Antonin Gagné, Francine Gaudreault, Lucienne Bouchard, Charles-Émile Gagné, Marthe Simard, Lucine Tremblay et André Bouchard, les membres du C.A de l'Habitat.
L’Habitat de L’Anse peut être fier d’être soutenu par la collectivité. Dès les premiers balbutiements du projet, en 1984, une trentaine d’Anjeannois ont participé financièrement, sous forme de prêts, à la mise de fonds nécessaire au démarrage. Par la suite, plusieurs ont même laissé généreusement leur contribution dans les coffres de l’organisme.
La
Caisse populaire de L’Anse-Saint-Jean, avec son directeur Antonin Gagné, a joué
un rôle majeur dans la mise en place de l’établissement. Étant donné la
population vieillissante, cette habitation répondait à un réel besoin, comme le
mentionne Marthe Simard, impliquée dès les premiers mois dans la recherche de
financement. Plusieurs bénévoles ont mis l’épaule à la roue, permettant ainsi la
création d’un OSBL (Organisme sans but lucratif), financé par la SCHL (Société
canadienne d’hypothèques et de logement) en 1985. Soulignons entre autres, la
participation de Noëlla St-Pierre, Olivette Gagné, Chantale Côté, Maurice
Houde, Émilien Houde et Martial Côté.
La
municipalité de L’Anse-Saint-Jean a également contribué en offrant durant une
douzaine d’années un congé de taxes municipales. En 2020, l’organisme a finalisé
le remboursement de son prêt envers la SCHL. Comme l’indique son président
actuel, André Bouchard, le conseil d’administration veille de façon constante à
l’entretien et à la propreté du
bâtiment. Un projet de mise à jour des salles de bain est à l’étude
actuellement. Grâce à une subvention de la Caisse Desjardins du Bas-Saguenay la
salle communautaire a été rénovée et un ascenseur a été installé, facilitant la
circulation d’un étage à l’autre, les portes et fenêtres ont également été
changées .
Rappelons
que l’Habitat de L’Anse compte 16 logements. L’âge de la clientèle a été réduit,
pour permettre à des locataires plus jeunes de combler les appartements
vacants. Les plus jeunes apportent un dynamisme nouveau mais les personnes âgées
avec leurs histoires et leurs anecdotes demeurent une richesse inestimable,
souligne Marthe Simard, secrétaire de l’organisme. Le CA est composé de 7
membres, dont 3 représentent les résidents.
Le travail de ces bénévoles est indispensable à la bonne marche et à la
continuité de l’organisme.
Le conseil d’administration est fier de dire que l’objectif de départ, soit d’héberger et de garder dans leur communauté les gens du Bas-Saguenay, demeure mission accomplie. Depuis 37 ans la continuité a été assurée grâce à tous les bénévoles et aux diverses formes d’aide financière !
Juliette Charpentier et Corinne Asselin sur les terrains du futur écoquartier de Petit-Saguenay.
Petit-Saguenay reçoit toutes les semaines des appels de personnes qui veulent venir s’établir dans la région. Pour répondre à la demande, la municipalité décide d’initier un projet participatif d’écoquartier. Les démarches vont bon train, un groupe de 19 ménages est constitué, des rencontres individuelles ainsi que 3 rencontres de groupe ont déjà eu lieu.
Un écoquartier participatif
dans un contexte rural, cela reste une expérience unique au Québec. « Il
n’y a pas de modèles similaires, car ici c’est la municipalité qui propose le
projet, fait les démarches administratives et logistiques, confirme Corinne
Asselin, la directrice du développement. »
Il a suffi d’une entrevue à Radio-Canada et de deux textes publiés, dont celui dans le Trait d’Union de juin dernier qui présente le projet, pour que 19 ménages se montrent intéressés à former le comité de futurs résidents en charge de développer ensemble cet écoquartier. « C’est un groupe hétéroclite, des personnes dont les grands-parents vivent ici mais également d’autres intéressées par le volet développement alternatif, comme ces couples de Rimouski, Montréal, Chicoutimi ou même de L’Anse-Saint-Jean. Enfin, il y a bien sûr des familles attirées par la nouvelle école Du Vallon, poursuit Corinne Asselin. »
Quand on lui propose de
réaliser une maitrise dont le thème serait Comment une politique de développement durable et de participation
citoyenne peut être innovante et revitaliser un village comme Petit-Saguenay,
Juliette Charpentier, ancienne étudiante à la Chaire d’éco-conseil de l’UQAC n’arrive
pas à refuser tant le sujet la passionne. « À la base, je ne voulais pas
retourner aux études mais avec ce projet qui me permet de partager 50/50 les
études et le terrain, tout en étant rémunérée, j’ai tout de suite embarqué.
