Les jeunes élèves de Fréchette bien installés au bord du Lac Emmurailéé
Le lac Emmuraillé
Au lac Emmuraillé, un magnifique chalet règne sur la place et il est entouré d’un lac sublime. En face de la cabane en bois, on observe une montagne qui ressemble à un mur comme si on l’avait coupé en deux! Ensuite, il est possible de s’asseoir sur un arbre au-dessus de l’eau. Sur la place, il y a une sorte de mini-maison qui peut accueillir du bois de chauffage à côté de la fabuleuse forêt colorée. Sur le chemin, il y avait un minuscule écureuil qui mangeait de succulentes noisettes sur le côté du sentier. Enfin, il y a un ruisseau d’un bleu très sombre comme un ciel de nuit.
Par Mélodie Houde, 5e année
Tournoi de volleyball à l’école Fréchette
Du 15 au 17 novembre 2024 avait lieu le tournoi de volleyball dans le gymnase de l’école Fréchette. 27 équipes ont participé à cette compétition amicale dont le niveau était relativement élevé. C’était la 27e édition de ce tournoi! Le 15 novembre, le coup d’envoi a été donné à 16h avec un match qui opposait plusieurs membres du personnel de l’école à l’équipe des juvéniles. Cette première soirée sportive s’est terminée tard dans la nuit!
En fin d’après-midi, le samedi, les organisateurs ont fait tirer quarante prix de participation pour les joueurs. Le samedi soir, tout le monde pouvait déguster un succulent spaghetti au profit du voyage de fin d’études pour les secondaires 4. Après le souper spaghetti, un DJ a diverti les joueurs et les spectateurs jusqu’à tard le soir. Finalement, ce tournoi a été un réel succès car, grâce à lui, un montant de 6900$ a été amassé pour financer l’équipe de volleyball de l’école Fréchette. Un merci spécial à Mme Nancy Gagné pour son implication dans l’organisation de cet évènement, aux jeunes joueuses de l’école, ainsi qu’à tous les autres bénévoles.
Par Blanche Boudreault, 6e année, en collaboration avec Mme Marie-Claude Boily
Vendredi 1er novembre à dix heures, au sous-sol de l’église Saint-François-d’Assise, l’ambiance est animée : les chaudrons mijotent, les couteaux tranchent et les robots râpent. Le premier groupe de la cuisine collective de Petit-Saguenay, surnommé “Les Séniors,” inaugure fièrement son nouveau local. En cinq heures de travail d’équipe, ils ont concocté un chili con carne, un potage aux carottes, des quiches aux oignons caramélisés et un délicieux pain aux bananes. Les sept participants repartent chez eux le sourire aux lèvres, avec des pots Masson bien garnis et de nouvelles idées de recettes.
La cuisine collective de Petit-Saguenay réunit de petits groupes d’environ six personnes pour préparer des plats sains et économiques à emporter, en partageant les frais d’épicerie et la location de la cuisinette. Les groupes sont autonomes et fixent leurs propres règles (jours de cuisine, fréquence, choix alimentaires, etc.). L’unique consigne pour tous : favoriser les achats auprès de notre coopérative d’alimentation et des producteurs locaux.
Les carottes imparfaites offertes par Les Jardins Périgny ont été transformées en bon potage.
Avant la pandémie, un groupe de cuisine collective existait déjà dans la cuisine de l’aréna. Profitant de la pause forcée, la municipalité a décidé de le relocaliser au sous-sol de l’église, un espace plus spacieux et disponible que l’aréna, notamment utilisé pour le casse-croûte Le P’tit Sag en hiver.
Ce projet a vu le jour grâce à une subvention du gouvernement du Canada (FIAL), qui a permis d’améliorer l’aménagement de la cuisinette (cuisinière, îlot central, céramique) et d’acquérir divers équipements de transformation (robot culinaire, autoclave, scelleuse sous vide, autocuiseur, gaufrier, extracteur de jus, couteaux, etc.). La MRC du Fjord-du-Saguenay a également contribué au lancement de la cuisine collective de Petit-Saguenay par son programme de soutien aux politiques MADA, qui a financé l’achat de denrées de base. Enfin, merci au comité de la Fabrique pour sa collaboration précieuse dans ce projet.
