaite aussi s’impliquer davantage en tant qu’artiste dans la communauté. Récemment, elle a collaboré avec l’école du Vallon dans le cadre d’un projet Hémisphères de Culture pour tous visant à créer des boîtes de création. Installées à la poste et au Corsaire à Petit-Saguenay, ces deux stations offrent du matériel artistique à utiliser sur place dans un contexte d’animation pédagogique.
Elle participe actuellement à une exposition collective au Bistro de la Chasse-Pinte, une façon de démystifier son projet de recherche auprès de sa communauté. Maude terminera sa maîtrise cette année avec une exposition solo finale présentée le 19 novembre au centre BANG, à Espace Virtuel, situé Chicoutimi-Nord. Vous êtes tous et toutes cordialement invités !
Bryophi est née d’une réflexion partagée après plusieurs années passées à voyager, guider et travailler sur le terrain au Québec. Au fil de nos expériences, un même constat s’est imposé : beaucoup de voyages allaient trop vite, laissaient peu de place à la compréhension des lieux et aux rencontres authentiques avec ceux qui y vivent.
À une époque où tout s’accélère et où l’urgence d’une transition écologique demeure d’actualité, comment vivre des expériences qui respectent l’environnement naturel, soutiennent les communautés locales et permettent une connexion plus authentique avec le territoire ?
Une des nombreuses solutions est d’opter pour un voyage plus lent, de proximité, qui coûte souvent moins cher et permet de consacrer davantage de temps aux expériences elles-mêmes. C’est aussi une façon de soutenir les hébergements, les restaurants, les commerces et les artisans qui font vivre nos communautés. Voyager près de chez soi a également un avantage environnemental : moins de kilomètres parcourus signifie moins d’émissions de gaz à effet de serre. Le tourisme apporte de belles retombées, mais aussi de réels défis pour les territoires et les communautés qui accueillent les visiteurs. L’enjeu n’est pas d’arrêter de voyager, mais plutôt de réfléchir à la manière dont nous le faisons.
Cette réflexion nous ramène souvent plus près de chez nous. On associe souvent le voyage à l’idée de distance. Pourtant, il suffit de ralentir pour découvrir qu’un territoire qu’on croyait connaître peut encore nous surprendre. Un sentier oublié, une plage cachée, un café où l’on ne s’était jamais arrêté ou simplement une conversation spontanée avec quelqu’un du coin.
À force de voir les mêmes paysages chaque jour, on finit parfois par ne plus les remarquer. Toutefois, un territoire est vivant et il évolue à travers les saisons, laissant émerger des paysages différents et de nouvelles rencontres. La lumière transforme une montagne. Les marées redessinent le bord de mer. Lorsqu’on prend le temps, on peut apercevoir des détails que plusieurs ne verront peut-être jamais. Plus on apprend à connaître un endroit, plus on s’y attache. Cette relation change notre façon de voyager, mais aussi notre façon de protéger et de valoriser un territoire.
Chez Bryophi, on croit à cette approche plus humaine, plus consciente et plus enracinée dans le respect du vivant. Que l’on parte à quelques kilomètres de chez soi ou à l’autre bout du monde, l’essentiel reste le même : être réellement présent à l’endroit où l’on est. Parce que ce sont souvent ces moments-là qu’on retient le plus.
Que veut dire bryophi ?
Inspiré du mot « bryophyte », qui désigne la famille des mousses.
Au Québec, les tourbières et les marais, où l’on retrouve une variété de plus de 900 espèces de bryophytes, composent près de 12 % du territoire.
Il évoque aussi une croissance lente et durable, en écho à notre vision du voyage : prendre le temps de découvrir le Québec autrement, à travers un tourisme lent et respectueux.
Le relief semble pourtant bien intimidant, mais à les écouter me raconter leurs expériences cyclistes, on finirait par croire qu’il n’y a pas meilleure façon de parcourir notre belle région.
Marc Mercier, adepte du vélo électrique à roues surdimensionnées
Cartographe à la retraite, Marc Mercier suit la topographie du territoire comme on découvre une carte postale. Cette belle rencontre m’emmène faire un tour de vélo à vol d’oiseau ! En suivant du doigt les sentiers empruntés sur la carte, j’observe ravie ce terrain de jeu qu’est le Bas-Saguenay … grandiose, juste là, chez nous !
