L’hiver, à l’école St-Gabriel, les jeunes s’amusent beaucoup. Certains construisent des forts dans la neige à l’aide de pelles. Lorsque la neige est collante, nous pouvons faire d’énormes bonhommes de neige. Ensuite, l’activité la plus populaire en ce moment est la glissade. Les élèves de l’école se glissent grâce à des Crazy carpet de différentes couleurs. Nous nous glissons dans un coin de la cour d’école où il y a des petites pentes. Finalement, quand notre anneau sera gelé, les étudiants pourront patiner avec joie. Vive l’hiver !
Tahlia et Alycia
Les activités hivernales
À l’école Saint- Gabriel, nous
faisons beaucoup d’activités sportives. Nous sommes chanceux de pouvoir faire
du ski de fond. Chaque hiver, tous les élèves de l’école se rendent au Bec-Scie
pour skier sur les grandes pistes. Nous louons leurs équipements et c’est
amusant pour tout le monde, car les pistes sont bien entretenues.
Aussi, un autre sport que nous
pratiquons est la raquette. Nous en faisons dans les sentiers derrière notre
cour de récréation. Les raquettes sont fournies par l’école. Nous y allons
quand il y a beaucoup de neige. Nous pouvons sortir pendant les cours pour
profiter de cette activité hivernale. Quand il fait beau, il y a plusieurs
classes qui sortent en même temps et c’est très plaisant.
Nous adorons l’hiver, c’est
notre saison préférée.
On accède au Sentier des Vallées au km 49 sur la route 170, dans le secteur de Saint-Antoine. Crédits photos : Manon Landry.
La situation actuelle nous amène à nous réinventer et à trouver des activités que l’on a encore le loisir de pratiquer librement.
Nous avons tous besoin de nous changer les idées et de profiter de l’air pur que la nature nous offre. Cela tombe bien, car Petit-Saguenay a quelques suggestions de sentiers pédestres à vous proposer pour cette saison hivernale.
Cette année, la
municipalité a mis à niveau quatre sentiers pour mieux recevoir les randonneurs
de partout au Québec ! C’est la firme Eurêko, un organisme environnemental de
Saguenay, qui a été chargée des travaux. Ceux-ci incluaient des coupes d’éclaircissement,
la réfection de la surface des sentiers, l’ajout de garde-corps et la
signalisation. Les travaux sont pour la plupart complétés et la signalisation
se fera au printemps 2021. Le tout a été réalisé grâce au soutien de la MRC du
Fjord-du-Saguenay et du ministère de l’Éducation, des Loisirs et des Sports.
Sentier de la Savane à Pierrot
Point de vue du sentier de la Savanne à Pierrot
L’entrée de ce sentier se fait non loin de la fenêtre sur le fjord sur la rue du quai. Après une marche de 3 km et une ascension de 250 mètres, vous accédez à un belvédère équipé d’une table à pique-nique offrant un point de vue magnifique sur le fjord du Saguenay et un majestueux marécage.
Sentier du lac Alphée
Le sentier du Lac Alphée
Ce sentier est accessible à partir du stationnement du chemin Gagnon, qui est situé juste en face du Lac Alphée sur le chemin Saint-Étienne. Lors d’une boucle de 2 km, vous accèderez à un superbe point de vue sur le lac Alphée et sur l’arrière-pays.
Le Sentier des Vallées
On accède au Sentier des Vallées au km 49 sur la route 170, dans le secteur de Saint-Antoine. Tout au long de ce parcours, vous découvrirez quatre belvédères avec points de vue à couper le souffle sur les vallées de la rivière du Portage et de la rivière Petit-Saguenay. On surplombe les terres agricoles de Saint-Antoine et on voit au loin le village ainsi que le Saguenay. Quatre panneaux d’interprétation historique ont été installés tout au long de votre parcours. Le sentier a une distance de 2 km et environ 100m de dénivelé.
