Samedi 10 Juin. La journée s’annonce magnifique. Nous répondons à l’invitation lancée par les paysans du fjord, une ferme écologique située dans le vieux chemin de Saint-Félix-d’Otis, surplombant le Saguenay. Sur place, notre regard est absorbé par un paysage grandiose, un mélange de ciel, d’eau et de montagne occupe l’espace pour composer ce grand tableau. Un calme y règne. Nous y sommes venus pour acheter divers plants de légumes, et de fleurs, on trouve différentes variétés telles échinacées, tournesols, capucines… On y vend aussi des œufs. Dans la cour, des poules, des porcelets, de grands jardins.
Au programme, un beau menu. Ayant déjà savouré la pizza sur feu de bois lors de notre dernière visite, nous optons pour le hot dog maison : saucisses de la ferme, oignons marinés, pousses de tournesols, mayonnaise à l’ail noir ou aux piments, moutarde maison, épices… Tout ça préparé avec des techniques biologiques et servi avec amour. Ce qui en fait le meilleur hot dog au monde, c’est aussi l’accueil des hôtes, des gens qui y travaillent avec passion, des créateurs.
Et pourquoi ne pas en profiter pour déguster une bière de la microbrasserie la Chasse-Pinte sur la plus belle des terrasses qui soit. Aux Paysans du Fjord, on offre les légumes en mode libre-service. Il y a aussi possibilité d’aider aux activités de la ferme. Divers événements ont été présentés au cours de cette troisième saison tel yoga, soirée cinéma. Et quoi de mieux pour clore cet été que d’assister à une représentation spéciale du Festival Regard ou de venir déguster le brunch du paysan.
La prochaine fois, peut-être pourrons nous découvrir leur club aux tomates ancestrales sur foccacia maison, mayonnaise à l’ail noir et végé-pâté de courgettes. Vraiment, il y en a pour tous les goûts. Sans oublier leur soupe automnale… Vous salivez ?
À mettre à votre agenda pour la prochaine saison.
Pour plus d’informations sur leurs diverses activités, consultez leur site : Les Paysans du Fjord
Andrée-Anne Brillant lors d'une promenade avec son chien. Crédit photo : Philippe Robert
Le télétravail s’est imposé en force dans le contexte de la pandémie. En dehors de la contrainte, le télétravail contribue massivement à reconfigurer le marché du travail d’aujourd’hui. La flexibilité fait partie des bénéfices marginaux pour le travailleur, qui aspire à une meilleure qualité de vie, et les employeurs n’ont de choix que d’assouplir leurs politiques pour se démarquer et attirer la main-d’œuvre qui se fait parfois rare. De plus, le travailleur, de son côté, n’est plus nécessairement cantonné dans un rayon de 70 km de son domicile.
À cet égard, le télétravail peut s’avérer salutaire pour certaines petites municipalités qui avaient été désavantagées par les mutations de l’économie de la fin de l’ère industrielle vers la mondialisation. Comment est-ce que ces nouvelles dynamiques se reflètent au Bas-Saguenay? Discussion avec 4 télétravailleurs-euses entre Petit-Saguenay et L’Anse-Saint-Jean pour tirer profit de leur expérience.
Une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie privée
Philippe Robert et sa conjointe Andrée-Anne Brillant caressaient déjà le rêve de s’installer dans un village au sein d’une communauté accueillante et à proximité des lieux de plein air. La possibilité du télétravail n’a donc pas initié leur installation à Petit-Saguenay, mais cela « a certainement facilité la transition » partage Philippe, employé par le Grand Dialogue régional pour la transition et le parti municipal Unissons Saguenay. Lui et Andrée-Anne, qui travaille pour le CIUSSS du Bas-Saint-Laurent, apprécient le télétravail car il leur offre un meilleur équilibre entre leur vie professionnelle et familiale. « On peut profiter de nos pauses pour faire des tâches à la maison, ou aller faire une marche dehors. À Petit-Saguenay, ce qui aide, c’est que c’est un cadre intéressant pour travailler : je vois les montagnes et le milieu naturel autour de ma fenêtre, c’est inspirant. » témoigne Philippe. « On n’a pas à subir le trafic urbain de fin de la journée, on peut mettre directement nos chaussures et sortir promener les chiens par exemple ».
Philippe Robert et sa conjointe Andrée-Anne Brillant se sont installés récemment à Petit-Saguenay.
Le couple ne ressent pas la solitude puisque la journée, les deux se transforment en quelque sorte en collègues. Philippe, pour sa part, se déplace occasionnellement pour des rencontres en présentiel, comme on dit dans le milieu professionnel. Lorsque interrogé sur les services qui seraient adaptés à leur besoin, Philippe mentionne son intérêt pour un espace de cotravail, qui lui permettrait de rencontrer d’autres personnes en télétravail ou encore de partager des équipements de bureau comme une imprimante. Le véhicule électrique que la municipalité de Petit-Saguenay mettra à la disposition de la population représente également une alternative intéressante pour ses déplacements en ville, puisqu’il partage actuellement avec sa compagne un véhicule plutôt énergivore peu adapté à cet usage.
Créer du lien grâce au cotravail
Au Bas-Saguenay, le Café du Quai a ouvert son étage l’an dernier pour offrir un lieu confortable, notamment pour le télétravail.
Vincent Beauregard est coordonnateur d’une équipe technique de développement informatique au niveau de la recherche en biodiversité de l’Université de Sherbrooke. Son employeur est flexible, et bien qu’il privilégie les candidatures sur place, le télétravail est un moyen de recruter partout au Québec pour pallier le manque de main-d’œuvre. Pour Vincent, l’environnement et les relations de travail sont importants : « J’aime avoir un endroit dans lequel je me sens bien, et où je vais avoir le goût de passer 8h par jour. [En dehors du bureau], ce qui fonctionne bien pour moi, c’est d’avoir un espace de travail bien aménagé à la maison, ou un espace de cotravail convivial où je ne suis pas seul à longueur de journée. »
Il apprécie le télétravail pour la mobilité que cela lui confère. « C’est grâce à cette possibilité que j’ai pu passer un été à Petit-Saguenay! Pour moi, le télétravail, c’est aussi un outil pour rencontrer des gens, découvrir des lieux, faire connaissance avec les employés dans les cafés, aller manger une crème glacée après le travail », raconte Vincent. « S’approprier un nouvel endroit à travers l’expérience de mon lieu de travail, c’est super! », illustre-t-il. Celui-ci a donc eu l’occasion de tester plusieurs lieux dans les environs, et bien que l’accueil ait toujours été chaleureux, aucun n’était parfaitement adapté pour le télétravail sur une base quotidienne, que ce soit en raison de l’absence d’accès à internet, de luminosité, de tranquillité, ou encore à cause de la distance.