Avec son vélo électrique aux roues surdimensionnées, Marc a parcouru 6500 kilomètres l’été dernier. Il en a profité pour cartographier 250 kilomètres de trajets accessibles dont certaines boucles, comme en s’en allant vers l’Anse aux petites îles à Petit-Saguenay : « Je suis super fier de dire que je fais plus de kilomètres avec mon vélo qu’avec ma voiture ! Je l’utilise autant pour faire mes courses que pour rouler sur les Zec ou chemins forestiers du territoire. Il pèse environ 75 livres et possède une autonomie de 80 à 90 kilomètres, mais surtout c’est un vélo hybride qui me permet de combiner asphalte et chemin de gravel. »
Avec son vélo électrique, Marc peut monter toutes les bonnes côtes sans problème, ce sont les descentes les plus dangereuses, avec des vitesses pouvant atteindre 70 km/h. Côté sécurité, il précise d’ailleurs : « Je fais mon vélo le matin, pour éviter l’affluence des 4 roues ou des côte-à-côte, mais il faut toujours être aux aguets, comme sur la Zec où les bolides arrivent super vite. Une chance, on les entend de loin ! Souvent, je me retire carrément du chemin et ils ne me voient même pas ! »
Quand il part le matin, Marc suit son impulsion du moment, sans avoir de plan bien établi en tête, c’est ainsi qu’il pédale souvent en solitaire mais idéalement être plusieurs peut éviter les mauvaises expériences.
Le plus grand défi finalement, cela reste les communications, car dans pas mal de places, il n’y a pas de réseau cellulaire. Il faut savoir être vigilant, ne pas hésiter à marcher à côté de son vélo dans certaines descentes, et avoir un équipement bien entretenu. « Une crevaison peut arriver n’importe quand ! Un vélo électrique, on ne peut pas vraiment le réparer, surtout la roue arrière, avec son système électrique, c’est un peu plus compliqué qu’un vélo ordinaire. Mais finalement, c’est sur la Saint-Jean-Baptiste, avec les clous et les vis, les jours où l’écocentre est ouvert, que c’est pas mal le plus dangereux ! Même Mathieu le garagiste s’en est aperçu ! » conclut Marc en souriant.
Eve-Laurence Hébert, le cyclotourisme en mode exploratoire
Ève-Laurence, passionnée de cyclotourisme, est allée jusqu’à Natashquan, a fait le tour des Laurentides et de la Mauricie : « Pour moi le vélo, c’est une manière idéale de découvrir le Québec. »
Lors de son premier passage dans la région, à l’été 2019, les dénivelés du Bas-Saguenay ne semblent pas l’effrayer : « J’ai un vélo de cyclotourisme, avec 2 sacoches en avant et 2 en arrière. C’est un vélo qui permet d’aller sur de très petites vitesses et de monter les côtes tranquillement, en moulinant. Pas besoin d’être un athlète, c’est accessible, il faut juste prendre son temps. Ça permet aussi de vivre le plaisir de prendre une bière dans une microbrasserie, de s’arrêter sur une plage. »
Si elle n’est pas nécessairement une fervente des pistes cyclables, Ève-Laurence demande des accotements raisonnables ! « C’est impératif qu’il y ait des accotements plus larges partout, parce qu’il y a des secteurs qui en ont mais d’autres qui sont véritablement désuets, d’autant plus lorsque l’on se nomme la Véloroute du Fjord du Saguenay ! Par contre, je ne m’y suis jamais sentie en danger, les automobilistes et surtout les gros camions ralentissent et se tassent vraiment. »
En écoutant Ève-Laurence me conter ses voyages de cyclotourisme, je comprends que le vélo reste une merveilleuse façon de découvrir un territoire parce qu’on est dans la lenteur, l’appréciation des paysages et la contemplation. Étant donné que l’on fait un effort physique considérable, on a plus tendance à s’arrêter à des endroits que l’on n’aurait même pas vus en voiture. « C’est de cette façon-là que j’ai découvert les chutes à Sagard. Je partais de L’Anse-Saint-Jean, je m’en allais vers Saint-Siméon, il faisait vraiment chaud, je suis au milieu de nulle part, je suis assoiffée, j’ai faim et j’ai envie de m’arrêter pour prendre un lunch. Je vois le tout petit panneau Chute à Sagard, passe tout droit, puis me dis qu’en fait ce pourrait être le bon moment pour s’arrêter. Je revire, descends et découvre une place fabuleuse. Depuis ce temps-là, j’y vais tout le temps, pour me baigner, camper parce qu’il y a un site aménagé. J’ai envoyé des amis là-bas, bref je n’aurais jamais découvert cet endroit en voiture ! », constate enthousiaste la jeune femme.