Belvédère du Cap à Don Jean
Les marcheurs les plus aguerris pourront se rendre au Cap à Don Jean dès le printemps 2021, lorsque les travaux sur ce sentier seront terminés. Avec une ascension de 450 m et un aller-retour de 10 km, le sentier du cap à Don Jean vous fera découvrir l’arrière-pays de notre beau village avec points de vue panoramiques incroyables sur le fjord, la vallée de la rivière Cabanage et du lac des feuilles. L’entrée se fait par Le Monde enchanté de mon enfance sur la rue du Quai.
Le centre de ski du mont Édouard magnifiquement posé par Sylvie Lavoie.
Au milieu des années 80, la municipalité de L’Anse-Saint-Jean vivait des moments difficiles au niveau économique. Par le passé, l’agriculture et l’industrie de la forêt procuraient la majorité des emplois aux travailleurs; mais dans les années 80, ces industries ont connu un déclin important et ne suffisaient plus à fournir du travail à la population locale. Les ventes de maisons étaient difficiles, plus de 60 étaient à vendre à bas prix sans pour autant trouver preneur, les jeunes se résignaient à quitter leur village pour se trouver un emploi à l’extérieur et s’établir en ville.
La population et les gens d’affaires se
préoccupaient de la situation économique; une démarche de réflexion a donc été
amorcée. Lors de cette réflexion citoyenne, l’idée de mettre à profit les
montagnes qui entourent le village a permis d’identifier le projet du Centre de
ski Le Mont-Édouard. Cette idée permettra d’assurer le développement d’une
nouvelle industrie au sein du village, le tourisme.
Afin de concrétiser le projet, un
organisme à but non lucratif est mis sur pied avec le concours de la
municipalité. Son mandat était de piloter la réalisation de ce projet d’une
station de ski que l’on voyait déjà comme le moteur économique de tout le
Bas-Saguenay. Après quatre ans, la volonté et la ténacité du milieu auront eu
gain de cause. La mobilisation citoyenne et le dynamisme des membres de cette
organisation auront permis de réaliser une levée de fonds de 1,5M$ et de produire
les études nécessaires en réponse aux multiples questions des politiciens et fonctionnaires.
Le financement des gouvernements fédéral et provincial a été confirmé en février
1990 et la station accueillait ses premiers skieurs en décembre de la même année.
Les débuts du Mont-Édouard n’ont pas été
faciles, la décennie des années 90 a été marquée par une crise économique sans
précédent sur le plan national. Le Mont-Édouard a connu des difficultés
financières majeures, une coopérative de solidarité a dû prendre la relève pour
par la suite être récupérée par la municipalité en 2006. Depuis ce temps, le
Mont-Édouard a connu une croissance majeure grâce à des investissements
importants et le développement d’un village alpin au pied de la montagne. L’Anse-Saint-Jean
est ainsi devenue une destination de notoriété nationale.
Au cours des cinq dernières années, le
Mont-Édouard a accueilli des compétitions majeures de niveaux national et
international en plus de recevoir des équipes d’élite provenant tant du Québec,
que de l’Ontario et même des États-Unis; elles viennent s’y entrainer à chaque
année. De nouveaux produits de glisse ont été développés, le ski de haute route
et le ski de fond. Le secteur de la haute route connait une croissance
phénoménale avec une clientèle qui provient dans une proportion de 80% de
l’extérieur de la région.
J’ai été président de ce beau projet
lors de sa création et mon poste de maire m’a permis d’en être à nouveau le
président depuis sept ans. Je suis très fier d’avoir été impliqué dans cette
audacieuse aventure du début de sa création à aujourd’hui. Mon but ultime est
d’apporter ma contribution à la municipalité et surtout aux citoyens pour qui
j’ai beaucoup d’estime et d’admiration. Avec le Mont-Édouard, j’ai pu
contribuer à la création de ce moteur économique qui permet à L’Anse-Saint-Jean
de se développer et de rayonner sur le plan national et international.
Amélie Ferrant travaille depuis son arrivée au Bas-Saguenay dans le milieu communautaire.
Résidente de Saint-Félix d’Otis depuis une dizaine d’années, suite à un coup de cœur pour un chalet au bord du lac Otis, Amélie Ferrant travaille depuis son arrivée au Bas-Saguenay dans le milieu communautaire. Quatre années de gestion pour le même organisme auront eu raison de ses motivations. « Je n’apportais plus je crois ce dont l’organisme avait besoin, je commençais à cheminer, à regarder les offres d’emploi. »
Il n’est pas facile de quitter un poste à responsabilité, il y a toujours quelque chose d’important à faire, le bilan de l’année, le recrutement des bénévoles, fait quesi on veut, on ne part jamais !