La cuisine collective de Petit-Saguenay regroupe aujourd’hui quatre équipes de tous âges : des groupes comme “Les Bambinos” et “Les Marmites” se réunissent une à deux fois par mois, d’autres chaque semaine, en journée, le soir ou les fins de semaine. Chaque groupe gère son organisation et élabore son propre menu. Au total, plus de 30 membres forment désormais la cuisine collective de Petit-Saguenay. Des ateliers ponctuels pourraient aussi être proposés selon les saisons (cannage, lacto-fermentation, etc.). Enfin, la cuisine collective participe à la préparation de repas 100 % végétariens pour les bénévoles du festival Virage, qui sera de retour à Petit-Saguenay en 2025.
Marcelle Côté, une fidèle bénévole au sein de la communauté de L’Anse-Saint-Jean.
Le 1er novembre dernier, le conseil d’administration de Promotion et développement de L’Anse-Saint-Jean, (PDA) de concert avec la municipalité, a organisé un 5 à 7 afin de rendre hommage aux bénévoles qui donnent généreusement de leur temps et permettent de faire fonctionner les divers organismes qui existent au sein de notre fabuleux village.
Plus de 30 organismes, comités ou conseils d’administration ont ainsi été identifiés, au sein desquels participent bénévolement pas moins de 300 personnes.
Chacun de ces organismes était invité à proposer les noms de deux bénévoles pour les représenter lors d’une rencontre de reconnaissance. À l’occasion, un texte, rédigé par l’organisme, soulignait l’implication de ces personnes.
Les membres du conseil municipal ainsi que les administrateurs de PDA de L’Anse-Saint-Jean étaient présents pour accueillir et remercier ces nombreuses personnes qui ont répondu à l’invitation. En effet, ce sont 52 bénévoles qui étaient présentes lors de cette réception, à laquelle assistaient le maire Richard Perron et la présidente de PDA, Nathalie Houde.
Certains membres du conseil municipal, avec Nathalie Houde de PDA et Anicet Gagné.
Les animateurs de la soirée, Marina Lavoie et Anicet Gagné, ont livré un hommage aux bénévoles présents en leur lisant un texte proposé par les organismes eux-mêmes ou encore composé par Marina. Tout au long de cette soirée, les participants pouvaient déguster des hors d’œuvre préparés par le Café du Quai.
Après les hommages, les organisateurs ont fait tirer, parmi les bénévoles présents, des prix de présence achetés dans des entreprises anjennoises.
Merci aux organisateurs de cette belle soirée de reconnaissance et encore une fois merci aux centaines de bénévoles qui consacrent un minimum de 100 heures par année à animer et à rendre agréable la vie au sein de notre village.
La chorale de Noël chante dans l'église de Rivière-Éternité
Spectacle de Noël
Le temps des fêtes nous rappelle avec une pointe de nostalgie les anciens Noëls, nous montre la magie qui vit encore dans notre monde et nous offre de l’optimisme pour l’année à venir. Noël permet de faire une pause et de dire au revoir pour un temps aux tracas du quotidien.
Les chants de Noël occupent une place essentielle dans les festivités de la Nativité. À la fois expressions de foi et témoins de la culture populaire, ils accompagnent les célébrations religieuses et familiales, créant une ambiance unique, chaleureuse et sacrée.
C’est pour cette raison que les élèves de l’école Marie-Médiatrice, en collaboration avec des gens de la municipalité, offriront un spectacle de Noël jeudi le 19 décembre à 19h00 à l’Église Notre-Dame de l’Éternité. Certains élèves, accompagnés de leur famille, monteront sur la scène pour vous présenter leurs chants de Noël. Des adultes de la municipalité se joindront également à eux pour vous offrir des prestations qui mettront de la joie dans vos cœurs.
Vous pouvez vous procurer des billets auprès des élèves de l’école Marie-Médiatrice, à l’école, à l’Hôtel de Ville ou à la porte de l’église le 19 décembre prochain. Le coût est 10$ par adulte et 5$ pour les enfants 12 ans et moins. L’argent recueilli sera remis entièrement à la Fondation en cœur !