C’est très stimulant de pouvoir mettre en application de nouvelles pratiques au
niveau social et écologique, de participer à une démarche totalement innovante
et qui semble si bien répondre aux enjeux de l’heure. Avec le groupe, on
fonctionne par itérations successives, on n’avance pas en ligne droite, on progresse
en faisant des cercles, on tâtonne, se questionne, on recommence, c’est ça la
concertation, cela peut paraître long mais ça donne des résultats solides,
solides comme une maison ! »
« Concernant le début
des constructions, il y a encore matière à réflexion, avec tous ces appels que
la municipalité reçoit depuis le début de la pandémie, il pourrait paraitre à
certains que c’est le momentum idéal pour aller de l’avant avec ce projet, pour
ne pas louper le bateau en quelque sorte ! En même temps, c’est une démarche
participative innovante, et sans prendre le temps d’installer un climat de
confiance entre tous les intervenants, cela risquerait de compromettre
l’ensemble du projet, conclut Corinne Asselin. »
L’historien Carl Beaulieu, l’abbé Denis Côté, le député Richard Martel, le préfet Gérald Savard, le député François Tremblay et Rémi Gagné, maire la municipalité lors du lancement officiel du livre.
À travers l’histoire de la municipalité, son maire Rémi Gagné souhaitait avant tout rendre hommage aux pionniers, si inspirants de dynamisme. La vie n’était pas facile pour ces familles originaires de L’Anse-Saint-Jean qui venaient défricher un nouveau territoire, où encore aujourd’hui on peut observer les nombreux amas de roches dans les champs. « Je me rappelle encore chez nous en arrière de la maison, on avait un beau jardin. Avec la pioche quand on arrachait les patates l’automne, ben on arrachait 3, 4 patates, 2, 3 roches ! Les roches avec la gelée elles remontaient chaque année ! »
Une belle part est donnée
dans cet ouvrage rédigé par l’historien Carl Beaulieu au comité de citoyens qui
a réalisé le sentier de la statue. « À l’époque, on appelait ça des
travaux d’hiver, tout le monde travaillait. Repris ensuite par la Société de
Développement Touristique de Rivière-Éternité, le projet durera 15 années,
embauchera jusqu’à 390 travailleurs et réalisera le sentier, la route pour se
rendre à la Baie Éternité, un camp, des chalets d’accueil pour les touristes qui
venaient 12 mois par année, avec la pêche blanche qui attirait également
beaucoup de monde. »
Les premiers à marcher sur le
sentier de la Statue, Jean-Marie Couët, Albéric Chalifour et Lorenzo Bergeron,
sont montés avec un gramophone pour faire jouer l’Ave Maria une fois arrivés en
haut. Avant, c’était une chaloupe qui emmenait les pèlerins à l’ouest du Cap
Trinité et pour accéder à la statue, on prenait alors le sentier défriché par
les hommes qui, en 1881, avaient réussi l’exploit de porter cette immense
statue en haut du Cap.
Pour les mois plus
tranquilles, d’une nouvelle réflexion avec Jean-Marie Couët émerge l’idée de
créer la Corporation de crèches. Durant 25 années, le tourisme religieux bat
son plein dans la municipalité qui va accueillir certaines années jusqu’à
10 000 visiteurs.
Puis ce sera le tour du Sentier
Kapatakan, 215 km au départ de Rivière-Éternité qui conduisent les pèlerins
jusqu’à l’Hermitage du Lac Bouchette.
Et dans 50 ans, vous
l’imaginez comment votre municipalité monsieur Gagné ?
« Dans 50 ans à
Rivière-Éternité, je voudrais que ça déborde, qu’il y ait des maisons un peu
partout, d’ailleurs le prolongement du réseau d’aqueduc est prévu pour aller
dans ce sens, permettre ainsi aux propriétaires de lots de pouvoir vendre une
parcelle destinée à la construction de nouvelles maisons. Les projets ne
manquent pas à la municipalité de Rivière-Éternité et le dynamisme des premiers
habitants nous inspire certainement. »
Vous pouvez vous procurer un
exemplaire du livre sur l’histoire de Rivière-Éternité aux bureaux de la municipalité.
Hélène
Pelletier de Rivière-Éternité est une femme connue dans son patelin. Nous
voulons souligner l’implication de madame Pelletier pour le bénévolat qu’elle
fait au niveau de l’affichage au kiosque d’auto-information. Elle a pris l’initiative
de bien garnir celui-ci et de le rendre attrayant pour les visiteurs. Elle est
la preuve vivante d’une grande générosité et disponibilité pour la communauté.
L’entreprise comme lieu d’épanouissement sera également un modèle permettant d’attirer de nouveaux employés à une époque où ils deviennent rares.