« J’ai tout de même donné ma démission avec quelques mois de préavis. Et c’est là que j’ai contacté Accès Travail Femmes (ATF), qui dessert la communauté du Saguenay et du Bas-Saguenay. » Il faut ici noter que l’organisme propose également des formations pour les hommes avec son volet Accès Travail Emploi.
Dès lors, les événements
s’enchainent : rencontre avec une conseillère en emploi pour se situer au
niveau professionnel et définir ses attentes. Deux pistes de solutions sont
proposées : « On y va avec celle qui nous convient le mieux, un
parcours de 12 rencontres individuelles, une par semaine, ou l’option que j’ai
choisie de 6 semaines à temps plein avec des ateliers, des rencontres
individuelles et de groupe, où l’on définit nos compétences spécifiques, nos
compétences transférables, celles que l’on développe dans un métier mais qui
s’appliquent dans un autre. »
« En reprenant tout ce
que l’on a fait depuis les premières expériences de travail, on s’aperçoit qu’à
travers notre bénévolat, notre vie personnelle, on a développé énormément de
compétences », poursuit Amélie Ferrant, mère de cinq enfants, qui a sans
aucun doute développé ici quelques aptitudes en logistique.
« L’estime de soi, la
gestion du stress en emploi, j’ai appelé ça ma thérapie professionnelle. Accès Travail Femme, c’est un organisme qui
t’accompagne dans une réorientation professionnelle, mais en même temps tu
chemines sur toi, sur tes compétences, tu ouvres des portes que tu n’aurais jamais
imaginé ouvrir un jour. Il y a des personnes dans le groupe qui ont vraiment
changé de carrière, mais moi, à chaque fois, tout me ramenait vers le
communautaire. »
Après 6 semaines, l’équipe d’A.T.F.
est toujours disponible pour de l’accompagnement, des candidatures spontanées, la
rédaction de C.V., d’une lettre de présentation, ou même des simulations
d’entrevue. « Ils te guident, mais à aucun moment ils te dirigent ! C’est une formation qui s’adapte au
parcours de chacun, tu n’es pas juste un professionnel, tu es un individu qui a
un emploi ! Ça fait toute une différence ! »
Celle qui a pu obtenir une
allocation de Service Québec pour suivre cette formation, estime qu’il s’agit
là d’un grand privilège, de prendre ce temps d’arrêt, pour définir qui l’on
est, ce que l’on veut, d’où l’on vient et vers où on veut aller !
« Tous ces
ateliers m’ont permis d’être plus solide comme individu, conclut Amélie qui est
maintenant coordonnatrice à l’administration et aux ressources humaines au
Centre de Prévention du Suicide Saguenay-Lac-Saint-Jean, une équipe d’une
trentaine d’employés et une quarantaine de bénévoles. Les défis sont
immenses, on ouvre une vingtaine de postes d’intervenants de première ligne
pour un nouveau service d’intervention numérique, l’équipe est beaucoup plus
importante, et je sens que j’y suis à ma place. »
Le conseil étudiant est composé de Naomie Gagné, Naomie Fortin (la présidente), Jolianne Corriveau et Yoanna Pelletier.
Activités extérieures
En plein cœur de Rivière-Éternité se trouve l’école Marie-Médiatrice. Entourée de montagnes et de forêts, elle offre ainsi plusieurs activités extérieures. Depuis la pandémie, nous avons fait de la pêche, des rallyes, des excursions, du land art, des arcs et du plan de travail dans le parc ou dans la cour de l’école. D’ici la fin de l’année, nous espérons faire beaucoup d’activités extraordinaires. Nous remercions tous les professeurs de nous faire vivre de belles activités géniales.