Ligue de poche Cornhole
La ligue de poche de Cornhole, c’est du sérieux !
La ligue de poche Cornhole a repris ses activités depuis le mois de novembre. Des duos d’équipes s’affrontent pour remporter les honneurs lors de ces soirées, dans les catégories A ou B. Cette activité attire des joueurs de 14 à 80 ans provenant de tout le Bas-Saguenay, la Baie et ses environs. Que tu sois expert ou débutant dans ce jeu, tu trouveras des équipes de ton calibre. Le comité anime ces soirées : moitié-moitié, prix de présence, concours, toujours de nouvelles idées y sont proposées. Après les fêtes, les activités reprendront le 3 janvier, et ce à toutes les deux semaines. Si vous ne voulez pas jouer, venez voir les parties, on fait de belles rencontres là où la bonne humeur est au rendez-vous !
Bibliothèque municipale
Les bibliothèques publiques jouent un rôle dans la transmission des savoirs et de l’éducation, mais il y a aussi tout l’aspect de la médiation culturelle. En effet, elles sont aussi là pour animer les collectivités locales, leur permettre d’avoir accès facilement à diverses formes d’arts, en plus de la littérature. Et maintenant, le silence fait place à la parole !
De nombreuses activités sont proposées à la bibliothèque municipale de Rivière-Éternité
La bibliothèque municipale de Rivière-Éternité est bien vivante. Elle est ouverte le mardi après-midi et accueille les personnes de 50 ans et plus : échanges, jeux ou conférences sur différents thèmes sont ainsi proposés chaque semaine. Pour connaître les sujets traités ou les activités prévues, vous pouvez suivre la programmation dans le journal l’Éternitois.
Dans les locaux de la bibliothèque, tous les mercredis soir, les gens se réunissent pour faire un casse-tête collectif. Jeunes et moins jeunes viennent y mettre des pièces, après quelques semaines le casse-tête est finalisé et on en recommence un autre. Le tout se fait dans une ambiance de détente et d’échange, venez y mettre une pièce!
Avec le temps des fêtes qui arrive rapidement, n’hésitez pas à venir emprunter des livres, la municipalité en acquiert des neufs régulièrement au cours de l’année. Nous avons de belles séries, des nouveautés, des cas vécus, des livres pour enfants et adolescents, des bandes dessinées, pleins de diversité.
On peut même louer des jeux à la bibliothèque
Enfin, la joujouthèque offre des jeux pour tous les âges afin de prendre du bon temps en famille. Vous y trouverez un grand assortiment de casse-tête. Les prêts des jouets sur une base régulière permettent de sensibiliser les enfants sur leur consommation de jeux et jouets qui, généralement, ne servent que quelques mois ou semaines. L’accès à un inventaire de jeux selon le rythme et les besoins grandissants de l’enfant permet d’économiser tout en désencombrant la maison et en diminuant les déchets.
Les présidents d'honneur du Festival des couleurs du Fjord, Karine Aubé, Jérôme Grenier et Louis Lois Tremblay, accompagné par le député de Dubuc, François Tremblay
Le Festival des couleurs du Fjord est devenu une référence en matière de parcours pour les amateurs d’art, beau temps, mauvais temps, dans les salles, il règne une ambiance chaleureuse.
Les artistes accueillent avec passion les visiteurs, chacun à leur kiosque. Quant au trio de présidents d’honneur, dont je fais partie, il lance l’ouverture officielle en conférence de presse sous la présidence d’honneur de Julie Dubord, directrice générale de Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean. Dans son mot d’ouverture, elle nomme avec enthousiasme : « Il s’agit, sans aucun doute, d’un des plus beaux rendez-vous d’art visuel au Québec. En immergeant les visiteurs dans cet univers artistique riche et varié, ce festival transforme aussi le tourisme en une expérience où l’on ouvre les portes sur la culture d’ici et d’ailleurs, en nous permettant d’apprécier la richesse d’œuvres d’artistes québécois et internationaux. C’est ici, au cœur de notre région, que l’art visuel prendra vie et où les artistes partageront leur passion ».