D’après elle, le vélo c’est aussi une magnifique façon de créer des liens avec les locaux, parce que les gens sont impressionnés de te voir arriver à vélo avec toutes tes sacoches, en autonomie avec ta tente accrochée sur ton porte bagage ! Ils viennent te voir, ils veulent te parler, te faire découvrir leur place, ils veulent même des fois t’héberger chez eux, comme lors de grosses journées de pluie !
En plus, c’est le moyen de transport le plus écologique qui soit : « Je me sens tellement fière quand je réalise qu’aujourd’hui, je n’ai consommé aucune essence pour me déplacer ! Juste du jus de cuisse ! »
Le vélo de montagne, une histoire de famille !
À l’âge de 12 ans, Alik Bergeron se retrouve pour la première fois sur un vélo de montagne. La piqûre est instantanée. C’est là que Mia Arsenault, professeur à l’école Fréchette, entre dans l’histoire. Elle aide le jeune élève à choisir son équipement, lui donne beaucoup de conseils techniques, l’amène sur le tout nouveau secteur qui se développe alors au Mont-Édouard.
À force d’accompagner leur garçon et de l’attendre au bas des pistes, les parents d’Alik, David Gaudreault et Kathlyn Bergeron, décident eux aussi de tenter l’aventure !
Kathlyn Bergeron sur une descente du Mont-Édouard – Crédit photo : Alik Bergeron.
Kathlyn se rappelle également très bien de sa première expérience : « Je n’avais jamais fait de vélo de montagne, ma première montée avec Alik et madame Mia à la fin d’une journée d’école, juste la montée, je la trouvais déjà bien impressionnante avec les roches, les embûches, les ravins. Là encore madame Mia est essentielle, elle t’encourage, te donne confiance. C’est vraiment une discipline qui te fait passer au travers de tes peurs ! Maintenant, je peux dire que j’aime autant la montée que la descente. La montée, c’est tellement beau, c’est comme une randonnée en forêt. Oui c’est difficile, tu moulines, c’est du cardio, c’est un défi à chaque fois mais c’est super beau. Après ton super effort, tu arrives en haut et tu choisis la piste que tu veux ! Du sommet tu as le choix entre 5 descentes. »
Le secteur vélo de montagne du Mont-Édouard a connu une expansion assez fulgurante sous l’impulsion de deux passionnés, Mia Arsenault et son chum Mathieu Fortin. Tous deux ont créé Les Piochons, un groupe de bénévoles qui entretient et améliore grandement la qualité des pistes.
« Un été, j’ai travaillé sur la création de la piste l’Eldorado. Les employés du Mont-Édouard font le gros du travail, bûchent les arbres, bâtisse la piste. Ensuite les Piochons arrivent avec leurs connaissances, amènent la vision vélo de montagne, modifient quelques courbes, les angles des virages pour que la descente soit sécuritaire et fluide à la fois. On descend tout de même à pleine vitesse ! », partage Alik qui travaille encore cet été à la montagne.
Il y a bien sûr des centres de vélo de montagne comme à Québec où il y a 70 pistes différentes. Mais la famille préfère aller au Mont-Édouard. « L’an passé on est allés à Stoneham. Sérieux, tu as l’impression d’être au centre d’achat, il y a tellement de monde ! Tu as quelqu’un en arrière et en avant de toi tout le long du parcours, et les pistes sont les unes à côté des autres, souligne David. Le Mont-Édouard, c’est sauvage, tu as la paix et quand tu rencontres quelqu’un, tu es content ! »
« Tu ne peux pas penser à autre chose à vélo, ton esprit doit rester focus. Tu reviens de l’école, tu as raté ton examen, c’est pas joyeux et là, tu montes sur ton vélo et tu penses à rien d’autre qu’à ta descente ! C’est de l’art ! Tous les petits mouvements que tu fais, ta trace sur le sol, c’est comme mon tableau du moment. Et puis l’adrénaline que cela me donne, de rouler vraiment vite, tout autour devient flou. L’instant présent, c’est un combat mental énorme, tu sors de ta zone de confort à 100 %. C’est satisfaisant tellement de réussir ce que tu ne pensais pas pouvoir faire », conclut Alik en pensant déjà à sa prochaine descente !