Isaac Faucher (6e année) et Yoana Pelletier (4e année)
Notre nouvelle bibliothèque
L’an
dernier, nous avons aménagé notre nouvelle bibliothèque. Madame la
bibliothécaire a transféré tous les livres au deuxième étage. Madame
Marie-Chantal en a fait la décoration. Nous aimons aller dans ce local car il y
a des lumières tamisées, des bateaux de lecture, un feu de camp et des
fauteuils confortables. C’est un endroit où l’on se sent vraiment bien!
Alexis Tremblay et Samuel Gagné (6e année)
Moozoom … C’est quoi?
Moozoom
est une plateforme interactive où on apprend à régler nos émotions et nos
conflits avec les élèves, ou encore comprendre comment faire s’il arrive une
situation de conflit. C’est madame Marie Pier Lamontagne, éducatrice spécialisée
(TES) dans notre école, qui anime ces activités.
Comment
ça se déroule ?
On
écoute des petites vidéos et on doit définir la fin de l’histoire. Il y a
plusieurs choix. On a parlé de l’intimidation, la peur de l’échec, s’excuser, engager
la conversation et coopérer. Il apparaît dans chaque petite capsule un choix de
réponses et on répond à un quiz, ou on peut se confier dans un journal sur
notre iPad. Parfois on fait des petits sketchs. Cela permet de mieux coopérer
entre nous les élèves.
Thomas Gobeil-Desbiens (6e année) et Naomie Gagné (5e année)
Le conseil étudiant
Dans
notre école, on a un conseil d’étudiants pour organiser des activités. Les
élèves se rencontrent pour planifier des projets pour l’école. Le conseil a
organisé une magnifique fête d’Halloween : maison hantée, film et défilé, jeux
étaient à l’honneur.
Dylan Lavoie et Jolianne Corriveau (5e année)
Le jeu d’échecs
Naomie Gagné (5e année) et Naomie Fortin (6e année)
Les
jeunes de 6e, 5e et 4e années de l’école
Marie-Médiatrice ont la chance de s’initier au jeu d’échecs en compagnie de M.
Simon Villeneuve, l’orthopédagogue. Ayant eu la chance de participer, j’ai pu
constater que monsieur Simon est un excellent professeur d’échecs. En jouant,
j’ai appris à créer des liens, à améliorer mes stratégies et ma logique.
Par Kelly-Ann Lavoie, Sophie Lavoie, Méane Metcalf et Cloé Owens
À Fréchette nous avons pu commencer à vivre des activités parascolaires et nous espérons continuer pour les deux ans à venir. Diverses activités nous étaient proposées.
Nous avons pu nous inscrire à la survie.
Premièrement, nous avons allumé des feux puis nous avons fait des abris. Les
abris étaient faits de branches et d’autres choses que nous trouvions sur le
sol.
Deuxièmement, plusieurs d’entre nous sommes allés à cheval. Nous devions d’abord promener des chiens, aller voir des poneys pour les promener eux aussi et finalement nous sommes montés à cheval.
Une agréable expédition fut le kayak. Nous étions
deux par tandem. Nous sommes partis deux heures sur le fjord.
De plus, l’une des
activités proposées était le volley-ball. Notre entraineur est monsieur Yan l.
Pruneau. Il y a une équipe de secondaire 1-2-3 et une autre de secondaire
4-5.
En arts visuels nous
étions en activité dirigée par Stéphanie Godin, notre enseignante en arts. Nous
avons fait des petites décorations d’Halloween sur des petits bouts de bois.
Puis nous avons fait un collage de maison en pain d’épice.
Une autre des activités
était le combat d’épée en mousse. Cette activité était animée par les sportifs
de rue, Francis et Hugo.
En espérant que toutes ces activités reprennent bientôt car, cela nous a fait vivre un beau début d’année.
Marie-Andrée Gill a un don, un don de parole qui va direct au cœur et sait si bien transmettre son amour et son respect du Nitassinan*. D’ailleurs, tous les projets auxquels participe la poète obtiennent des prix prestigieux. Le balado qu’elle anime sur Radio-Canada, Laissez-nous raconter : L’histoire crochie, dans lequel les 11 Premières Nations du Québec reprennent le bâton de parole pour décoloniser l’histoire, a remporté le prix du meilleur balado francophone à la 3e édition du Paris Podcast Festival. Le très émouvant documentaire Je m’appelle humain de Kim O’Bomsawin, dans lequel Marie-Andrée accompagne son amie Joséphine Bacon sur le Mushuau-Nipi, collectionne les prix. Et voilà que fin novembre, le Conseil des Arts et des Lettres du Québec (CALQ) décerne le prix de l’artiste de l’année pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean à la jeune femme native de Mashteuiatsh, et résidente de L’Anse-Saint-Jean depuis une dizaine d’années.