Julie Dubord, directrice générale de Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean en copagnie de François Tremblay, député de Dubuc.
Participant depuis une dizaine d’années en tant qu’artiste peintre à cet événement, j’alterne entre les salles d’exposition du symposium Provincial des villages en couleurs de L’Anse-Saint-Jean et Petit-Saguenay pour présenter mes paysages. Cette année, je vis cette fin de semaine sous un tout autre jour en occupant les deux salles d’exposition. Au départ, je suis très émue, surtout par la reconnaissance des pairs. Je suis loin de me douter que ma prestation allait se transformer en une année entière de gratitude et d’encouragements de la part de mes concitoyens. Démentant le dicton nul n’est prophète dans son pays, c’est une expérience très émouvante, un sentiment d’appartenance amplifié et le ressenti de la fierté locale qui me donnent des ailes pour représenter notre milieu et les artistes. Également, j’assiste au dévouement des comités organisateurs, qui y mettent tout leur cœur, durant une longue année de préparation. Les jours d’exposition, ce sont une centaine de bénévoles qui prêtent main-forte avec le sourire. Toute cette énergie me rend plus solide et m’aide à mieux m’exprimer lors des discours. Comblée par cette aventure, je veux connaître la vision de mes confrères.
Au Symposium de St-Félix d’Otis, j’interroge Jérôme Grenier, artiste sculpteur des bois-francs au centre du Québec dont les créations sont utilitaires et mettent de l’avant la matière : bois, cuivre, acier. Il adore son expérience « C’est vraiment un honneur d’être choisi comme représentant de ce magnifique symposium qui est doté d’une vision et d’une ouverture que très peu de Symposiums ont au Québec, nommer un sculpteur comme président d’honneur, je crois que ça se passe seulement au Saguenay! »
Également, il s’exprime sur ce qui se démarque des autres symposiums : « L’accueil des bénévoles et du comité, le nombre d’artistes limité, les styles harmonieux et surtout, nous sommes logés au paradis dans de magnifiques chalets au bord du lac Otis…C’est avant tout l’aventure humaine, les nouveaux amis, les belles rencontres, la simplicité des gens vrais! »
Il termine en précisant que les visiteurs sont curieux, sensibles à la beauté de l’art et profitent du moment pour faire de belles rencontres.
Ensuite, je me tourne vers Louis Lois Tremblay, le président d’honneur du symposium d’art contemporain de Rivière-Éternité, un artiste contemporain qui peint à l’acrylique. Il se décrit : « Ma quête est sans fin, je peins le visage dans son émotion la plus pure et je réinvente par mes couleurs l’art urbain! »
Il vit son expérience avec beaucoup d’émotion et de fierté, comme première fois, cela est très constructif, surtout de se retrouver avec une belle cohorte talentueuse « c’est stimulant pour la suite de ma carrière ».
Il poursuit avec émerveillement: « La brochette d’artistes très diversifiée et professionnelle et surtout de revenir, aux souvenirs de mon premier symposium, à la même place, rendent ce symposium spécial à mes yeux. Cela me permet de m’accrocher à la réalité et de me ressourcer avec mes racines. »
Selon lui, le « live » pour regarder le travail de cette artiste unique, la jeune Mégane Fortin, est un des moments forts du symposium. Pour un visiteur, la rencontre avec l’artiste offre cette proximité rare.
Il n’hésite pas à nous laisser avec une petite note d’humour : « Vivre un symposium dans une église, c’est spécial, surtout quand tu décroches des photos de prêtres pour placer tes œuvres d’art a la place! ». Il complète en remerciant infiniment pour cette opportunité et il remercie également les organisateurs.
Quelles belles surprises pour Stéphane Gagné, Johanne Fortin et Sylvie Grondin d’être nommés à la présidence d’honneur 2025, je suis certaine qu’ils appuieront avec brio les comités organisateurs pour faire rayonner ce festival à l’échelle provinciale.