Ayant fréquenté quelques espaces de cotravail, Vincent considère que les conditions de réussite résident dans un environnement « qui a une âme », et donc où les gens ont envie de passer du temps. Comment faire, donc ? Selon le principal intéressé, ce n’est pas « seulement de faire des espaces de bureau, mais qu’il y ait une communauté de gens qui s’y trouvent et qui l’animent, idéalement dans un lieu qui soit convivial, lumineux, avec des plantes et un caractère propre. » Il cite par exemple le Jam Factory, à Nelson en Colombie-Britannique, où une entreprise s’est installée dans un espace plus grand que nécessaire et a loué les bureaux vacants aux télétravailleurs. Une personne était même employée à temps partiel pour s’occuper de l’espace et le rendre dynamique, et celui-ci était ouvert aux chiens, ce qui en faisait presque un lieu de zoothérapie pour les travailleurs. Le Moulin à Scie à Chicoutimi est un autre exemple de cotravail agréable cité en exemple par Vincent.
Télétravailler loin des grands centres
Au Bas-Saguenay, le Café du Quai a ouvert son étage l’an dernier pour offrir un lieu confortable, notamment pour le télétravail. Rejoint au téléphone à ce sujet, Sébastien Birot, propriétaire du restaurant, confirme avoir bien senti qu’il y avait un besoin pour le milieu. «C’est mon équipe qui a d’abord poussé pour ça, c’était une première pour nous, et en effet, ça crée une belle dynamique! On le remarque plus à l’automne, on est bien heureux de répondre à ce besoin et d’accueillir les travailleurs », constate Sébastien. Vincent a justement profité des installations au cours de son été saguenois, et également Catherine Picard, consultante en comptabilité numérique pour une compagnie basée à Saguenay et à Québec. « C’est ironique, mais je me sens proche de mon équipe, malgré le télétravail. Je ne me sens pas toute seule chez nous, et j’apprécie la flexibilité de pouvoir vivre ma vie à travers ma journée, plutôt que de tout condenser le soir. » Pour des raisons de confidentialité, Catherine a besoin d’un espace privé pour s’acquitter de ses responsabilités, mais lorsqu’elle le peut, elle apprécie se déplacer dans un café pour le commun et la convivialité.
L’un des enjeux, c’est de s’assurer de garder une certaine rigueur à travers la flexibilité, « mais on y arrive! » assure Catherine. Un autre est de s’assurer de la santé et la sécurité au travail, même à domicile. Il demeure important de s’installer un espace de travail confortable et sécuritaire, car l’investissement en vaut la peine pour éviter des blessures liées à de mauvais positionnements au bureau. Cependant, qui fournit le matériel adéquat ? Cela dépend de s’il s’agit d’un travailleur autonome ou d’un employeur, et de ses politiques ou de sa capacité. Catherine a récemment fait un appel public sur les réseaux sociaux pour partager les coûts d’une consultation en ergothérapie, les coûts de déplacement de la ville vers le Bas-Saguenay étant plus élevés que ceux de la consultation. Comme dans bien d’autres domaines de la vie, l’entraide et la collaboration sont bien pratiques dans un milieu éloigné des grands centres.
Finalement, le télétravail comporte plusieurs avantages pour celles et ceux qui peuvent en profiter, notamment une meilleure conciliation de la vie privée et professionnelle et une liberté quant aux lieux où s’exerce le travail. Cependant, de l’autre côté de la médaille, le télétravail comporte ses défis, et certains sont spécifiques au contexte de la région. Est-ce que le besoin est suffisamment grand pour un lieu dédié au cotravail au Bas-Saguenay? Peut-être à l’horizon, puisque tout porte à croire que le télétravail continuera de donner la possibilité aux travailleurs de s’installer dans un environnement comme le nôtre.
Un mois après la première édition de l’Ultra-Trail du Fjord du Saguenay (UTFS), nous avons eu la chance de rencontrer Raphaël Marchand et Isabelle Simard, deux des organisateurs de cet événement qui a joyeusement envahi nos villages de Rivière-Éternité, l’Anse-Saint-Jean et Petit-Saguenay les 12 et 13 août derniers. Coureur d’Ultra-Trails, cela faisait quelques années que Raphaël rêvait d’organiser ce genre de rassemblement sportif dans sa région d’adoption. Il s’est entouré d’une équipe aux compétences complémentaires avec Isabelle, Gilles et Philippe pour relever le défi en 2023. Pour rappel, cette première édition de l’UTFS comprenait plusieurs courses (160 km, 100 km, 50 km, 35 km et 10 km), mobilisant au total près de 550 coureurs. Les résultats ont dépassé les espérances même des organisateurs.
En effet, malgré des parcours difficiles, des sentiers boueux et des conditions météorologiques capricieuses, « les coureurs ont vécu une expérience humaine inoubliable », selon Raphaël. Ils enregistrent par exemple 26 finissants sur les 38 inscrits au 160 km, ce qui est un très bon taux. « C’est rare qu’il y ait autant de gens qui terminent un cent miles », nous explique Isabelle. « Ça fait foi de toute l’organisation », ajoute fièrement Raphaël. Pour une première édition, l’équipe d’organisateurs a « livré la marchandise », affirme Isabelle.
Les deux partenaires de course affirment que la clef du succès était de bien s’entourer. Au-delà de l’équipe organisatrice, Isabelle parle notamment des « 350 bénévoles en or » qui ont aidé au montage et démontage des sites, aux ravitaillements et à l’accueil. Plusieurs coureurs de l’extérieur venus prêter main forte pendant quelques heures ont par exemple chéri les moments passés avec des bénévoles de la région. La chaleur et l’accueil des gens du Bas-Saguenay transparaissaient, que ce soit les bénévoles de Rivière-Éternité qui ont dû se lever très tôt pour le départ du 160 km à 4h du matin, ou les randonneurs du Saguenay qui se sont occupés des ravitaillements dans le Parc après avoir passé une nuit en tente sous la pluie.
Les organisateurs ont été témoins d’une belle connexion entre les coureurs et les gens de la place. « Y’avait de la vie sur les ravitaillements ! », nous raconte Isabelle, « Notamment au monde enchanté de mon enfance et au pont couvert ! Y’a de quoi qui se passait ». Pour Raphaël, « ce qui est le fun sur des ultra-trails, c’est que les coureurs prennent le temps de s’asseoir. Les bénévoles ont donc l’impression de faire partie de leur réussite. Ils ne sont pas juste là pour donner des bouteilles d’eau. » De nombreux bénévoles ont partagé leur envie de revenir l’année prochaine, ce qui est un des plus beaux cadeaux pour les organisateurs remplis de reconnaissance.