Pour ceux qui veulent s’initier, il y a des pistes au pied de la montagne, mais du sommet, cela demande un niveau intermédiaire.
Le Trait d’union est allé rencontrer ces personnes qui sont la porte d’entrée de notre région, celles qui accueillent et informent les nombreux nouveaux visiteurs de la saison estivale.
Native de Rivière-Éternité, Manon Houde entame cet été sa 44e année à l’accueil touristique. « J’ai commencé avant les débuts du parc, en 1982. On était alors dans une roulotte le long de la route, un peu plus bas que le poste d’accueil actuel. On allait parler aux gens à leur voiture, on leur chargeait un ou deux dollars par véhicule. La route, c’était la même mais elle n’était pas encore asphaltée », se souvient celle qui a bien des histoires à partager depuis le temps qu’elle côtoie le milieu du tourisme : « Au tout début, il y avait déjà beaucoup de visiteurs, mais dans ce temps-là, seul le sentier de la Statue était aménagé, alors c’était surtout des pèlerins, des québécois. »
Madame Aline Gagnon au poste d’accueil le 14 juillet 1981. Source : Roger Gagnon.
J’apprends ainsi que jusqu’en 1996, c’est la Société de développement touristique de Rivière-Éternité qui gère le parc et ses employés. Parrainée par Jean-Marie Couët, la Société est créée en 1972. Il s’agissait alors de compenser le manque d’ouvrage lié à la crise forestière. La Société reçoit des subventions gouvernementales afin de finir de défricher le chemin qui s’en va à la Baie Éternité. C’est durant la même année que 80 à 100 hommes travaillent à façonner le magnifique sentier qui mène à la Statue.
« Au village, il y avait madame Eugénie Bouchard et son mari Hercule Bergeron qui possédaient un bateau à moteur. Ils pouvaient emmener jusqu’à 80 personnes observer la statue depuis le fjord, continue Manon qui, au fil des années, a parcouru tous les sentiers du Parc national. C’est comme cela que je peux en parler le mieux aux gens qui viennent nous voir ! »
À cette époque, pas de système informatique, les réservations se faisaient à la main sur le calendrier … fallait pas dépasser ! « C’est sûr que cela a beaucoup changé, l’offre s’est diversifiée, l’informatique est entrée dans nos bureaux ! », poursuit celle qui appelle son ordinateur le système !
Manon précise : « On présente le parc, mais aussi la région, on veut que les gens profitent au maximum de toutes les belles offres ici. Quand les gens réservent 4 ou 5 nuits au camping, c’est sûr qu’on présente nos produits mais on parle aussi de tout ce qu’il y a autour. Dès 1982, on disait aux visiteurs d’aller faire un tour à la marina de L’Anse-Saint-Jean. »
De nouveaux produits comme la Via Ferrata, installée en 2014, attire beaucoup de monde, un tout autre genre de clientèle qui en profite pour rester deux ou trois jours dans la région, découvrir d’autres attractions.
« Tu ne peux pas être de mauvaise humeur dans un si beau cadre, conclut celle qui n’a pas rencontré trop de clients grognons. Ce que je dis aux autres, quand ça arrive, surtout ne pas le prendre pour soi ! »
L’accueil touristique à Petit-Saguenay
Marjo Pelletier entame sa 21e année à l’accueil touristique de Petit-Saguenay. « On m’a proposé ce poste à la coordination de l’information touristique, et cela m’a tout de suite enchantée. J’aime découvrir, j’aime parler et rencontrer du monde de partout. C’est une autre façon de voyager ! En plus, je suis une randonneuse et les européens qui viennent ici, c’est pas mal pour la randonnée, alors j’ai de quoi les guider sur le territoire ! »
Petit-Saguenay c’est la porte d’entrée du Bas-Saguenay pour tous ceux qui arrivent du Charlevoix. « Quand les visiteurs ouvrent la porte de mon bureau, je suis toute heureuse de leur présenter notre belle région ! J’aime aussi qu’ils soient heureux quand ils repartent ! Je leur donne toujours un maximum d’informations sur notre région. J’en connais aussi qui devaient aller au Lac mais qui finalement sont restés ici 3 jours de plus ! », s’exclame joyeusement Marjo.