« Je ne demande rien à personne et je me fais inviter à des projets vraiment incroyables, je visite des lieux comme le Mishuau-Nipi au nord de Schefferville, le long de la rivière Georges ! Je me trouve tellement chanceuse ! » rapporte celle qui est bien consciente qu’il y a un intérêt, au Québec comme ailleurs, pour les Premières Nations.
Aujourd’hui, c’est à son tour de prendre le bâton de parole: « Quand on voit le territoire comme une ressource, qu’on parle d’une région ressource, c’est une notion qui matérialise tellement le vivant, mais le territoire mérite mieux que ça. Si on le brise, on se brise nous autres avec, parce que l’on est fait de la même matière : on est des lacs, des rivières, des forêts. Avant j’avais tendance à dramatiser en me disant, on est en train de toute détruire, mais là je me demande plutôt qu’est-ce que je peux faire de beau ! C’est dur, il faut arriver à gérer la colère, travailler sur soi et transformer nos pensées apocalyptiques, parce qu’elles nous éloignent de la beauté de la vie, du principe du vivant. »
Le
territoire, c’est une identité!
« L’écologie et tous ces concepts-là, pour les Premiers Peuples, avant ça n’existait pas, cela faisait partie de la vie de tous les jours, de la spiritualité. Le caribou, il faut le respecter si on veut être sûr d’en tuer encore, tout cet équilibre-là naturel était vraiment spirituel. Aujourd’hui, il est devenu scientifique, mais je trouve que la science et la spiritualité, finalement c’est la même chose ! Ce sont les mêmes concepts que l’on explique différemment ! »
Une des plus vieilles légendes chez les Innus, celle de Mesh, raconte l’histoire d’un poisson qui commence à avoir des pattes, sort de l’eau et se met finalement à grimper aux arbres ! Impressionnant tout de même, la théorie de l’évolution racontée il y a 15 000 ans. « C’est drôle comme les traditions orales, on ne les prend pas au sérieux ! Ce n’est pas scientifique, il n’y a pas de papier alors ça invalide des traditions qui sont pourtant là depuis très longtemps et qui devraient être respectées », s’étonne Marie-Andrée. « Le territoire et les autochtones, c’est indissociable, c’est la même entité ! Si on est pour la protection de l’environnement, il faut travailler ensemble. Tout le savoir par rapport à la nature, ce sont les autochtones du monde entier qui l’ont moins perdu. Le fait d’être en harmonie avec le vivant, ce sont tous les savoirs des peuples ancestraux, et on est en train de les perdre ! »
Joséphine Bacon et Marie-Andrée Gill au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. Créditphoto : Maryse Boyce.
Celle qui nous rappelle que les
générations avant nous, elles en ont eu du temps pour comprendre la patente,
s’exclame : « Quand tu dors dans une tente, tu sens bien plus les
effets de la pleine lune sur toi ! D’ailleurs au campement du Mushuau-Nipi,
pendant que l’on tournait le documentaire là-bas, j’ai fait un rêve étrange. Le
soir avant que le caribou soit tué, on est allées se coucher, moi et Joséphine.
Je me lève dans la nuit, on parle un peu, et juste quand suis sur le bord de me
rendormir, j’entends des sabots qui tournent autour de la tente, mais je ne me
lève pas. Le lendemain, la première chose que Joséphine me dit, j’ai entendu des sabots cette nuit! On est allées voir tout de suite autour de la
tente mais aucune trace ! C’est comme si on était allées visiter le même rêve !