À la clinique dentaire Marie Lévesque, on a décidé de réorganiser les pratiques et les horaires afin d’offrir un traitement plus personnalisé, en réévaluant les besoins de chacun.
C’est avec l’aide d’une consultante en développement économique et régional qui travaille auprès de cliniques dentaires un peu partout au Québec, que cette réorganisation s’est effectuée. En découvrant de nouveaux outils, cela permet à l’équipe d’être encore plus polyvalente et de s’adapter en réfléchissant à ses besoins, en évaluant les diverses possibilités, mais aussi en acceptant de changer certaines pratiques.
« Le but de ces transformations, c’est
que cela soit encore plus agréable de venir travailler, ce qui rend la qualité
du soin offert au patient de meilleure qualité, le but premier de toute la
démarche. On veut se coucher le soir en se disant : ok ! on a vraiment
donné un bon service, on a pris le temps avec chaque patient de faire ce que l’on
avait à faire. C’est une démarche à long terme qui va se mettre en place sur
une année, souligne Marie Lévesque, propriétaire de la clinique. »
L’entreprise comme lieu d’épanouissement sera également un modèle permettant d’attirer de nouveaux employés à une époque où ils deviennent rares. Un appartement meublé à disposition, des activités de plein air toutes les semaines, tout est mis en place pour attirer de nouveaux arrivants. « C’est tellement complexe de trouver des employés qu’il faut devenir innovants et attrayants. »
Avec l’accueil de 6 dentistes en résidence, des dentistes diplômés qui ont décidé de faire une année supplémentaire pour se perfectionner avant d’aller sur le marché du travail, la dentiste Marie Lévesque a eu l’impression de faire office d’agence de voyage tout l’été. « C’est une résidence encadrée par l’université. Ça va avec l’air du temps justement, les jeunes diplômés ne sont pas pressés d’aller sur le marché du travail et de faire de gros salaires, ils préfèrent avoir un plus petit revenu et être bien entourés par des professionnels. En même temps, je leur présente la région … et bien sûr j’espère que l’un d’entre eux va vouloir s’installer ici ! »
Marie Lévesque a décidé de travailler 4 jours semaine afin de se garder du temps de qualité avec sa famille. C’est un choix personnel mais il y a assez de travail pour accueillir un autre dentiste, ainsi qu’une nouvelle personne dans l’équipe. « Je suis consciente que mes patients aimeraient que nous ayons plus de plages horaires de soir par exemple ou de vendredis, mais en étant la seule dentiste de la clinique, cela serait trop d’heures de travail par semaine. Tous les efforts déployés afin d’attirer un ou une autre dentiste va en ce sens, afin qu’un jour la clinique puisse offrir plus de disponibilités. » conclut confiante Marie Lévesque.
Avec ce tour d’horizon du paysage immobilier au Bas-Saguenay, il s’agit avant tout de mettre en lumière différentes initiatives, projets de société ou modes de vie alternatifs qui tentent de répondre au mieux aux défis d’une époque en grande transformation. S’adapter devient indispensable par des temps qui courent si vite !
Si depuis 5 années déjà, à
L’Anse-Saint-Jean notamment, les enjeux immobiliers sont évoqués par un grand
nombre, la solution ne semble pas encore avoir trouvé son chemin. « C’est
une roue qui tourne, et si les entreprises qui attirent le tourisme ici
n’arrivent plus à loger leurs employés, elles vont devoir fermer plusieurs
jours par semaine. Si les commerces ferment, les touristes vont-ils venir quand
même ?, se demande Myriam Savard, copropriétaire de Fjord en Kayak. »
Marianne Bergevin,
propriétaire du Café du Quai, abonde dans le même sens : « La
dynamique créée, entre autres, par les entreprises de tourisme a transformé le
marché immobilier, augmenté les prix, les ventes de maison se font en une
semaine et nous qui faisons partie de cette dynamique, on n’arrive plus à se loger
… c’est tout de même paradoxal ! »
D’après ces deux femmes, des mesures politiques doivent venir appuyer la vitalité de tout le village. « Il ne s’agit évidemment pas d’arrêter le Airbnb, mais plutôt de réglementer ou de mettre des moyens en place pour appliquer le nouveau règlement de zonage. »
Les réglements de zonage sont disponibles sur le site internet de la municipalité
Du côté de la municipalité, on apprend en effet que le périmètre urbain (principalement la rue Saint-Jean-Baptiste) est zoné habitation, ce qui signifie que l’usage touristique y est accepté en tant qu’usage complémentaire. (Ex : Quand je pars en vacances, je loue ma maison ou je peux louer un logement à court terme. Le propriétaire doit cependant en occuper la majeure partie du temps.) L’usage de résidences touristiques est réservé aux secteurs villégiature ou récréotouristique comme le Mont-Édouard ou certaines parties autour de la marina et du coin des routes.