Lorraine Minier partage sa vie entre ses deux amours : le bord du lac Otis et les rives de La Baie. Elle me raconte son parcours atypique. Après des études en Art vestimentaire au Collège Marie-Victorin à Montréal, elle aura un atelier de couture à Chicoutimi. « Mais attention, dit-elle avec humour, des créations uniques, des confections sur mesure… Je voulais pas faire de réparations. Même si les bas de culottes, ça aurait fait vivre l’artiste ! »
Après 5 ans, elle ferme boutique et entre à la bibliothèque de La Baie. Elle y travaillera pendant 32 ans. Femme de public, elle s’y sentait bien et dans sa mission de responsable des développements technologiques, sa formation en art lui aura été utile. Lorsqu’elle prend sa retraite en 2019, Lorraine remet son chapeau de designer pour créer des œuvres de bois flotté.
« Je partais avec mes sacs IKÉA et je marchais jusqu’à la Console. En revenant, c’était plein. À la maison ou au chalet, j’examinais chaque bout de bois. Le matériau induisait le produit. J’y voyais une sculpture, un voilier, des visages. »
Inspirée par ces matériaux, elle réalise plusieurs grandes œuvres. Sculptures abstraites, ses bois de grève captent l’imaginaire. « Mais, étaient un peu encombrantes, me confie Lorraine. » Et c’est son désir de créer des œuvres plus compactes qui l’a amenée vers la création de tableaux, parfois dans un cadre, parfois sortant du cadre, toujours réalisés à partir de ses trouvailles. C’était une période faste pour la création se dit Lorraine qui me montre un Cabinet de curiosité tout en blanc rempli d’objets détournés ramenés de ses promenades des grèves. Elle prend plaisir à assembler, à inventer, à peindre des paysages, des personnages naïfs comme des portraits photo de bois humoristiques.
L’artisane crée également de petites œuvres sur bois flottés (magnets, porte-clés) peints et gravés à la main. L’idée lui était venue lors de ses voyages. Elle cherchait souvent de petits cadeaux à rapporter, réalisant que tout était fait en chine et en série, « j’ai eu l’idée de fabriquer des petites œuvres, faites ici, que j’aimerais rapporter dans mes bagages comme souvenirs si j’étais un touriste. Alors, ma ramasse a changé… maintenant, c’est le produit qui induisait le matériau. »
Fabriquer un petit objet emblématique, pas cher, solide, 100 % Saguenay lui tient à cœur. Gilles, son mari, qui la voit travailler de longues heures avec ses couteaux de pyrogravure lui suggère alors une association. « C’est un bonheur comme couple de travailler ensemble en création et en partenariat, c’est un ciment ! Mon conjoint est débrouillard et créatif. Son support technique est indispensable, c’est lui qui a eu l’idée du laser numérique qui permet de standardiser le design et m’épargne le côté pyrogravure fastidieux », conclut Lorraine.
Techniciens et artisans, sous le nom de MILO, les deux complices s’amusent à inventer de nouveaux designs, leurs produits fétiches sont des aimants de frigo, des boules de Noël, des porte-clés sur bois. À juste titre, MILO peut être fier des produits offerts, vendus comme cadeaux 100 % saguenéens à petits prix au Magasin Général et au site de la Nouvelle-France.