Papakassiku* est venu nous voir. En plus, toute la semaine on ne parlait
que de ça, c’est comme un cadeau, comme s’il nous disait vous êtes à votre
place ! »
Les projets ne manquent pas du côté de Marie-Andrée Gill qui écrit pour un collectif autochtone, des revues, mais aussi pour son doctorat qu’elle poursuit à l’UQAC. Laissez-nous raconter : L’histoire crochie va être traduit en anglais, des professeurs d’histoire le rajoutent à leur programme, une suite est prévue en partenariat avec le Planétarium de Montréal. En effet, Karine Lanoie Brien la réalisatrice du balado, est en train de faire des recherches sur la vision de l’astronomie chez les Premiers Peuples, leur façon ancestrale de voir les étoiles. Et là encore, elle veut y représenter les 11 Premières Nations du Québec. « Pour l’instant, elle défriche et ensuite on écrira ensemble le scénario du film. Un documentaire qui explique la naissance du monde, la cosmologie, notre place dans l’univers … la grosse affaire ! » conclut joyeusement Marie-Andrée Gill.
*Nitassinan : notre territoire en innu-aimun
*Papakassiku : le maître des caribous en innu-aimun
Le Centre communautaire récupère sa grande salle au sous-sol et rend accessible aux personnes à mobilité réduite tous ses locaux
C’est grâce à un investissement de plus de 500 000$ que la municipalité de L‘Anse-Saint-Jean a pu entreprendre ces rénovations d’envergure. Ainsi, elle récupère la grande salle au sous-sol qui servait à divers rassemblements de plus de 200 personnes avant l‘installation de la Maison familiale rurale du Fjord (M.F.R.).
Enfin, elle rend accessible aux personnes à mobilité réduite tous les locaux du centre communautaire, qu‘ils soient au sous-sol ou à l‘étage. Deux salles de bain seront aussi aménagées pour cette catégorie de clientèle. Dans la grande salle, une cuisine est en construction afin d‘offrir le service de repas lors de réceptions. Ces rénovations et améliorations du centre communautaire sont, en majeure partie, subventionnées par le programme de Réfection et construction des infrastructures municipales (RECIM) du Gouvernement du Québec pour un montant de 369 000$.
Le contrat a été attribué à la firme Unibec, le plus bas soumissionnaire conforme, pour un montant de 504 800$. Cette entreprise basée à Dolbeau-Mistassini, est donc une entreprise de la région. C‘est d‘ailleurs cette dernière qui a réalisé les travaux de rénovation de l‘école Du Vallon de Petit-Saguenay.
Ainsi, elle récupère la grande salle au sous-sol qui servait à divers rassemblements de plus de 200 personnes avant l‘installation de la Maison familiale rurale du Fjord (M.F.R.).
Il est bon de rappeler qu‘en
2012, la municipalité de L‘Anse-Saint-Jean a autorisé l‘installation de la
M.F.R. dans le Centre communautaire La Petite École, afin d‘offrir à des jeunes,
provenant de l‘ensemble de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean et d‘autres
régions du Québec, de venir étudier dans des programmes spécialisés selon une
formule d‘alternance travail-étude. Lorsque ces étudiants choisissaient de venir
à la M.F.R., ils étaient en résidence, et c‘est la raison pour laquelle des
chambres avaient été aménagées dans l‘ancien gymnase du collège, qui servait alors
de salle de rassemblement pour des réceptions, des projections de film ou des
spectacles, depuis l‘ouverture du centre communautaire en 2007.
Vers 2015-2016, les commissions scolaires voulaient de plus en plus retenir leur clientèle pour avoir accès à leur subvention du ministère de l‘Éducation. Cette subvention est majoritairement basée sur le nombre d‘étudiants. Il était donc de plus en plus difficile d‘attirer des étudiants à la M.F.R. Devant cette diminution constante d‘étudiants, force était d‘admettre, de concert avec la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, qu‘il était préférable de fermer la M.F.R.
Alain Gauthier, surintendant du chantier discute avec Maude Viens, coordonnatrice de La Petite École et Anicet Gagné, conseiller municipal responsable du dossier.