La municipalité de Petit-Saguenay reçoit toutes les semaines des appels pour des demandes de maisons ou logements.
Même son de cloche du côté de Petit-Saguenay où le périmètre urbain est maintenant réservé aux résidences principales avec la possibilité d’un usage touristique mais qui se doit d’être uniquement complémentaire. Chaque semaine, la municipalité reçoit des appels de personnes qui veulent venir s’y établir, entre autres des familles intéressées par la nouvelle école. Afin de répondre à ces nombreuses demandes, la municipalité développe actuellement un projet d’éco-quartier.
Le village de Rivière-Éternité connait lui aussi une recrudescence de demande pour des logements.
À Rivière-Éternité, où le phénomène est tout aussi observable avec très peu de maisons à vendre, le projet de prolongement du réseau d’aqueduc est en cours afin de permettre de nouvelles constructions et ainsi répondre aux nombreuses demandes auxquelles la municipalité doit également faire face.
Le zonage du territoire
Le territoire de
Rivière-Éternité est essentiellement zoné agro-forestier, ce qui facilite
grandement l’ouverture de nouveaux terrains propices à la construction. Ce
zonage est en effet beaucoup moins limitatif que le zonage agricole, soumis à
la Commission de Protection du Territoire Agricole du Québec (CPTAQ).
Ainsi, à Ferland-et-Boilleau, celui que l’on nomme le rang double connait ces dernières années une revitalisation et engouement pour des projets communautaires et écologiques. Zoné agro-forestier, ce territoire permet à un propriétaire de lot de vendre une partie de son terrain à un particulier désirant se construire. Des projets d’auto-construction écologique côtoient le Jardin des Défricheurs, une ferme biologique très impliquée dans la communauté.
Un peu d’histoire
La Ferme d’en Haut installée sur la Corporation des Plateaux à L’Anse-St-Jean.
À la fin des années 70, se
sont établis Aux Plateaux à L’Anse-Saint-Jean, des précurseurs de l’agriculture
biologique. Ce territoire de 540 acres, également zoné agro-forestier,
appartient à un Organisme à But Non Lucratif (OBNL) et accueille actuellement
une vingtaine de maisons. « La mission de la Corporation des Plateaux,
c’est de permettre à des gens de s’établir, peu importe leur portefeuille ! Ce
qui compte, c’est ce que tu apportes à la Corporation, ce que tu as dans le
cœur ! Tous les membres sont copropriétaires des lots et chacun est
propriétaire de son acre de terre. On paye une part de membre, environ 700 $,
on participe aux fonds communautaires (taxes foncières, déneigement, entretien)
et on achète son lot de terre sur lequel on a 5 ans pour se bâtir une résidence
principale. Le dernier terrain a été vendu à 5000 $. » mentionne Jean-François
Gravel, un des membres actifs de la Corporation. « Un des enjeux majeurs,
c’est le processus décisionnel. Par rapport au développement, il est des
décisions difficiles à trancher et difficiles à prendre du même coup. La ligne
de conduite aux Plateaux, c’est la recherche de consensus, c’est-à-dire que
tout le monde est à l’aise avec la décision même si ce n’est pas leur préférée.
Il y a trois années, on s’est rendu compte qu’on avait de la difficulté à gérer
les dossiers comme on le voulait et les gens continuaient à arriver. On a donc décidé
de prendre une pause, de ne plus accueillir de nouveaux membres et de
réactualiser nos statuts. Des modifications ont d’ores et déjà été établies,
ainsi quand la Corporation vend un terrain à un particulier, elle impose
quelques clauses, comme celle de ne pas revendre au-dessus du prix d’achat (en
tenant compte des modifications et améliorations) afin éviter la spéculation
facile. »
Les feuilles des arbres prennent graduellement leurs couleurs arc-en-ciel, signe qui précède la venue des premiers flocons de neige. L’heure est à la poursuite du développement du nouveau secteur de ski de montagne hors-piste de Petit-Saguenay, Les Sommets du fjord. « Une équipe de 6 membres de la FQME vient bûcher dès la fin septembre pour une semaine » rapporte David Gaudreault, membre du comité local des Sommets du fjord. Avec l’aide de bénévoles gravitant autour du comité, l’objectif est d’ouvrir 2 nouvelles pistes, peut-être même 3, dépendamment du rythme auquel avancent les travaux. Au courant des 2 prochaines années, 7 nouvelles pistes devraient être aménagées pour permettre la descente de sports de glisse en autonomie.