Cécilia Bourdon demeure à Rivière-Éternité depuis quelques années. Son parcours artistique commence par des études aux Beaux-Arts à l’université Loyola. En arts plastiques, elle touche à tous les médiums mais se spécialise très vite en céramique. Pour elle, c’est un véritable défi : « Quand ça va bien, ça va extrêmement bien mais quand ça va mal, ça peut aller extrêmement mal », confie celle qui apprend à dépasser les limites, à jouer avec les moulages, à faire de l’abstrait avec les éléments. « J’aime bien les lignes architecturales décalées abstraites, comme faire un tableau céramique à partir des ombres. »
Après son BAC, Cécilia travaille chez Mosaika Art and Design pendant 7 ans. Cette entreprise d’innovation créative et technique conçoit et fabrique des mosaïques d’art public. L’artiste envoie une image et une description précise de l’œuvre à réaliser et la compagnie va la produire. Les 30 ouvriers céramistes font le processus à l’ancienne. De l’argile cru, aux cuissons, émaillages, découpages, collages tout est fait à la main. Pour Cécilia, c’était une école de vie : « J’étais une petite partie d’une grosse machine. C’est vraiment là que j’ai appris et aimé les différents styles, techniques et compositions. »
Au cours des ans, Cécilia réalise quelques projets personnels comme sa série Ombre, qui lui a donné confiance et satisfaction. Lui démontrant qu’elle était capable de produire toutes les étapes de ses propres œuvres, Cécilia me confie : « Une œuvre réussie est une œuvre dont on dit : Cela a l’air d’avoir été fait sans effort ! Alors que la mosaïque est un art complexe et difficile à comprendre. »
En s’installant à Rivière-Éternité avec sa petite famille, elle a moins de temps pour la création. Entourée de ses œuvres anciennes, elle se trouve coincée entre deux appellations : artiste pour réaliser des objets esthétiques et artisane pour réaliser des petits formats, pour pouvoir en vivre. Peu importe l’appellation, ses œuvres célèbrent la beauté du monde qui l’entoure. Plusieurs petits formats sont en production sur sa table de travail, de petits tas de retailles de céramiques classées par couleur attendent l’artiste. Cécilia aime séparer les morceaux, préparer sa palette pour ainsi dire. Imaginez un casse-tête où vous casseriez les morceaux pour reproduire votre modèle ! Choisir parmi des milliers de retailles amassées. Lors du premier tri, il est difficile d’imaginer nuances et reliefs, pourtant, comme autant de pixels, les minuscules morceaux formeront un tout, un tableau vivant où chaque morceau fait le tout.
Dans l’atelier, un grand format, utilise une autre méthode, celle de la fabrication de A à Z : de l’argile à l’émaillage. Cette enseigne pour un boulanger saura mettre l’eau à la bouche des chalands !
Cécilia forme des vœux pour l’avenir : « J’aimerais avoir un atelier et une galerie roulante. Donner des cours, pourquoi pas. Avoir un espace pour travailler. Réaliser quelques grands projets comme des enseignes, des logos mais aussi proposer de petits formats qui rendent mes œuvres accessibles. Mes séries fleurs, montagnes, paysages occupent ce créneau qui permet à l’artiste d’entrer dans votre maison. »
Ce sac, alliant tissage et matériaux recyclés, reflète l’originalité et le talent d’Élisabeth.
Originaire de Laval, Élisabeth Miron est installée à Petit-Saguenay depuis 40 ans. Forte d’un certificat en Design et d’un baccalauréat en Arts Visuels, elle a su lier sa passion pour l’art à une carrière d’entrepreneure. Depuis 24 ans, elle fait partie de la coopérative de travail le Léz’Arts, un espace dédié aux artisans et artistes du Bas-Saguenay, qu’elle coanime avec d’autres créateurs locaux.
Le parcours artistique d’Élisabeth a été guidé par une recherche constante de diversification. Bien qu’elle se consacre à la peinture lors de ses études, Élisabeth s’est également aventurée dans la poterie et la mosaïque. C’est à Petit-Saguenay, au sein du Cercle des fermières, qu’elle a appris les bases du tissage. Son apprentissage s’est approfondi lorsqu’elle a suivi un cours en fabrication de tissu à La Malbaie.
Élisabeth se définit avant tout comme une artisane ancrée dans l’expérimentation. Elle aime travailler avec des matériaux récupérés, comme des chandails de laine détricotés ou des jeans usagés, qu’elle transforme en sacs tissés. Elle a également appris de manière autodidacte une technique ancestrale du tannage de peau de saumon, tirée de pratiques autochtones, qu’elle applique dans certaines de ses créations. Pour elle, chaque projet est une exploration lui permettant de repousser les limites.
L’inspiration d’Élisabeth surgit souvent en plein travail. C’est en manipulant les matériaux qu’elle trouve des idées spontanées. Elle s’inspire de ce qu’elle trouve autour d’elle et dans les matériaux recyclés qu’elle utilise. Son atelier de tissage à la maison est un espace où elle peut pleinement laisser libre cours à sa créativité, souvent accompagnée de musique ou de la radio, créant une ambiance propice à l’inspiration.