Dans son travail saisonnier, elle reçoit beaucoup de courriels, beaucoup d’appels aussi, beaucoup d’européens qui se demandent ce qu’il y a à faire dans le coin. Marjo leur propose un trajet avec des incontournables, elle organise même parfois leurs réservations.
« Je sais que l’on trouve tout ça sur internet mais les visiteurs, ils veulent parler à quelqu’un. Comme je les comprends! », poursuit Marjo en me présentant ses fameux incontournables : le quai à Petit-Saguenay, le club des Messieurs et sa location de canots pour les eaux mortes, la plage Saint-Étienne, la marina de L’Anse, la montagne blanche, la statue, le fjord, avec le kayak et le zodiac, les bons restaurants du coin.
« Cette année, je serai accompagnée par une étudiante. En début de saison, on suit des formations : comment accueillir les gens, les personnes à mobilité réduite, savoir gérer les clients plus difficiles … même s’il y en a peu ! », m’explique Marjo.
L’année passée, ce sont 4600 personnes qui sont venues à l’information touristique de Petit-Saguenay : « On a beaucoup plus d’offres, autant pour les familles que pour les randonneurs, cyclotouristes, amoureux des eaux du fjord et des baleines ! Ce que l’on essaye bien sûr en proposant nos nombreuses activités, c’est que le séjour se prolonge chez nous ! »
Avant de se quitter, Marjo me rappelle qu’à Petit-Saguenay il y a une flotte de 9 vélos électriques que l’on peut louer à ses bureaux. Une fois semaine, c’est gratuit durant deux heures pour les résidents de Petit-Saguenay.
Rencontre avec Ocy-Ann Petiquay-Paul
Une bonne nouvelle pour la municipalité, Ocy-Ann Petiquay-Paul revient pour sa 5e saison accueillir les visiteurs de notre belle région. Cette jeune étudiante à l’UQAC en sciences politiques me le confirme, ils sont nombreux ceux qui croient que L’Anse, c’est uniquement ce qu’ils traversent sur la route 170. « Beaucoup me demandent où se trouve L’Anse-Saint-Jean alors qu’ils sont déjà au village. Ils n’ont pas idée du joyau qui les attend au fjord, du dépaysement qu’ils vont vivre dans l’arrière-pays, à la ZEC de l’Anse ou du côté du Mont-Édouard. »
Ocy-Ann m’apprend qu’en 2021, à ses débuts, la municipalité organisait un tour de toutes les entreprises touristiques du village. Celle qui aime rencontrer les gens, parler avec eux et sortir ainsi de sa zone de confort, me confirme ce que m’avaient déjà mentionné nos autres ambassadrices de la région : « Beaucoup de touristes viennent me poser des questions sur les randonnées à faire ici. Et il y en a ! Sinon, je dirai tout ce qui est restaurants. Et puis, bien sûr, le fjord qui reste la principale destination ! »
À L’Anse-Saint-Jean, c’est la ZEC de la rivière Saint-Jean qui gère le petit bureau d’information touristique sur le bord de la route 170. Grâce à des subventions salariales, la ZEC embauche ainsi deux jeunes étudiantes pour l’été. « Un touriste c’est quelqu’un qui vient voir ce que toi tu ne vois plus ! Le manque de moyen, de main d’œuvre, de logement, on fait face à plusieurs défis qui ne nous facilitent pas la tâche », confie Michel Ouellet, de la ZEC Saumon, dès le début de l’entrevue.
D’après lui, « L’Anse-Saint-Jean est la plus belle base de plein air à l’Est des Rocheuses … non organisée. Il suffit de s’organiser, et de le faire ensemble. N’oublions pas que le tourisme est devenu notre principale économie. Sur ma galerie, si je vois passer un voyageur, je lui parle spontanément du coucher de soleil à la Tabatière, de la chute de la montagne blanche, et tant mieux s’il reste une journée de plus ! »
Desneiges Otis et Michel Simard ont toujours fait du camping durant leurs vacances.
Il y a deux campings à Ferland-et-Boilleau, le camping du Camp d’accueil et celui du petit Lac Ha!Ha! Le premier est plus rustique, sauvage, sans électricité, une immersion en pleine nature, loin des cellulaires. C’est le camping où se déroule chaque année en septembre un rassemblement festif de kayakistes.