Pour la saison qui nous
concerne, les efforts se concentrent en priorité sur l’ouverture d’une nouvelle
piste sur le versant du côté du village, qui sera visible derrière l’aréna.
« On va voir les skieurs dévaler la pente à partir du cœur du village, ça
va mettre de l’ambiance en plus de donner une belle visibilité au
projet! » ajoute David. Ensuite, la deuxième piste dans la mire de
l’équipe est située du côté du secteur Les légendes, de façon à consolider les
deux secteurs établis avant de se déplacer graduellement en direction de
l’Association de la rivière Petit-Saguenay d’ici 3 à 5 ans.
Avec les développements du côté du Mont-Édouard, le secteur privé du Ski Saguenay – Aventure & Lodge ainsi que l’initiative pour la réouverture du Sentier des Murailles, c’est tout le Bas-Saguenay qui s’active à la création d’un réseau multisport d’envergure. « Présentement, un projet comme ça, ça se voit juste en Gaspésie, souligne David Gaudreault. On vise à devenir le deuxième pôle d’attraction du ski haute-route au Québec. Les gens vont pouvoir venir passer une semaine sans jamais faire les mêmes pistes. On est dans la course! » conclut l’amateur de sport de glisse.
En plus de la quantité et de
la qualité habituellement exceptionnelles de neige, la proximité avec les
grands centres procure à la région un avantage indéniable. Les instances régionales
de tourisme et la MRC du-Fjord-du-Saguenay œuvrent en parallèle pour bonifier
l’offre de tourisme hivernal. Ce secteur en croissance fera assurément le
plaisir des visiteurs et de la population locale.
Des
foyers pour se réchauffer
En complément, le comité touristique de Petit-Saguenay a pris l’initiative de créer un espace de détente et de socialisation au pied des Sommets du Fjord. Des foyers extérieurs, pare-vents ainsi qu’une remise pour ranger le bois de chauffage seront installés à temps pour l’arrivée des premières neiges.
« Des bénévoles
prépareront le sol pour accueillir les installations au courant du mois
d’octobre » précise Jimmy Théberge, membre du CA du comité touristique
impliqué dans le projet. Ils récolteront également le bois mis à leur
disposition par des contributeurs privés sur certaines parcelles de terre.
La gestion du matériel et du
fonctionnement des foyers sera assurée de façon communautaire par les bénévoles
impliqués autour de l’organisation des Sommets du fjord. Les feux se feront en fonction,
principalement les fins de semaines, pour réchauffer les skieurs! Ces
initiatives ne pourraient pas voir le jour sans le travail et la volonté des
passionné·e·s de ski qui donnent temps et énergie pour la concrétisation de ces
projets.
Rivière-Éternité n’échappe pas à la vague qui submerge actuellement l’hébergement résidentiel au Québec.
Rivière-Éternité n’échappe pas à la vague qui submerge actuellement l’hébergement résidentiel au Québec. En effet, les habitations locatives pouvant accueillir des personnes désirant s’établir à court ou à long terme dans la municipalité sont devenues très rares.
La problématique du logement sévit depuis plusieurs années. Les nouvelles familles ou les travailleurs qui veulent vivre ici ont de plus en plus de difficultés à trouver un hébergement locatif. De plus, il est malheureux de constater que des logements sont disponibles dans les Habitations à loyer modique (HLM) mais étant donné les règles établies par les instances gouvernementales, seuls certains y ont accès. Les nouvelles familles qui choisissent de venir s’établir à Rivière-Éternité doivent donc acquérir une propriété.
De nombreuses personnes sont
à la recherche d’un hébergement, des travailleurs au Parc national du
Fjord-du-Saguenay, à la Via Ferrata ou toute autre entreprise du milieu. Le
manque de main-d’œuvre pour satisfaire les entreprises pourrait être comblé si seulement
il y avait de la place pour loger plus de travailleurs. C’est définitivement un
volet à développer.
Sur le territoire de Rivière-Éternité,
il y a quelques gîtes AirBnB qui accueillent des touristes ou des travailleurs
de passage à court ou à long terme. Il est bon de savoir que cette option existe
pour combler certaines demandes d’hébergement.
Le marché des propriétés à
vendre dans la municipalité connaît aussi une grande effervescence. Les maisons
se vendent très rapidement. Au cours des derniers mois, certaines propriétés
ont trouvé preneur en moins de 48 heures. Depuis la crise sanitaire, un
engouement pour le retour en campagne, loin des grands centres, se fait sentir.
La municipalité se réjouit de cette situation et désire en profiter pour
développer de nouveaux secteurs d’hébergement. Ainsi, des démarches sont
entamées pour allonger le réseau d’aqueduc pour les propriétés entre le 524 et
le 593 rue Principale. Les propriétaires de lots seront approchés dans ces
secteurs afin de pouvoir offrir de nouvelles places pour des constructions.