Cette rénovation d‘envergure, redonne donc à ce centre sa vocation première, celle d‘offrir au village un lieu de rassemblement, de le rendre accessible aux personnes à mobilité réduite et, en même temps, de continuer d‘accueillir des organismes à vocation communautaire comme les Chevaliers de Colomb, le Cercle des fermières, l‘École de musique, la garderie, le local pour les familles, etc., tout en permettant à de jeunes entreprises en démarrage comme Minuit moins cinq, de prendre leur envol.
Les travaux déjà bien amorcés depuis octobre dernier devraient se poursuivre jusqu‘à la fin du mois de janvier 2021.
D‘ici l‘ouverture officielle, la coopérative Minuit moins cinq continue d‘avoir accès à son atelier, relocalisé temporairement dans la Rassembleuse et les fermières, quant à elles, peuvent aller monter les métiers ou tisser tout en respectant les mesures sanitaires et tout en ne dépassant pas le nombre de quatre personnes à la fois.
Le Trait d’Union vous invite à un voyage dans le temps, ponctué de rencontres et d’évènements. Mais d’abord 1000 excuses auprès de tous ceux qui n’ont pas été contactés, la mission était immense … une montagne! Et si un point commun existe dans cette odyssée, c’est bien que le mont Édouard propose toujours une place de choix aux rêves des pionniers à l’esprit aventurier, peu importe l’époque.
La crise économique des années 80
Dans les années 80, la région du Bas-Saguenay connait une crise économique retentissante avec des taux d’intérêts à 20 % et un chômage frôlant les 40 %. Non seulement l’exploitation forestière se mécanise, mais elle déménage de secteur. À L’Anse-Saint-Jean, la jeune chambre, comme on la nommait à l’époque, organise un sommet économique où la population est conviée à partager ses idées. Une main se lève, Claude Boudreault prend la parole : « On a de belles montagnes ici, on a qu’à faire un centre de ski ! » Maire de L’Anse-Saint-Jean depuis 1980, Laurent Yves Simard se rappelle que la municipalité n’a pas embarqué immédiatement dans le projet : « On était même surpris au début car il y avait un moratoire sur le ski au Québec. Le gouvernement essayait de se défaire du Mont Saint Anne et ne voulait surtout plus développer de nouveaux centres de ski. » Les gens du milieu restent cependant très motivés par le dossier. Avec Denis La France en tête, (père de Philôme La France, l’actuel maire de Petit-Saguenay) s’organise à l’école Fréchette une nouvelle rencontre de citoyens. Tout le Bas-Saguenay est convié. « Il fallait faire une étude de préfaisabilité, on avait besoin de fonds. Un appel est lancé aux personnes sur place, une centaine de citoyens. Le jour même, 33 000 $ sont recueillis ! C’était renversant ! Uniquement sur une idée, aller chercher l’adhésion de tout ce monde. En même temps, c’était une époque où les gens n’étaient pas très riches, précise Lucien Martel, qui se rappelle comme si c’était hier de ce mois de novembre 1986, quand tout a commencé. » L’étude de préfaisabilité est confiée à Robert Leblond, qui identifie trois montagnes à L’Anse-Saint-Jean : le mont Édouard, une autre dans le même secteur, et enfin une dernière dans Périgny. Le choix s’est arrêté sur le mont Édouard pour l’ensemble de son potentiel, ses dénivelés, son versant nord et l’abondance de sa neige, mais aussi son accessibilité.
Le milieu rassemble 1,5 million.
En mars 1988, les études de faisabilités sont formelles, la création d’un centre de ski au mont Édouard profiterait de l’engouement croissant pour ce sport. Dans l’enveloppe budgétaire reliée à la zone périphérique du Parc du Saguenay, 10 M$ sont encore disponibles. Pour pouvoir profiter de l’appui financier des gouvernements, le milieu doit récolter 1,5 M$. « Et c’est à partir de là que tout le monde a embarqué sérieusement. Dans la semaine qui a suivi s’est créée la Corporation du mont Édouard, présidée par Lucien Martel. Il fallait 1,5 M$ et on l’a ramassé ! » raconte Gilles Roy, alors conseiller municipal à Petit-Saguenay et attaché politique au bureau du député provincial.
Le C.A. de la Corporation du mont Édouard en 1989, avec Rémi Gagné tout à gauche, Lucien Martel au centre et Gilles Roy tout à droite.