« On s’appuyait beaucoup sur les points de vue dans nos communications en amont de l’évènement, mais finalement ce sont les passages dans les villages qui ont marqué les coureurs », nous confie Raphaël. « Ils avaient l’impression de visiter une région. Ça a été beaucoup plus humain que juste le Fjord finalement. » De nombreux coureurs et leurs accompagnateurs visitaient le Bas-Saguenay pour la première fois et ont été séduits. Selon Raphaël, « c’est le genre de personnes qui est le fun à aller chercher. Ils vont revenir faire du ski cet hiver. C’est une belle clientèle pour notre région axée sur le tourisme de plein air. » Nombreux sont ceux qui attendent déjà de pouvoir s’inscrire pour la prochaine édition. « Il y a même des gros noms du monde de l’ultra-trail qui nous ont contactés pour venir », nous confie Isabelle.
Pour l’année prochaine, l’équipe a déjà réfléchi aux améliorations à apporter. Ils travailleront notamment sur le balisage pour le parcours du dimanche (35km et 10km) qui a pu mêler quelques coureurs. Mais aussi et surtout, ils espèrent impliquer davantage la population (bénévoles) et les entreprises (partenaires) du Bas-Saguenay. Isabelle est même revenue la tête pleine de nouvelles idées après une course à l’ambiance très familiale en Ontario.
Les valeurs de la course à pied, comme l’entraide et la fraternité, semblent rejoindre celles de la population du Bas-Saguenay. Raphaël et Isabelle souhaitent que cet événement puisse devenir un beau projet pour la région, où chacun s’implique à la hauteur de ses compétences et de son expérience.
Ainsi, l’équipe de l’Ultra-Trail du Fjord du Saguenay vous donne rendez-vous les 10 et 11 août 2024 pour la deuxième édition. D’ici là, restez à l’affût car l’ouverture des inscriptions se fera sous peu ! Aussi, une vidéo retraçant cette aventure sortira début octobre. Enfin, si vous souhaitez vous impliquer dans l’organisation, n’hésitez pas à les contacter sur leur page Facebook.
Les pompiers à temps partiel Frédéric Thibault et Keven Gagné. Crédit photo : Jeannot Lévesque.
Un rôle primordial à la sécurité de nos communautés.
Rencontre avec Keven Gagné, pompier depuis 15 ans et André Couturier, directeur général depuis décembre 2022.
La RISIF est née en avril 2017. Sa mission de base, comme son nom l’indique, c’est bien sûr les incendies, mais sa palette d’intervention est bien plus large : accidents routiers, sauvetages hors routes, sauvetages nautiques, sur glace, inondations, feux de forêts, arbres sur les lignes électriques, etc.
« En fin de semaine, il y a eu une situation au Parc à Rivière-Éternité, dans le sentier de la statue, une foulure à la cheville, m’explique Keven Gagné, qui était alors l’officier de garde. On a assisté les Garde-parc lors de l’extraction du sentier. Dans ce temps-là, on y va d’un commun accord avec la SEPAQ. Pour ce genre d’intervention, ils ont dernièrement acheté une civière sur roue qu’ils ont fait venir d’Europe, une civière tout terrain en quelque sorte, avec une roue de vélo au centre. On est capables de bien la manœuvrer, même dans des sentiers abrupts comme au Parc. »
Ce type d’opération, il y en a une ou deux par année. Mais pour ce qui est du taux d’intervention annuel de la RISIF, jusqu’en 2021, il se tenait autour de 80 à 90 interventions par année. En 2022, il y en a eu 133, et cette année, en date du 11 septembre, les pompiers de la Régie ont déjà répondu à un peu plus de 120 appels au 911 !
Les pompiers à temps partiel
L’équipe de pompiers à temps partiel de la Régie, c’est 57 personnes, dont 8 officiers. Il y a toujours un officier de garde sur le territoire, autant de jour que de nuit, ou de fin de semaine. Il couvre tous les appels ainsi que leur gestion. Il y a également deux pompiers à temps plein de jour de semaine, Maxime d’Amour et Martin Gagné. « Avec deux pompiers permanents, cela permet d’assurer une standardisation, une homogénéité, la mise à jour des équipements, des camions, des outils, pour qu’à chaque instant, tout soit opérationnel ! », précise André Couturier, directeur général au RISIF depuis décembre 2022. « Être pompier à temps partiel, au niveau légal, cela demande de suivre 36 heures de formation obligatoire, puis il y a une pratique par mois, qui touche différents volets (désincarcération, assistance respiratoire, etc.). Enfin, des perfectionnements comme le sauvetage hors-route ou sur glace, ce sont des 8 heures qui s’ajoutent pour chacune des spécialités. »
Avant les débuts de la Régie, quand chacune des municipalités du Bas-Saguenay gérait son propre service incendie, il y avait des enjeux d’équipements, de budget, d’effectifs et du coup de sécurité. « C’est là qu’on s’est assis avec les municipalités, se souvient Keven, en signifiant notre désir de créer une structure qui permettrait au Bas-Saguenay de se doter d’un service fiable et efficace. Même s’il y a beaucoup moins de pompiers qu’avant, au début de la Régie, on était 78, et qu’entre nos deux municipalités aux extrémités, il existe une distance de 131 kms, ce sacré défi logistique on peut dire qu’il est relevé maintenant ! » Regrouper les divers services en une seule organisation est maintenant plus optimal pour les gens du Bas-Saguenay.
Comme dans toute organisation, il y a à la Régie un noyau solide et stable qui intervient régulièrement. Idéalement il faudrait que tous les pompiers puissent ainsi s’impliquer mais ressort ici la réalité du volontariat ! Ce noyau permet cependant de respecter le schéma de couverture de risque, le délai et le nombre de pompiers requis pour tel type ou tel autre type d’intervention !
Lors d’un appel au 911, c’est l’officier de garde qui va gérer la situation. Keven Gagné précise : « On commence pompier, et après ça, on gradue dans l’organisation. L’intérêt et la disponibilité font qu’il y a des pompiers qui se démarquent et qui sont approchés pour être lieutenant éligible. Il faut alors faire une formation au Cégep de Chicoutimi, pour devenir Officier Non Urbain (ONU – 160 heures de formation), qui correspond aux besoins des petites municipalités de moins de 5000 habitants. »
André Couturier, directeur général depuis décembre 2022.
Devenir pompier quand on a une vie de famille, un travail ?
« Du côté du travail, il y a une loi au Québec qui fait que l’employeur se doit dans certaines circonstances de te libérer, poursuit Keven. Mais c’est aussi un choix qui se fait en famille, parce que la petite famille, faut qu’elle accepte que tu partes, que ce soit Noël, la fête du petit, que ce soit le soir quand les enfants ne feelent pas ! Les officiers sont de garde une fin de semaine sur 8, donc on le sait un an d’avance et on s’organise en fonction ! » Les pompiers, tout comme les officiers donnent leurs disponibilités et la Régie assure une cédule de planification
Le 1er juillet.