La municipalité a acquis le
terrain sur la rue Campagnard afin de faire revivre ce site laissé à l’abandon
depuis les dernières années. Le projet va bon train, et Julie Simard, urbaniste
MGP-MBA, est la responsable de la remise en opération des hébergements. À cette
étape, les architectes doivent faire l’évaluation de l’état actuel des
bâtiments. Ce nouveau pôle touristique aura besoin de nouveaux employés pour
assurer son fonctionnement. Sans doute encore de nouvelles personnes à loger
dans notre milieu ! Souvent ces personnes viennent s’établir temporairement et
tombent en amour avec le coin et son mode de vie et désirent s’y installer à
long terme.
La municipalité travaille
fort afin de répondre positivement aux personnes qui choisissent Rivière-Éternité
pour y vivre. Elle a à cœur le développement de son territoire. Plusieurs beaux
projets vont d’ailleurs se concrétiser dans les prochains mois.
Le rang double dans les années 50, alors que l'agriculture y était omniprésente.
En arrivant sur le rang double à Ferland-et-Boilleau, on passe par la ferme biologique du Jardin des Défricheurs, une construction en chanvre à côté d’une mini maison et d’une vieille étable en rénovation, une maison écologique en construction et un moulin à scie ronronnant au loin annonce que la tradition forestière du lieu est encore bien vivante. Mais c’est quand on prend le temps de s’arrêter que la sensation de débarquer dans une grande famille tissée serrée devient une évidence.
Joelle Lavallée, propriétaire depuis un an d’un terrain sur lequel elle construit, entre autres, un atelier en chanvre me sert de guide. C’est au Nunavut, où elle a passé 13 années, qu’elle entend pour la première parler de Ferland-et-Boilleau et de son rang double.
« La vieille étable que Joelle est en train de rénover au 1083, c’est celle qu’avait bâti avec son frère mon grand-père Lauréat Ouellet quand il est arrivé à la fin des années 30 sur le rang pour y élever sa famille. À cette époque, le ministère de la Colonisation donnait des terres à condition de défricher un certain nombre d’acres par année. Avec sa femme Brigitte Morin, ils ont eu 20 enfants ! » raconte Claude Ouellet qui projette de se bâtir un atelier habitable sur une parcelle de 5 acres de terre que Laval Gilbert lui a cédée.
Claude Ouellet et Laval Gilbert, deux amis d’enfance.
Laval Gilbert, c’est l’ami
d’enfance de Claude. Ils ont fait leur secondaire ensemble à Chicoutimi pour se
rendre compte un beau jour que leurs parents avaient été élevés sur le rang
double ! Sur un de ces deux lots, Laval
a fait construire une maison scandinave avec les épinettes qui viennent de la
terre de son grand-père, et depuis qu’il a décidé d’y passer sa retraite avec
sa femme Marianne, il a fait une rallonge en paille avec l’aide son cousin,
Pierre Gilbert du GREB. L’année dernière, il a donné une parcelle de 5 acres,
cette fois à sa fille Isabelle qui se construit actuellement une maison
écologique avec son conjoint Alex.
Et tout ce beau monde s’entraide, s’échange des outils, des savoirs, du temps. Laval Gilbert explique : « L’espace, le territoire, l’amour de la forêt, ce sont des valeurs qui nous tiennent à cœur et qui font que ça se passe bien. Bien sûr, il y a également l’esprit communautaire et l’entraide, présents au quotidien. »
Isabelle et Alex devant un des murs de paille de leur nouvelle construction.
Tout ceci se confirme quand
Alex et Isabelle m’énoncent leurs motivations à venir s’installer sur le rang. C’est
après 10 semaines passées ici, au début de la pandémie, que leur choix se fait.
« On voulait se bâtir une maison écologique, avec le moins d’impact
possible sur l’environnement. La maison exposée sud sud-est avec du solaire
passif, une masse thermique de béton en bas, des murs de paille à l’étage, un
toit végétal, une serre d’abondance qui devrait être installée l’an prochain,
tout cela c’est le résultat d’une année de discussions parfois très animées. Il
fallait regrouper nos deux visions. Pour Isabelle, il est important d’utiliser
des matériaux écologiques et pour moi, c’est la résilience et l’autonomie qui
guident mes choix » explique Alex, le regard fatigué mais fier de son été.
C’est beaucoup de travail mais ça développe un réel sentiment d’appartenance avec
ce bois qui vient des terres du grand-père à Isabelle, chaque morceau a une
histoire ! Le fait d’être bien dans cet environnement qui ressemble à nos
valeurs, ça fait qu’on a envie de s’impliquer dans la communauté aussi.