En tant qu’entrepreneure, Élisabeth est l’une des artisanes derrière la coopérative de travail le Léz’Arts, un lieu de diffusion important pour les artisans du Bas-Saguenay. Le Léz’Arts sert de vitrine pour une variété de créations locales, allant de la peinture à l’ébénisterie en passant par la poterie. Un des aspects clés de cette coopérative est que « la porte est toujours ouverte » pour les artisans souhaitant exposer leurs œuvres. Le Léz’Arts est ouvert de la Saint-Jean jusqu’à l’Action de grâce et dispose également d’une page Facebook où on peut voir certaines des créations d’Élisabeth.
L’évolution d’Élisabeth se caractérise par une exploration constante et un désir d’apprendre. Au fil des ans, elle a enrichi ses compétences en créant des objets variés, comme des tam-tams en céramique et peau d’orignal, et en intégrant des techniques nouvelles dans ses créations. Elle est en perpétuelle quête de nouvelles connaissances et sait diversifier ses œuvres en fonction de ses découvertes et de son inspiration du moment.
Élisabeth rêve que le plus grand nombre possible de personnes vienne visiter les expositions du Léz’Arts, un lieu qui, selon elle, est une véritable plateforme pour les artisans locaux. Pour elle, l’artisanat est un secteur vital qui mérite d’être valorisé et soutenu dans la région.
Les artisans sont au cœur du développement des premières colonies venues s’installer dans les contrées reculées du Saguenay. Attirés au début par le bois et la pêche au saumon, ces bâtisseurs ont travaillé de leurs mains la terre, construit des villages, tissé des communautés afin de développer une certaine qualité de vie. À cette époque, chaque village ne pouvait compter que sur la force de tout un chacun.
Aujourd’hui la réalité est très différente, mais l’importance des artisans reste inchangée. Produire, réparer ou créer un objet de toute pièce demande passion et engagement. Il est très facile de commander un objet sur internet, mais ce moyen impersonnel ne vaut jamais le contact humain et le savoir-faire d’un artisan.
D’une certaine manière, les personnes chargées de la vie communautaire dans nos municipalité, en soutenant les artisans, contribuent également à la cohésion sociale d’une communauté.
Allons à leur rencontre !
Commençons par Ferland-et-Boilleau pour récolter les impressions d’Annick Simard, agente de développement : « Un artisan est animé d’une passion et d’une volonté de partager ses connaissances avec la communauté. Il dynamise ainsi le milieu et apporte de la diversité dans l’offre de cours et d’échanges. »
Remontons jusqu’à Saint-Félix-d’Otis, où Iris Perreault-Paquette, chargée de projet, nous parle de son implication au niveau communautaire : « L’artisanat a une vocation plus utilitaire, celle de créer des objets où la créativité peut cependant être présente. Les artisans sont des précieux partenaires dans la réalisation de certains de mes projets. Ils ont un impact direct sur le développement durable et favorisent l’écoresponsabilité. Partir à leur rencontre permet des échanges riches et inspirants. ».
Du côté de Rivière-Éternité où j’exerce depuis peu le rôle de responsable des loisirs, j’ai très vite remarqué l’importance de ceux qui possèdent un savoir-faire précis. Les artisans, à leur manière, font vivre un village, on les voit souvent dans des marchés ou en train de donner des ateliers afin de transmettre leurs savoirs.
Non loin de là, Cynthia Castonguay, coordonnatrice des loisirs pour la municipalité de L’Anse-Saint-Jean explique : « Selon moi, les artisans sont importants car ils représentent un savoir local. Ils mettent en valeur des métiers qui contribuent à la diversité et à la richesse culturelle d’une municipalité. Ils apportent de la créativité et de l’authenticité dans la réalisation d’événements, tout en renforçant les liens sociaux. »
Pour conclure ce petit voyage, arrêtons-nous un instant à Petit-Saguenay pour rencontrer Manon Landry, responsable de la culture : « J’invite les artisans dans la plupart des événements que j’organise afin qu’ils partagent leur savoir-faire avec la population. C’est primordial pour nous, et d’ailleurs vous pouvez retrouver les artisans de Petit-Saguenay dans de magnifiques capsules vidéo sur le site web de la municipalité. »
Les artisans sont des acteurs importants de la scène collective, gardiens d’un savoir-faire qu’ils partagent avec plaisir. Ils créent un sentiment d’appartenance en favorisant la collaboration, le développement durable et l’entraide. Ils participent activement à la richesse culturelle locale. Ici chacun joue un rôle car, en les encourageant, nous soutenons l’économie locale et contribuons à créer une communauté tissée serrée.