Keven Gagné, officier de garde cette fin de semaine, était déjà sur les lieux. « J’ai un chalet du côté de Rivière-Éternité, sur le rang Ste-Thérèse. Quand j’ai vu la pluie tomber, je me suis dit : il va arriver quelque chose, c’est sûr. Avec mon collègue Frédéric Thibault, on n’avait même pas eu encore d’appel, mais dès que la pluie s’est calmée, on s’est mis en route pour se rendre au village. Et aussitôt qu’on a rejoint le bord de la rivière, ça débordait de partout, c’est là qu’on a déclenché l’appel au 911 ! Le territoire était coupé en deux au niveau de la 170, mais on avait déjà 4 pompiers dans le cœur du village, et ceux de L’Anse ont couvert le haut. »
« C’est des journées très émotives mais c’est des journées qui … qui viennent nous rappeler pourquoi on fait notre travail de pompier. C’est là que tu te fais dire que tu es vraiment à ta place ! »
Savoir garder la tête froide, règle numéro 1 pour ne pas se mettre dans le trouble, me confie Keven : « Oui c’est un métier risqué, un métier où est-ce qu’on joue avec le danger, et faut savoir calculer le facteur de risque. Ce jour-là, on a comme poussé la limite un petit peu plus loin. On était bien assurés tout de même, on avait pris les moyens de base, on était attachés et on avait nos vestes de flottaison. Avec la Régie, on est super bien équipés. Cet événement serait arrivé avant la formation de la Régie, on n’aurait pas pu faire face à ça, on n’aurait pas pu sauver ce monsieur là, ça c’est sûr ! »
Le camion, faut qu’il démarre !
Comme dans toute fusion, les débuts ont été plus difficiles, avec par ci par là quelques différends, mais depuis, la situation a grandement évolué et un pompier volontaire, peu importe d’où il vient, se sent responsable de la sécurité de l’ensemble des citoyens du Bas-Saguenay. « Avant la Régie, je n’avais pas la conscience tranquille. Quand j’étais de garde, je ne savais même pas si j’avais le nombre de pompiers requis, et je n’étais pas équipé pour aller affronter ce que j’avais à affronter ! Maintenant, on a un excellent service dont les gens peuvent être fiers. Ils peuvent dormir l’esprit tranquille, avec une équipe de pompiers formés et du matériel efficace pour les protéger ! », conclut Keven Gagné.
De son côté, André Couturier en bon gestionnaire sait bien qu’il va falloir travailler au recrutement : « Au début de la Régie, on était 78 ! Notre objectif serait de revenir à un nombre de plus de 70 pompiers, cela éviterait que ce soit toujours le même noyau, les mêmes gens qui donnent du temps. Comme le mentionne Keven, une implication comme pompier/pompière est valorisante, sachant qu’elle vient en aide à ses concitoyens. Autre préoccupation qu’il faut savoir anticiper, les véhicules vieillissent, comme les 5 autopompes qui sont toutes de la même année, donc on prépare une planification, on ne peut pas penser qu’on va les remplacer en même temps ! La Régie se dote justement actuellement d’un plan stratégique pour planifier ces investissements », termine le directeur général confiant.
Pour toute information, vous pouvez visiter le site www.risif.com ou appeler au numéro 418-544-3114. Merci à ceux et celles qui aimeraient se joindre à l’équipe.
Le comité organisateur : En bas : Michelle Tremblay, Jacynthe Savard, Annie-Pier Perron, Monique Boudreault, Esther Martel, Hélène Gagnon.
2e rangée : Arlette Claveau, Clara Lavoie, Annick Simard,
En haut à gauche : Myriam Laberge, Caroline Simard, Ginette Côté, Thérèse Fortin, et Janine Claveau.
Reportage photos de Dany Thibault
Rosanne Bergeron, Jacynthe Savard et Hélène Gagnon pour l’APRS
Le vendredi 15 septembre dernier se tenait à l’église de Saint-Félix-d’Otis la 4e édition de Tissons des liens humains. L’événement organisé pour les aînés du Bas-Saguenay a connu un franc succès avec plus de 150 participants, et 21 kiosques d’exposants.
Le comité organisateur tient à remercier tous les collaborateurs, commanditaires, exposants ainsi que les nombreux bénévoles ayant contribué au succès de cette belle journée.
Robert Tremblay, le député fédéral Richard Martel, Betsy Gravel et le maire de Saint-Félix-d’Otis Pierre Deslauriers.
Le Symposium de Saint-Félix se déroule dans l'église.
Ce sont cinq années de collaboration au sein du Festival des couleurs du Fjord qui seront célébrées pour cette 5e édition réunissant les 3 symposiums au Bas-Saguenay, le Symposium de Saint-Félix-d’Otis, le Symposium d’art contemporain de Rivière-Éternité et le Symposium provincial des Villages en couleurs de L’Anse-Saint-Jean et Petit-Saguenay. Cet incroyable rassemblement culturel mobilise différentes approches artistiques durant la fin de semaine de l’Action de Grâce où 80 artistes seront réunis dans 4 salles d’exposition : l’église de Saint-Félix-d’Otis, l’église de Rivière-Éternité, le Mont-Édouard à L’Anse-Saint-Jean et l’aréna Roberto-Lavoie à Petit-Saguenay.
Le Symposium d’art contemporain de Rivière-Éternité.
Les organisateurs et les centaines de bénévoles sont prêts à accueillir les milliers de visiteurs qui accourent pour admirer les artistes et artisans à l’œuvre durant toute la fin de semaine.
Art abstrait, naïf, figuratif, paysages, portrait, les festivaliers ont l’opportunité de découvrir des toiles de styles variés. Ils pourront acheter un tableau, une sculpture ou une belle pièce artisanale, ou tout simplement admirer et photographier les fabuleux paysages de notre majestueux Fjord entouré de ses montagnes multicolores.
La présidence du Festival est assurée cette année par le député François Tremblay, grand amateur et collectionneur d’art.
Le Festival des couleurs du Fjord revient cette année avec le passeport. Les visiteurs sont donc invités à faire estampiller leur passeport dans les 4 salles d’exposition afin de courir la chance de gagner un des huit prestigieux prix offerts en tirage.
L’aréna de Petit-Saguenay accueille bon nombre de visiteurs chaque année.
C’est sous le signe du plaisir et de la reconnaissance que se déroulera la 10e édition du Symposium d’art contemporain de Rivière-Éternité. Pour souligner cet anniversaire, les présidents et présidentes d’honneur des éditions précédentes sont au rendez-vous dont la présidente du Symposium de Saint-Félix-d’Otis Thérèse Fortin.
Il sera sous la présidence d’honneur de l’artiste professionnel en art visuel, propriétaire du Sofia Art Studio et de galerie 5, Sophie LEBEUF/SOFIA
Pendant ces 10 ans, le Symposium a accueilli plus de 200 artistes de différentes disciplines venant de partout au Québec, mais également des artisans du village et des élèves de l’école primaire Marie-Médiatrice.