Le camping du petit Lac Ha!Ha! propose lui plus d’équipements, mais sait préserver son aspect naturel, longé par le mont Toby et la montagne Dufour. C’est là que je rencontre Desneiges Otis et son mari Michel Simard, deux charmants campeurs à la retraite ! « Dans l’ancien temps, bien avant ce camping, la route 381 n’existait pas. Pour traverser le lac, il y avait un cageux, une sorte de ponton, qui faisait passer les chevaux. Sur l’actuel terrain du camping se trouvait alors une étable et les chevaux s’y reposaient la nuit. Celui qui s’occupait de faire traverser les gens, le gardien de la route comme on le nommait, c’était Toby Gagnon, le mari de Ludivine Guy(1). Si cette dernière avait plusieurs prénoms, elle n’avait qu’un surnom, la vieille – celle-là même qui revenait toujours de sa pêche avec un panier plein de belles truites », me raconte tout de go Michel Simard.
En écoutant le joyeux personnage, je réalise très vite que Ferland-et-Boilleau, c’est un territoire où les histoires et les légendes se confondent, comme pour ce fameux Trou de la vieille, situé dans le petit Lac Ha!Ha!, juste à côté du camping. C’est garanti, celui ou celle qui trouve l’endroit revient avec une belle pêche dans sa chaloupe !
Toute l’histoire familiale de Michel Simard tourne autour du petit Lac Ha!Ha! La grand-mère et son fils travaillaient sur le terrain qui longe le lac. Ils s’occupaient des chaloupes, des chalets en location, apprêtaient les poissons, géraient l’immense glacière. À l’époque, c’était privé et appartenait à un certain monsieur Cloutier. Il y avait beaucoup d’américains qui venaient pêcher. Plus tard, le père de Michel a obtenu un permis de coupe sur la montagne Dufour, de l’autre bord du lac. À la place des roulottes, il y avait une cour à bois.
Situé entre la région du Charlevoix et Ville Saguenay, le camping du petit Lac Ha!Ha! et la région alentour regorge de lacs. « Il y en a tellement de lacs ! On peut pas les compter », me confirme le natif de Ferland-et-Boilleau. J’apprends que les premiers à installer un terrain de camping ici, c’est la Consol (nom familier donné à l’usine d’Abitibi-Consolidated à La Baie). Elle possédait les lots privés qui longent le lac, c’est ainsi que l’idée d’un camping pour les retraités de l’entreprise est née. Mais bien peu d’anciens employés en profitaient, et c’est ainsi que la municipalité de Ferland-et-Boilleau en est devenue propriétaire.
De son côté, Desneiges me partage leur historique de camping en famille: « Nous autres, on a toute connu! On a connu la tente, la tente roulotte, la roulotte, le chalet, pis maintenant le motorisé. On a toujours fait du camping, nos enfants y ont été élevés. Mon mari travaillait dans le bois, et les vacances, on les passait dans le bois ! » Au début, c’est au Camping du Camp d’accueil au bord du Lac Ha!Ha! que la famille se posait pour l’été. Michel se rappelle très bien qu’il organisait lui-même leur terrain à la scie mécanique, il coupait les pieds de savane … « Tu sais ce que c’est des pieds de savane ? … euh … c’est comme des pieds de bleuets mais plus haut, on les coupait et on installait notre tente là ! »
Au camping du petit Lac Ha!Ha!, on peut louer chaloupes, planches à pagaie, canots, kayaks et même des chalets. Le permis de pêche, c’est au dépanneur que l’on peut se le procurer.
C’est l’endroit par excellence pour les amoureux de la nature et de la pêche à la truite.
(1) Extrait du Trait d’union – juin 2021 » Elle nous parle d’une femme d’origine autochtone, son nom change selon les documents consultés, on la nommait Devie, Ludivine ou Delvie, Derie parfois aussi, et pour son nom de famille, ce serait Guy ou Guay, dépendant. Ce qui est certain, c’est que c’était la femme à Toby Gagnon, il l’avait rencontrée dans une tribu et l’avait ramenée chez lui pour la marier. «
Chaque année, les feux de forêt représentent un risque majeur pour la sécurité des personnes, des bâtiments et de l’environnement. Au Québec, ils peuvent se propager rapidement et sans avertissement, et la majorité sont causés par des activités humaines.
Par contre, plusieurs incendies peuvent être évités en respectant quelques règles simples :
Ne jamais allumer un feu à ciel ouvert lors de conditions venteuses ou de sécheresse.
• Toujours garder une source d’extinction à proximité (eau, boyau, extincteur).
• Ne jamais laisser un feu sans surveillance.