D’ailleurs, quand on a décidé de venir à Boilleau, je suis devenu pompier
volontaire. »
« En cherchant des arbres pour construire la maison, on est arrivé dans une talle de beaux pins rouges, et mon père m’a dit : je me rappelle j’étais avec mon père quand il les a plantés, j’avais 5 ans ! Maintenant quand je plante des arbres, je me dis que peut-être un jour je les couperai pour la maison de mon enfant ! poursuit Isabelle qui ne voit que des avantages à s’installer proche de ses parents. On peut partager, s’entraider, le bois on le fait à deux, on est en processus d’acheter une voiture électrique communautaire, le tracteur est à mon père, le moulin c’est à nous, la motoneige est à mon père, côté dépense c’est très avantageux. »
Joelle Lavallée, bien heureuse de sa récolte au Jardin des Défricheurs. Crédit photo : Tommy Bureau
Sur le retour, Joelle m’explique qu’au Jardin des Défricheurs, il y avait une quinzaine de planches de libres. Du coup, la propriétaire Joëlle Gagnon les a mises à la disposition de ceux qui le désiraient. « C’est devenu le jardin communautaire du rang double ! »
Le rang double en 2020…
Le même dans les années 50 !
Mais au fait, pourquoi le
rang double ?
Celui que l’on nomme le rang
double, c’est en fait le rang Edmour Lavoie. À Ferland-et-Boilleau, il y a deux
rangs, le rang double et le rang simple. Le rang double, c’est parce qu’il y a
des terres de chaque côté du rang, tout simplement, alors que le long du rang
simple, il y a la rivière HaHa!, il y a donc des terres seulement d’un côté.
Printemps 2021, suite à l’annonce de la reprise des activités extérieures en petit groupe, la Maison des jeunes du Bas-Saguenay(MDJ) effectue un sondage auprès de ses jeunes afin de connaître leurs besoins, leur désir de fréquenter l’organisme durant l’été et cela, de quelle façon.
Cela faisait plus de 10 ans
que les services subissaient une coupure estivale due au faible financement. Un
rehaussement des programmes ainsi qu’une possibilité d’engager deux étudiants ont
permis cette nouvelle ouverture estivale.
La MDJ avait maintenu ses
services en ligne durant les confinements et l’équipe se rendait bien compte du
grand besoin de briser l’isolement et de socialiser des jeunes. Le conseil
d’administration s’est penché sur la situation et a donné le feu vert pour un
été pilote animé à la MDJ. L’organisme étant des mieux placés pour organiser
des activités structurées et ponctuelles respectant les consignes sanitaires
pour les adolescents.
Au printemps, la MDJ aménage son terrain pour le rendre plus accueillant et profiter du grand air en encourageant l’animation extérieure avec l’installation d’un spacieux gazébo, de chaises hamacs et de balançoires. Également, la MDJ se procure des jeux et des équipements sportifs.
Saviez-vous que la MDJ travaille
avant tout en prévention? Dès le début de l’été, l’équipe s’implique dans
l’organisation d’un colloque régional du RMJQ02 pour outiller les jeunes à
prendre soin de leur santé mentale : ADOS de pandémie (projet Alterados).
En virtuel ou en présentiel, les jeunes s’expriment, sont consultés et leur
opinion face à la pandémie est écoutée. Ils y vivent plusieurs ateliers: ateliers
Flash Light sur la santé mentale (outils pour y voir plus clair), du yoga,
atelier stress et anxiété avec Parents d’Ados du Fjord, une marche en pleine
conscience sur le ici et maintenant, une conférence de Sébastien Haché, un
spectacle d’humour d’Alex Roy, un spectacle de magie Vincent C et bien plus…
Par la suite, l’été étant fait pour profiter de l’extérieur, chaque semaine, une sortie est organisée en utilisant le transport collectif (FQIS). L’AGIR vient appuyer cette initiative en finançant une activité jeunesse par municipalité et s’allie des partenaires qui offrent des commandites et permettent une merveilleuse expérience à la couleur du Bas-Saguenay : Fjord en kayak qui a fait pagayer les jeunes au soleil couchant dans L’Anse-Saint-Jean, OrganisAction qui leur a fait découvrir le fjord en zodiac et s’exclamer devant les baleines à partir de l’Anse-Saint-Étienne, Le Perchoir, qui a leur a permis de s’amuser en planche à pagaie sur le lac Otis et le Parc national du Fjord-du-Saguenay où les jeunes marcheront et vivront le challenge de la Via Ferrata en octobre.
À ces belles sorties de plein air se sont ajoutés les repas toujours appréciés à la MDJ, les feux, les jeux, la baignade, la plage, l’Octopus, le zoo de St-Félicien, Beauce Carnaval, le musée de la Pulperie, le cinéma et les bricolages créatifs…Vraiment un été très dynamique!