L’histoire d’amour entre les artistes en art visuel et le Symposium provincial des villages en couleurs de L’Anse-Saint-Jean et Petit-Saguenay continue de s’écrire alors qu’on se prépare pour cette 32e édition. Les 41 artistes à l’œuvre, sous la présidence d’honneur de Michel Martel, sauront fasciner les amateurs d’art provenant de partout au Québec.
La grande salle du Mont-Édouard à l’Anse-Saint-Jean se prépare pour une 32e édition du Symposium.
À la porte d’entrée de la route des arts à Saint-Félix d’Otis, vous aurez le bonheur d’aller à la rencontre de plus de 20 artistes, installés encore cette année à l’église. Les organisateurs ont décidé de présenter les œuvres des artistes sur fond noir afin de les mettre en valeur.
Parmi les artistes invités, le lauréat d’un prix international remis par l’Édition des musées et de la culture qui fait la promotion de la culture et de la muséologie en Europe, Louis Julien figure parmi les artistes qui seront à l’œuvre à Saint-Félix-d’Otis.
La présidence d’honneur de ce symposium est assurée par Réjane Pelletier, artiste peintre de Kamouraska.
Des artistes de partout au Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Belgique peindront dans les 4 salles d’exposition ou à l’extérieur. Louizel Coulombe, Paul Cloutier, Jacques Hébert, Claude Bonneau, Louis Tremblay, Anatole Saint-Onge, Ginette Chavarie, Jean-François Racine, Marcel Fecteau, André Coppens, Talbot, Yves Ayotte, ARO, Elsa Boisjoly, Hugues Soucy, pour ne nommer que ceux-là parmi les 80 artistes présents sauront vous impressionner pendant cette longue fin de semaine.
Bon Festival à tous et toutes et bienvenue dans notre fabuleux Bas-Saguenay.
Retour sur les événements de l’été à Rivière-Éternité
Feu de forêt le 31 mai, pluies torrentielles et glissements de terrain le 1er juillet, mesures d’urgence, évacuations, fermetures d’école et de routes… les Éternitois n’ont pas été épargnés cet été. Ils ont dû faire preuve d’une grande résilience et l’entraide aura assurément été leur meilleur atout. Allons à la rencontre de ces personnes qui ont accepté de se confier.
Rémi Gagné, maire de Rivière-Éternité
La reconnaissance
C’est avec des remerciements pour son comité d’urgence et sa population, toujours aidante et patiente, que le maire de Rivière-Éternité entame l’entrevue. Le 1er juillet dernier, lorsqu’il constate que la pluie n’a rien de « normale », Rémi Gagné se rend rapidement au cœur de son village. Il sera par la suite présent à chaque étape de la crise.
« Lorsqu’il y a eu le feu, à la fin mai, on s’est rapidement senti protégé. La Régie Intermunicipale de Sécurité Incendie du Fjord (RISIF) et la SOPFEU, avec leurs avions citernes, étaient en action dans l’heure suivant le signalement des flammes, se remémore Rémi Gagné. Mais pour ce qui est de l’eau, on ne peut pas la contrôler. Le pire, c’était la coupure en deux du village, avec la route 170 sérieusement endommagée, c’était très inquiétant. La population d’en haut de la côte ne pouvait même pas communiquer avec celle d’en bas, puisque l’électricité était coupée. »
Hydro-Québec est rapidement venu installer une génératrice, tandis que Bell rétablissait la communication. Dès que la situation est connue, une équipe de la MRC du Fjord-du-Saguenay vient en renfort supporter la municipalité. Le préfet Gérald Savard, la directrice générale et greffière-trésorière, Peggy Lemieux, la directrice en sécurité incendie et civile, Monique Marier se sont déplacés sur les lieux. De son côté, Janick Gagné, conseillère en communication et relations publiques, a dès le 2 juillet, pris en charge le téléphone du maire qui ne dérougissait pas, et ce à partir de 4 heures du matin.
Tout le monde s’est ainsi mobilisé rapidement, dont la Sureté du Québec avec environ 70 policiers qui ont participé aux opérations, la sécurité civile, les ambulanciers, la RISIF et le ministère des Transports. Les intervenantes sociales du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont arrivées le jour même et sont restées un mois au village. Enfin, la députée de Chicoutimi, Andrée Laforest, s’est déplacée dès la première journée. Les bureaux de la municipalité se sont rapidement transformés en cellule de crise, chaque bureau étant dédié à une organisation : au sous-sol se trouvaient les policiers, un autre bureau pour la SEPAQ et le bureau du maire, quant à lui, est occupé par les intervenantes du CIUSSS.
Rémi Gagné conclut ainsi : « Je tiens à remercier toutes les organisations et les personnes qui ont apporté leur support lors des événements de l’été. Il est encore plus clair pour nous maintenant que les mesures d’urgence ne doivent jamais être laissées sur une tablette. Il faut les ajuster régulièrement, suivre des formations et faire des pratiques. D’ailleurs, les employés de la municipalité suivent régulièrement de ces formations. Deux mois après les événements, j’admire le courage des citoyens de Rivière-Éternité et c’est avec écoute et empathie que je veux continuer de les accompagner vers ce retour à la normale tant espéré. »
Sandra Côté, Directrice-générale, greffière trésorière et coordonnatrice des mesures d’urgence
« C’était tellement gros pour une petite municipalité »
C’est avec beaucoup d’émotions que Sandra raconte les événements de l’été. Responsable des mesures d’urgence, elle a dû prendre de nombreuses décisions et en a porté beaucoup sur ses épaules pendant les treize jours où ces mesures ont été actives.
« Avec le temps sombre et toutes les lumières des voitures de policiers, d’ambulanciers et de pompiers, c’était « comme dans un film de fin du monde », décrit-elle quand elle pense à son arrivée au village, le 1er juillet. Sandra Côté a rapidement enclenché les mesures d’urgence et fait le point sur la situation avec les intervenants sur place. Il pouvait y avoir chaque jour jusqu’à trois rencontres avec les collaborateurs et deux avec son équipe.
Avec l’adrénaline, c’est une expérience extraordinaire, unique, mais aussi tragique qu’elle me décrit. « Il a été très difficile d’être coupée d’une partie de la population du village, d’autant plus que cela comprenait des membres de ma famille. Mais le plus difficile, c’est le après. Une fois l’urgence terminée, les collaborateurs s’en vont et c’est bien normal, mais je me sens maintenant bien seule au milieu de la lourdeur administrative. »
Après deux mois, Sandra commence à peine à démêler le tout. Les membres de son équipe sont toujours présents, elle se dit d’ailleurs très fière d’eux, même s’ils sont peu nombreux en considérant l’ampleur des événements. En effet, c’est dans l’après crise que la fatigue se fait sentir et il est difficile de ne pas pouvoir satisfaire tous les citoyens.