• Éteindre complètement les braises avant de quitter les lieux.
• Ne jamais jeter de mégots au sol ou par la fenêtre d’un véhicule.
• Respecter en tout temps les interdictions de feux émises par la SOPFEU ou votre service incendie.
Permis de brûlage obligatoire
Lorsque vous souhaitez brûler des branches, broussailles ou toute autre matière végétale en quantité, il est obligatoire de se procurer un permis de brûlage auprès du service incendie. Ce permis permet au service incendie d’être informé qu’un feu est autorisé et d’être plus alerte en cas d’appel au 911.
Lorsqu’un citoyen signale la présence de flammes, par exemple dans un champ, le permis permet aux pompiers de savoir rapidement s’il s’agit d’un brûlage autorisé. Il facilite également la prise de contact avec la personne responsable du feu afin de vérifier la situation et de s’assurer que tout est sous contrôle, sans délai inutile.
Ce suivi permet une intervention plus rapide et plus efficace, tout en évitant des déplacements d’urgence non nécessaires et en assurant la sécurité de l’ensemble de la population.
Il est important de ne pas oublier qu’un feu qui semble banal peut devenir incontrôlable en quelques minutes. En cas de doute, abstenez-vous d’allumer un feu et informez-vous auprès des autorités compétentes avant d’entreprendre toute activité de brûlage.
De plus, encore cet été, deux pompiers effectueront des visites à domicile sur le territoire afin de sensibiliser les citoyens à la prévention incendie, répondre aux questions et vérifier certains éléments de sécurité résidentielle.
Pour suivre les événements, connaître les secteurs où auront lieu les visites et rester informés des différentes activités de prévention, suivez la page Facebook : RISIF – Infos publiques
Nicolas Disquin offre de nouveaux services à la population du Bas-Saguenay.
Depuis avril 2026, une nouvelle entreprise d’éducation canine se déplace sur le territoire du Bas-Saguenay, elle se nomme Saguenay Éducation Canine. « Éduquer un chien c’est relativement facile mais aider à modifier les habitudes des gens, c’est la clé de la réussite de l’éducation, me prévient Nicolas dès le début. Aujourd’hui, on se rend compte que la bonne éducation est basée sur un respect mutuel. »
Nicolas grandit en campagne française et sa voisine avait des chiens de traineaux, c’est donc tel le poisson dans l’eau qu’il découvre le Québec à 17 ans. Il y suit un DEP en protection et exploitation des territoires fauniques. De fil en aiguille, se retrouve pour ce qu’il pensait être une saison à l’entreprise de chiens de traineaux Entre chien et loup à l’Anse-Saint-Jean. « J’y suis resté 9 ans finalement ! »
Les chiens sont comme des bébés, ils ressentent tout ce que le maitre ressent.
« Je ne regrette pas mes années en tourisme, mais je voulais avoir un impact direct dans les maisons, pour que le bonheur Maitre-Chien puisse être concret. Intervenant à domicile, je propose une aide au cas par cas afin de régler les problématiques dans l’environnement même de ceux qui en ont besoin », me précise Nicolas.
Un impact de bonheur considérable sur la vie des gens et de leur chien. L’importance d’avoir du plaisir avec son chien, qui n’a pas besoin d’être parfait, c’est le premier conseil que Nicolas donne, qui va orienter tout le futur de la relation.
L’école où il s’est formé se trouve à Laval, mais de nombreux cours se donnent par internet : « Elle correspondait plus à mes valeurs, le respect de l’animal en premier. Une formation d’un an avec des exercices qui m’ont permis d’observer des transformations chez mon chien de 13 ans et demi, de le voir plus épanoui, plus intelligent … si j’avais su cela avant ! »
Le mot bonheur revient très souvent dans la conversation : « Si le maître est dérangé par le comportement de son chien, il faut le modifier, ainsi tu règles l’irritation du maître, confirme Nicolas. Mon but, c’est que la relation soit harmonieuse ! »
« Il peut y avoir juste une rencontre pour transmettre des outils afin que le client puisse travailler avec son chien dans le but d’obtenir rapidement une amélioration des problématiques comportementales. À partir de là, le client doit appliquer ces techniques et au besoin je pourrai revenir, ajuster les outils, dans le respect du chien et de ses humains. », conclut l’ami des chiens … heureux !