Par ailleurs, il est très
essentiel de souligner la contribution des jeunes à l’industrie touristiques du
Bas-Saguenay. Plusieurs jeunes travaillent à partir de 12-13 ans, cela les
tient déjà très occupés et engagés, tout comme l’école. D’où l’importance pour
la MDJ d’axer sur le ludique, le plein air, la détente et le plaisir d’être
entre amis pour cette première saison estivale. Ainsi, c’est vraiment dans la
diversité des offres et des horaires que les jeunes ont pu profiter des
activités à la MDJ.
Cette belle saison s’est terminée par le volet implication dans la communauté. D’abord, le Grand dialogue est venu consulter les jeunes sur leur vision du changement dans les municipalités. Ensuite, la MDJ a participé à l’événement WOW de L’AGIR en préparant les délicieux hotdogs avec amour. Les jeunes et les bénévoles ont également nettoyé le terrain suite aux deux spectacles du Festival de la Grande Ourse.
En terminant, c’est important de nommer que ce milieu de vie pour les jeunes est présent grâce à vos appuis, vos dons, vos subventions ou vos canettes déposées à l’épicerie. Cette confiance en la MDJ, crée des sourires, beaucoup de plaisir, de rire, de nouvelles amitiés, des confidences, un sentiment d’appartenance, et cela entre les jeunes des différentes municipalités.
La MDJ a repris son horaire
régulier du lundi au vendredi et un transport collectif est toujours disponible
selon la demande des milieux, il peut se déplacer à Petit-Saguenay (aréna),
Rivière-Éternité (église) et même à L’Anse-Saint-Jean (Petite École). N’hésitez
pas à contacter la coordonnatrice ou les animatrices pour plus d’infos sur les
horaires et services : 418 272-2294 FB : Maison des jeunes du
Bas-Saguenay ou Maison DesJeunes du Bas-Sag.
Si vous commencez votre lecture par cet édito, je vous invite tout de suite et avant même d’aller plus loin à vous questionner sur ce que représente pour vous votre logement. Est-ce l’héritage familial, la maison de toujours, la demeure de vos rêves, l’appartement au petit loyer, le logis près du travail ou encore un domicile de passage? Il existe une multitude de raisons, mais aussi de façons d’occuper un foyer et d’en faire son chez-soi. Au-delà de ce toit, le lieu que l’on habite, c’est la vie qui nous entoure, les amis, les voisins, l’école, le dépanneur, le garage mais aussi son environnement avec la forêt, l’eau, le fjord… et puis au Bas Saguenay des kilomètres de route qui nous éloignent des services, mais qui nous procurent la grosse paix!
Pour les touristes d’ici et
d’ailleurs, ces maisons, cabanes et bicoques apparaissent souvent comme de
véritables petits havres de paix. Pour les gens d’ici et d’ailleurs, elles ont un
potentiel locatif non négligeable et nous permettent d’échanger un peu de temps
dans ces lieux contre quelques revenus. Ce sont parfois ces mêmes revenus qui nous
permettent de demeurer dans la région. Inventifs et créatifs, les résidents du
Bas-Saguenay redoublent d’idées pour se créer un emploi dans cette contrée
rêvée des Montréalais. Pourtant, notre réalité est souvent plus crue : exode
rural, dépeuplement, diminution des services, des écoles menacent de fermer, spéculation
immobilière, les logements deviennent inaccessibles pour les travailleurs et
les gens qui souhaitent s’établir ici et on assiste à une surenchère des
loyers.
Nos communautés se démènent
pour attirer de nouveaux résidents, des jeunes familles, mais comment les
loger? Paradoxalement de nombreux logements, disponibles sur le marché
touristique, sont vides de grandes parties de l’année. Évidemment le tourisme
est un revenu important de la région et il ne faudrait pas s’en priver,
toutefois, ce ne sont pas les touristes qui peuplent nos écoles, qui aident nos
aînés et qui nous aident à conserver des services de proximité.
À travers ce numéro, nous
avons eu envie de questionner ces enjeux, mais surtout d’explorer quelques-unes
des pistes de solutions entreprises par les résidents du Bas-Saguenay, par des
collectivités ou même par les municipalités. Comment faire face aux nouveaux
défis qui s’imposent à nous et surtout quel milieu de vie souhaitons-nous
mettre en place pour nos familles. Habiter un lieu, c’est bien plus qu’y dormir
et y manger, c’est échanger, s’entraider, s’investir, s’épanouir, s’impliquer,
s’attacher, se sentir bien et avoir envie que les autres autour se sentent bien
aussi.