« C’est dur de voir la détresse des gens qui ont été fortement touchés, de lire des commentaires négatifs sur les réseaux sociaux. Il faut faire attention au jugement, les personnes qui ont écrit ces commentaires n’ont pas vécu le déluge. Avec un peu de recul, je vois maintenant le plan des mesures d’urgence d’une autre manière et avec beaucoup d’aide extérieure. »
Celle qui connait maintenant bien mieux chacun de ces services, notamment celui les intervenantes sociales du CIUSSS, véritable bouée de sauvetage pour elle et les personnes touchées, tient à terminer l’entretien ainsi : « Les inondations sont passées mais il reste encore bien des traces. Plusieurs personnes doivent réaliser des travaux dans leur maison ou sur leur terrain. Quand je repense à toute l’aide reçue pendant les événements, je me dis que ça prend une bonne équipe pour passer au travers… et on l’a eue ! »
Marius Gaudreault et sa conjointe Carmen Bouchard, citoyens de Rivière-Éternité
« Aux premières loges »
Marius Gaudreault m’accueille et immédiatement me montre les dégâts dans la partie est de sa maison, là où habite son fils. Le 1er juillet, il y avait de l’eau au sous-sol, et au moment d’écrire ces lignes, le bas des murs est encore coupé et il y a un déshumidificateur qui fonctionne en permanence. « Il y avait de la boue par-dessus les fenêtres du sous-sol et jusqu’à la moitié des portes du garage. Le terrain a aussi été beaucoup endommagé. J’ai vu par la fenêtre de la cuisine une vague d’un mètre de haut déplacer la voiture de ma voisine, soulever l’asphalte qui venait d’être refait il y a 2 ans et amener une épinette de deux pieds de diamètre debout le long la route 170, c’était « comme un film », raconte Marius, encore tout imprégné des événements. Avec sa femme Carmen, ils se sentaient quand même en sécurité dans leur maison. Ils ont cependant été évacués par le conjoint de leur petite-fille et très bien reçus pendant quatre jours chez le couple habitant l’Anse-St-Jean.
Pour le feu, Marius a tout vu de sa galerie. Sa conjointe a aussitôt appelé le 911. Les avions citernes passant très proche de la maison sont intervenus rapidement et ont réussi à sauver les maisons.
Mais au travers des événements de l’été, ce qui reste le pire pour eux, c’est le décès subit de leur fille Éliane. « Elle prenait soin de nous et était toujours prête quand on avait besoin. On a perdu un gros morceau », évoque spontanément Carmen. Ce drame ayant occulté toutes les autres tragédies.
Tout au long de l’été, Marius et Carmen ont grandement apprécié l’aide de leur famille, qui est encore très présente au quotidien. Ils ont aussi bénéficié des visites hebdomadaires d’une intervenante du CIUSSS pour de l’aide psychologique, et ce durant trois semaines. Partageant un regard complice et rempli de tendresse, le couple termine en se disant qu’ils vont passer à travers tout cela, ensemble.
Sacha Bosman, Garde-parc technicien en milieu naturel au Parc national du Fjord-du-Saguenay (PNFS)
« On est petit par rapport à la nature »
Et au Parc, comment cela s’est-il passé?
Pendant qu’un trou énorme se formait au cœur du village de Rivière-Éternité, fermant ainsi la route 170, au PNFS, plusieurs glissements de terrain rendaient la rue Notre-Dame impraticable, isolant ainsi le bureau administratif, le Camping de Baie-Éternité et le Centre de Découverte et de Services. Heureusement, du personnel compétent était présent à chaque endroit pour prendre en charge les visiteurs.
Après avoir passé plus de 24 heures au Camping, Sacha ressent comme un choc en arrivant au cœur du village : il y avait des caméras, des policiers et des véhicules d’urgence partout. Il se rappelle aussi de l’accueil chaleureux des citoyens de Rivière-Éternité venus à sa rencontre pour discuter et lui offrir un hotdog.
Pour le feu, Sacha était en patrouille nautique sur le Fjord, prêt à évacuer ses collègues et les visiteurs. Le feu a probablement été plus destructeur pour la nature, mais il reste plus marqué par le déluge car il l’a vécu de près et « des gens sont partis ». C’est ce sentiment d’impuissance face à la nature qui se déchaîne qui reste encore aujourd’hui bien présent dans l’esprit du Garde-parc.
« Mais malgré son aspect tragique, le déluge a révélé également de belles choses, comme une équipe de travail soudée. Il m’a aussi permis de mieux comprendre les inondations de 1996 que je n’ai pas vécues et dont j’ai si souvent entendu parler. Suite à cette catastrophe, j’ai reçu beaucoup d’aide, autant des gens de la municipalité que par les intervenantes du CIUSSS, poursuit le jeune Garde-parc. Entre collègues, on a pris soin les uns des autres, et ça nous a rapprochés. »
Sacha a reçu des messages chaque jour chez lui et un très bel accueil lors de son retour au travail. Il souligne enfin que les gestionnaires ont fait preuve de beaucoup d’humanité. Et maintenant, deux mois après les événements, ce qui persiste chez Sacha, c’est l’envie encore plus forte d’aller au travail, d’aider les gens et de prendre soin de ses collègues. Philosophe, il achève cette entrevue en se disant « qu’il faut retenir le positif, sans oublier le négatif ».
Le feu et les inondations ont ici été effleurés. Il aurait été tellement intéressant de rencontrer chaque citoyen et chaque employé du Parc, chacun ayant vécu ces événements d’une manière unique.
Cependant, toutes les personnes rencontrées ont tenu à exprimer leurs sympathies pour les proches des deux victimes.
De ces témoignages, un autre point commun : l’entraide est la meilleure façon de réagir à la force de cette nature, merveilleuse mais parfois destructrice, qui nous entoure au Bas-Saguenay.
La poussière est retombée et tous s’entendent pour dire que la 5e édition du festival Virage fut une réussite sur toute la ligne. En 6 mois, l’équipe organisatrice a réussi à mettre sur pied une programmation de conférences et de festivités qui a accueilli près de 500 personnes à Petit-Saguenay lors de la fin de semaine du 18 au 20 août dernier. Retour sur cette première édition saguenoise.