Un matin de décembre, j’embarque dans ma voiture. Je fais un arrêt aux Plateaux pour embarquer Marie-Hélène, puis je repars. Je tourne à gauche sur la 170, direction Petit-Saguenay. On jase de notre fin de semaine, on sillonne les montagnes, on rit. On passe le lac Long. Je jette un coup d’œil pour voir si le cormoran est là, mais il n’y est pas. Il doit être parti pour l’hiver. C’est Ève qui m’a dit qu’on peut souvent le voir là. Je ne m’en étais jamais rendu compte avant. On passe le cabanage. Je me dis tout le temps dans ma tête : « Hééé qu’c’est beau ici. » Tiens donc, on croise Ève et sûrement plein d’autres personnes qui vont travailler à L’Anse, mais elle, cherche-moi pourquoi, je la croise tout le temps, peu importe l’heure où je pars le matin.
On arrive à l’atelier de Minuit moins cinq. Nos lumières de Noël brillent déjà dans les fenêtres. On voit même notre beau sapin de Noël blanc qu’on a acheté sur Marketplace en septembre. Myriam est en train de coudre des coussins de yoga. Marie-Hélène s’installe au bureau. Aujourd’hui, je dois fabriquer des mitaines : on fait un événement vendredi, et je veux présenter de la nouveauté. Je prends une pile de chandails de laine. Je choisis quelque chose de facile, il faut que je réveille mon cerveau. Tiens, un beau lainage avec des motifs bleus et verts : let’s go, sors les patrons et les ciseaux : coupe-coupe-coupe ce beau chandail. Je lance tout haut : « Je me demande bien ce qu’il a eu comme vie, ce chandail. » mais je ne le saurai jamais, il ne parle pas! En même temps, il doit penser : « Ouf, il était minuit moins cinq pour moi. »
Marielle arrive avec les bras pleins de choses qu’elle a cousues. Elle s’installe à la surjeteuse pour faire la 16ᵉ étape de fabrication des sacs bananes. Vvvvrrrrrrrrr. Je coupe mes 18 morceaux pour faire une paire de mitaines. 9 h 55 : Maëlys allume la pancarte ouvert. La journée est partie, la boutique-friperie est ouverte, les machines cousent, et nous autres, on jase en travaillant. TACK TACK TACK! Tiens, David le forgeron vient de commencer sa production. Émile le joaillier, lui, on ne l’entend pas ces temps-ci, il fait les marchés de Noël. Je m’installe à la machine pour coudre les mitaines. Quand je couds les pouces, c’est comme si je conduisais mon char entre L’Anse et Petit-Saguenay. À la fin de ma journée, je ralentis quasiment plus dans les courbes, de couture de pouces, bien sûr.
Ding dong! Des clients entrent dans la boutique et s’exclament : « Hummmm, ça sent donc bien bon ici! » Ce sont les savons de Kathlyn qui sentent bon comme ça dans la boutique. Et aussi probablement parce qu’on lave tout ce qu’on récupère.
La journée file, et nous autres, on passe du fil. Nos mains connaissent le chemin par cœur pour transformer la matière. Ce matin, c’était des jeans et des chandails, tantôt ça va être des sacs bananes, des coussins de yoga et des mitaines.
Avec notre gang d’artisanes chez Minuit moins cinq, on fait revivre des milliers de vêtements chaque année, on fait revivre un métier qui tend à disparaître, celui de couturière, et on fait revivre la bâtisse des Ateliers Bois de Fer qui, celle-ci, faisait revivre l’épicerie du village. Si ce n’est pas de la créativité, ça, là!