Sortez vos souliers de marche pour la première édition de la course Terry Fox du Saguenay qui aura lieu à Rivière-Éternité, le 20 septembre. Chaque année, à la même date, plus de 650 municipalités canadiennes se mobilisent pour organiser cette course et collecter des fonds pour soutenir la recherche sur le cancer. Terry Fox était un jeune canadien connu pour son « Marathon de l’espoir » en 1980. Atteint d’un cancer à l’âge de 18 ans, puis amputé de la jambe, il a couru plus de 5 370 km en 143 jours, avec sa prothèse, afin de sensibiliser les gens et récolter des fonds pour la recherche.
L’idée d’organiser une course au Saguenay est lancée par Nancy Simard. « Quand j’ai su que mon frère était atteint du cancer, je me suis demandée ce que je pouvais faire pour aider et pour me sentir utile. Je me sentais impuissante, puis j’ai entendu parler de la fondation Terry Fox ». Cette fondation l’interpelle d’autant plus que le type de cancer dont était atteint Terry Fox (ostéosarcome) ressemble à celui dont a été diagnostiqué son frère, Gérald Simard, résident et ancien propriétaire du dépanneur de Rivière-Éternité.
Gérald m’explique qu’il s’agit précisément d’un liposarcome myxoïde. Les tumeurs se développent dans les tissus mous du corps (graisse, muscles, tissus fibreux, vaisseaux sanguins, nerfs, etc.). Ce type de cancer touche environ 1 % de la population. « Quand ma sœur m’a parlé du projet, ça m’a beaucoup touché. Je suis allé faire la marche à Québec avec elleen 2025. Tu n’es pas obligé de courir, tu y vas selon ton rythme ». Lors de cette marche, à laquelle ils ont participé tous les deux, Nancy crée une équipe et parvient à récolter environ 7000$ qu’elle reverse à la fondation Terry Fox.
Alors que Nancy et Gérald parlent de lancer l’initiative dans la région, ils pensent tout de suite à Caroline Simard, leur cousine ! Très impliquée auprès des aînés et dans le milieu communautaire, elle est la personne idéale pour compléter le trio, comme lorsqu’ils étaient enfants. Caroline confie qu’elle n’a jamais organisé un tel événement, toutefois le groupe est très enthousiaste et l’organisation est déjà bien entamée. La municipalité de Rivière-Éternité ou encore l’Agir ont généreusement accepté de contribuer au projet et le groupe est toujours à la recherche de commanditaires et de bénévoles.
Le parcours commencera sur le chemin Sainte-Thérèse, au départ du centre communautaire de Rivière-Éternité pour former une boucle d’environ 7 km. À pas de tortue ou de lièvre, l’important n’est pas de gagner, mais bien de participer et d’être ensemble.
La maladie arrive souvent avec une forme de solitude et d’isolement. Gérald explique « Y’a du monde qui ont peur de m’en parler, pis moi ça ne me dérange pas d’en parler. » Si sa famille et ses amis proches demeurent d’un grand soutien, d’autres personnes peuvent éprouver de la gêne. Pourtant, Gérald répète que, bien au contraire, le fait d’en parler lui fait beaucoup de bien. Il peut ainsi partager les bonnes informations sur son état, car « au premier abord, je suis bien, je peux faire ce que je veux, alors les gens pensent que je ne suis pas malade ».
Les suivis médicaux se passent à Chicoutimi, mais aussi à Montréal. C’est une réalité difficile des personnes qui vivent en région que de devoir parcourir 6 heures de route et parfois plus, pour recevoir des soins particuliers. Gérald explique : « Aller là-bas, le milieu hospitalier, c’est intimidant, et parfois les spécialistes ne parlent pas français alors ils font venir un interprète ». En cas de séjour prolongé, les visites des proches ne sont pas possibles. Pour faire face à cette nouvelle vie, Gérald partage sa nouvelle devise : « Passer le plus de temps possible dehors et profiter de la vie au maximum ! ».
Les informations importantes :
Course Terry Fox, 20 septembre, centre communautaire Rivière-Éternité. Gratuit. Venez courir, marcher ou simplement être présent, en famille, avec des amis, ou encore créez votre équipe! Sur place : boisson, nourriture, animation, tirage, moitié-moitié.
Pour participer à l’organisation, devenir commanditaire, être bénévole, ou faire un don contacter : Caroline au 581 306-2799, Nancy au 418 818-9098 ou Gérald. Vous pouvez également faire un don en passant directement par le site de la Fondation Terry Fox.