Trois jours de conférences, d’ateliers, de spectacles à petit et à plus grand déploiement, en plus de la logistique d’accueil de centaines de festivaliers : tel était le défi que s’était donné le comité organisateur composé de membres de Petit-Saguenay et Sainte-Rose-du-Nord, où le festival a été fondé. Cette première édition sur la rive sud du fjord accueillait des personnalités des 4 coins du Québec pour offrir l’occasion de partager des savoirs et des expériences liés aux enjeux écologiques et sociaux. Par exemple, lors de la deuxième conférence de la journée une délégation en provenance de Mastheuiatsh a pu parler de décolonisation et d’archéologie participative qui inclut les savoirs et l’implication des populations autochtones dans les travaux archéologiques. Des représentant.e.s du collectif Mobilisation 6600 se sont déplacés de Montréal, où ils mènent une lutte pour protéger un oasis végétal en bordure des activités industrielles à Hochelaga. Ils en ont même profité pour faire le pré-lancement exclusif de leur BD Résister et Fleurir, qui met en image cette mobilisation sur la protection du territoire.
Des va-et-vient du terrain de balle jusqu’au quai, en passant par l’église !
Malgré une programmation assez chargée, avec plus de 4 activités en simultané par moments, la quasi-totalité des salles était systématiquement remplie, au grand bonheur des conférenciers. Le chapiteau coloré du Verger Vague derrière l’église accueillait une cinquantaine d’invités, en plus de ceux qui choisissaient de s’installer dans l’herbe. Le sous-sol de l’église a été le lieu de riches échanges sur l’économie, alors que la cour d’école a reçu de son côté un jeu grandeur nature sur l’autonomie alimentaire ou encore la prestation colorée de Jaune Soleil, un quatuor de la région. Les ateliers de l’Autodidacte, centrés sur la transition intérieure et le développement personnel, ont aussi été très populaires. Les participant.e.s ont profité du décor éclectique et apaisant pour se ressourcer ou partager émotions et expériences vécues.
La logistique et la mobilité ont constitué un grand défi pour l’évènement, surtout en considérant les travaux du cœur du village. L’organisation a misé sur le transport actif en offrant un système de navette en continu. La municipalité a également mis à disposition des festivaliers sa toute nouvelle flotte de vélos électriques, au grand bonheur de ces derniers. La diversité et l’inclusivité étaient également des valeurs phares du festival. La tarification solidaire mise en place répondait à cet impératif. Et les enfants n’étaient pas en reste, bien au contraire! L’AGIR et ses bénévoles ont travaillé fort pour mettre sur pied un espace jeunesse stimulant avec la biblio-mobile, des combats d’épées de mousse de type grandeur nature, des cercles de parole ou causerie sur la natalité à l’attention des nouveaux parents.
Crédit photo : Émile David
Une programmation culturelle colorée
En soirée, la tête remplie, les festivaliers se donnaient rendez-vous à la salle principale du terrain de balle pour se dégourdir les jambes. La première soirée, les Ska Sound System ont fait danser l’audience jusqu’au bout, malgré la pluie. Le lendemain, c’est l’envoûtante Katia Rock qui a captivé les spectateurs avec sa prestance et son énergie, avant de terminer son spectacle avec une balade en ilnu aimun, seule avec ton tambour sur la scène. Ensuite, l’autobus scolaire a fait des aller-retour pour transporter la foule à l’« after », où le plancher de danse s’est rempli jusqu’aux petites heures. Le dimanche, les festivaliers étaient tout de même au rendez-vous à 9h00 pour la dernière grande conférence sur la ruralité. Les festivités se sont terminées dans l’après-midi avec le spectacle Hommage à Brassens qui était ouvert à toute la population. Plusieurs saguenois en ont profité pour venir partager un bon moment au soleil, et certains ont même échangé quelques pas de danse.
Crédit photo : Catherine Parent.
Ce festival n’aurait pu se dérouler sans la généreuse contribution de plus de 80 bénévoles en provenance de l’ensemble de la province, dont plusieurs de Petit-Saguenay et des environs. Au terme des activités, festivaliers et résidents locaux n’avaient que de bons mots pour l’organisation. « Est-ce que Virage revient l’année prochaine? » était la question sur toutes les lèvres. Fort de cette expérience, le comité organisateur va prendre un repos bien mérité avant de s’y pencher !
Malgré un été où les résidents de chez nous ont dû faire face à de nombreux imprévus, la force du nombre, l’entraide et la sensibilité des gens étaient palpables et ont contribué à panser les blessures de certains et à renforcir l’attachement au territoire de plusieurs. Nous habitons un milieu où les valeurs des gens qui y habitent en font aussi un lieu unique!
De son côté, L’AGIR a pu compter sur une équipe hors pair en plus de nos nombreux partenaires pour mener à terme ses divers projets. C’est avec fierté et contentement que le sourire des enfants et le retour des parents nous donnent la motivation de continuer pour tenter de mettre sur pied une offre qui réponde aux besoins et dynamise milieu qui nous est cher.
Afin de contrer la perte d’acquis scolaires chez les jeunes pendant les vacances estivales, Mathilde Houde a créé différentes activités éducatives et ludiques qu’elle a su adapter dans chaque milieu où elle se présentait sur une base régulière. Effectivement, chaque semaine, l’étudiante en enseignement apportait son soutien aux animatrices des différents camps de jours municipaux en proposant des jeux et des activités diversifiés. Les enfants apprenaient sans même s’en rendre compte et on peut dire que l’objectif de passer de beaux moments et de créer des souvenirs mémorables a été atteint ! Grâce à son sens de l’organisation, son écoute et sa créativité, Mathilde a su faire une différence au sein de notre équipe et certainement dans l’été de plusieurs enfants pour qui la rentrée scolaire se passe maintenant peut-être plus en douceur! Un merci aux personnes du milieu scolaire, Simon Villeneuve et Christine Haineault pour leurs bons conseils à la réalisation des activités éducatives. Merci aussi aux animatrices, aux responsables de camps de jour, aux parents et à toutes les personnes qui ont contribué au bien-être et à l’éducation de nos enfants!
À travers les camps de jour municipaux, Emy-Eve Pelletier a elle aussi contribué au dynamisme des milieux. Par la mise sur pied d’activités sportives, elle a fait bouger les jeunes. Sa bonne humeur contagieuse et son énergie débordante n’ont cessé de nous impressionner et de nous motiver à trouver des solutions aux différents imprévus rencontrés. À la fois artiste et sportive, elle a aussi animé les camps thématiques art nature et multisports en plus de remplacer, à main levée, des animatrices de camps ou apporter son support à différentes activités. Merci pour la diversité d’idées et d’activités proposées, mais surtout pour toute l’attention particulière portée à chacun et chacune. Appréciée des petits comme des grands, Emy-Eve est une précieuse personne-ressource!
En plus de la coordination des nombreux camps thématiques et de la Biblio-Mobile, on doit à Ève-Laurence Hébert la programmation jeunesse du festival Virage. Organisée, méthodique et passionnée, elle met tout son cœur dans ce qu’elle entreprend. Littéraire, sportive, aimante de nature et de musique, elle a à cœur l’éducation et le développement des projets novateurs de son nouveau milieu de vie. La tête remplie de belles idées, elle sait les mettre à profit à travers les actions qu’elle entreprend. Une personne d’initiative qu’on espère garder dans le Bas-Saguenay. Grâce à elle et aux personnes-ressources impliquées qu’elle a su interpeller par le projet, la Biblio-Mobile s’est déployée avec succès avec plus d’une vingtaine de présences à travers le territoire et semer par-ci par-là le goût de la lecture.
Mathilde, Emy-Eve et Ève-Laurence ont fait bonne équipe avec nous tout au long de la saison d’été et nous espérons pouvoir les retrouver l’an prochain!
Bien sûr, chaque camp thématique a été possible grâce aux différentes personnes du milieu qui ont accepté de partager leur passion avec la jeunesse! En plus d’être excellents dans leur discipline respective, ils avaient tous les talents souhaités d’animateurs et d’animatrices et la facilité de transmettre aux jeunes leurs savoirs dans le plaisir et le respect. Merci à vous tous d’être de si beaux modèles et de faire vivre de nouvelles opportunités aux enfants. Ce, en passant par l’art, la culture, la nature et le sport!
Parmi les thèmes abordés, l’aventure en plein air était au rendez-vous. Malgré une semaine pluvieuse, Camille Carle a su faire vivre aux jeunes le plaisir d’être en forêt ou sur l’eau et de savoir se débrouiller en se reconnectant aux savoirs ancestraux, loin des écrans. Elle a aussi animé le camp Eau et Terre en collaboration avec les moniteurs et monitrices de Voile Mobile. D’autres jeunes ont, quant à eux, pu découvrir la culture de breakdance grâce à Émile Jaques-Allard qui leur a enseigné la danse. Les jeunes nous ont d’ailleurs offert une prestation de qualité après seulement une semaine de pratique. D’autres encore ont incarné des personnages fantastiques tout au long de la semaine du camp médiéval. Les enfants étaient plongés dans une aventure hors du commun où une quête était à réaliser au domaine de la Lune noire avec Audrey Girard et son équipe. Enfin, les enfants intéressés par la biologie, la faune et la flore ont vécu des moments privilégiés en compagnie de Lyne Morin.
À travers tous ces beaux camps thématiques, de nombreuses personnes du milieu, des entreprises plein air et d’autres acteurs culturels ont offert des moments exceptionnels aux enfants. Ils sont si nombreux que j’aurais peur d’en oublier à risquer de les nommer. Ce qui démontre encore une fois la force de notre milieu et la richesse exceptionnelle de tout ce qui nous entoure malgré les intempéries qui en font partie. Et c’est en vivant le territoire et en rentrant en relation avec lui que nait le désir profond d’en prendre soin.
Enfin, notre dernier projet estival a été possible grâce à la collaboration de Parcours Aventures qui a offert des sorties d’escalade sur roches aux jeunes de 10 à 17 ans. Mise à dure épreuve avec une saison d’été plutôt pluvieuse qui a causé l’annulation de plusieurs sorties, de beaux moments ont tout de même eu lieu au site le Paradis en plus d’une sortie découverte au Mont-Jacob. Le projet a donné lieu à des moments d’échange, de collaboration et de dépassement de soi. Les guides d’expérience ont su partager eux aussi leur passion dans une attitude positive de bienveillance et d’entraide.
Bref, à L’AGIR, nous pouvons dire mission accomplie ! Notre mandat étant simplement de mettre toutes les ressources de notre territoire au profit des jeunes et des familles pour la réussite éducative. Nombreux sont les acteurs prêts à s’investir et qui pensent également que l’éducation est l’affaire de tous! Dans le même sens, c’est tous ensemble que nous devons nous responsabiliser à prendre soin du vivant et à laisser un monde plus juste pour nos enfants.
De gauche à droite : Julie Poirier, Johanne Bolduc, Josée Letourneau, Cécile Hauchecorne, Annick Simard et Juliette Charpentier (à l’avant).
De nouveaux visages au comité de rédaction
En cette rentrée 2023, le comité de rédaction du Trait d’Union est fier de compter une personne de chaque municipalité parmi son équipage. Pour préparer ce numéro, le comité s’est retrouvé sur un zodiac au milieu du Fjord du Saguenay. Pas mal comme cadre pour une réunion de travail ! Cette sortie a permis à tous les membres de faire connaissance. Les « anciennes » se sont présentées, soit Cécile Hauchecorne (rédactrice en cheffe), Corinne Asselin et Juliette Charpentier (le duo représentant Petit-Saguenay), puis ça a été au tour des nouvelles venues.
Corinne Asselin à la barre.
Pour l’Anse-Saint-Jean, c’est Julie Poirier qui a décidé de rejoindre nos rangs. Résidente du village depuis sa retraite, Julie est une ancienne professeure en création littéraire au CÉGEP de Jonquière. Son expérience nous sera très utile pour toute la phase de relecture de la maquette.
Josée Létourneau représente Rivière-Éternité. Nous arrivant de Montréal, cette ancienne infirmière et professeure au CÉGEP est aujourd’hui garde-parc au Parc national du Fjord-du-Saguenay. Son implication dans le Trait d’Union est une manière pour elle d’aller à la rencontre de sa nouvelle communauté et de s’y intégrer.
Du côté de Saint-Félix-d’Otis, Johanne Bolduc est heureuse de venir nous prêter main forte avec sa plume. Cette retraitée désormais établie à Saint-Félix-d’Otis est originaire de la ville de la Baie. Elle a d’abord fait carrière en physiothérapie avant de se mettre à l’écriture. Elle a notamment publié un roman, des nouvelles et une collection de livres pour enfants.
Enfin, Ferland-et-Boilleau est représenté par la jeune et dynamique Annick Simard. Native du village, Annick est la nouvelle agente de développement. Son poste va faciliter la communication des évènements se déroulant dans sa municipalité au reste du Bas-Saguenay.
Le Trait-d’Union fête bientôt ses 20 ans !
En 2024, le Trait-d’Union aura 20 ans. Le comité de rédaction souhaite marquer le coup. Rappelons que notre journal communautaire se veut être un reflet et une mise en valeur du dynamisme de nos communautés. C’est un journal pour et par les gens d’ici. C’est en ce sens que le comité de rédaction du Trait d’Union invite la population à participer aux festivités, mais aussi et surtout à leur organisation.
Ainsi, vous êtes conviés à un 5 à 7 au Camp de Base le jeudi 19 octobre pour préparer les 20 ans du Trait d’Union. Si vous avez des idées (vernissage, témoignage, ateliers d’écritures, etc.) sur la manière dont souligner cet anniversaire, l’envie de vous impliquer dans l’organisation des festivités ou tout simplement si vous portez le Trait d’Union dans votre cœur, vous êtes les bienvenus ! Et si vous n’êtes pas disponible à cette date, mais que l’envie y est, n’hésitez pas à nous écrire à redaction@fjordsaguenay.ca.