Ce dernier se souvient que des personnes âgées donnaient des 3, 4, 5000 $, des gens vidaient leurs économies ! Ville de La Baie a versé 45 000 $, Chicoutimi 100 000 $ ! La municipalité de Petit-Saguenay a contribué de 35 000 $ ! « Ce qui a été extraordinaire dans ce dossier-là, c’est la complicité et la solidarité régionale pour le développement économique. Le fait que les gens mettent dans la caisse, qu’ensemble ils appuient le projet, tout ce mouvement, ça a créé une force incroyable. Et s’il y a une chose que tu peux noter dans ton article, c’est ça : C’était un gros défi, ça nous prenait tout le monde et on a eu tout le monde ! s’enthousiasme Gilles Roy. C’est qui le père ? C’est tout le monde, car oui, on peut tous être fiers de notre implication ! » De son côté Rémi Gagné, alors conseiller municipal à Rivière-Éternité, évoque ce même esprit de solidarité. « À l’époque déjà, les maires se parlaient beaucoup. Laurent Yves Simard avait fait la demande aux municipalités du Bas-Saguenay de déléguer des conseillers pour la campagne de financement. Eugénie Bouchard mairesse de Rivière-Éternité me confie le dossier. À Petit-Saguenay, c’était Gilles Roy; à L’Anse-St-Jean, on a eu Paulin Boudreault, Janie Boudreault; à Saint-Félix-d’Otis, c’était Pierre Thibeault. J’ai ramassé à peu près 35 000 $ auprès de la population. Ce n’était pas toujours facile, il y en a qui y croyaient, qui avaient hâte de faire du ski, d’autres qui avaient un peu l’esprit de clocher, il y en a dans toutes les municipalités, mais on construit de bien meilleures bâtisses ensemble. La concertation continue encore aujourd’hui, on a des divergences, il y en a toujours eu, c’est correc, on a de bonnes discussions et on en sort plus fort ! »
1989, année de tous les rebondissements !
Le 31 mars 1989 se termine la campagne de financement, s’ensuit un véritable jeu de ping-pong entre les gouvernements et le milieu. Si le Fédéral apporte rapidement son soutien au projet, le Québec hésite, se dédit, joue littéralement avec la patience des acteurs du milieu en les renvoyant à de nouvelles exigences, de nouveaux plans. « Pas une journée durant cette année et demi de négociations où je ne parlais à un journaliste, se rappelle Lucien Martel. Le gouvernement provincial nous demandait de retravailler nos dossiers, nous renvoyait toujours à des dates ultérieures, même si le milieu avait fait sa part du contrat en amassant 1,5 M$. Cela a été une période très exigeante. »
La grogne gagne la population
Rodrigue Gagné, Claude Boudreault et Laurier Boudreault
« Tout le projet était relié à une enveloppe budgétaire dédiée à la zone périphérique du Parc Saguenay. Cette enveloppe-là se terminait le 31 mars 1990. Si elle n’était pas utilisée, elle retournait dans le fond consolidé du gouvernement. Ils ont donc essayé de faire trainer le projet. Et c’est pour cela qu’on a mis en place des moyens de pression importants », explique Claude Boudreault. La route 170 est bloquée en décembre, (voir le texte de Gilles Labbé Au temps des barricades), le ministre Blackburn promet une réponse fin janvier mais aucune annonce n’est faite en ce début d’année 1990. Des coupes illégales sont alors entreprises dans la montagne, les maires du Bas-Saguenay apportent leur soutien aux travailleurs forestiers, le curé Clément Harvey entame un jeûne. Il faudra finalement attendre le vendredi 16 février 1990 pour que les deux paliers de gouvernements débloquent 6,1 M$ pour le développement touristique au Bas-Saguenay. Une grande partie allait au projet du mont Édouard. Lucien Martel a été l’un des seuls à pouvoir assister à la conférence de presse du ministre Blackburn annonçant la bonne nouvelle: « L’ironie dans tout cela, c’est que ce vendredi 16 février, aucune personne du Bas-Saguenay n’a pu venir à la conférence de presse à cause d’une terrible tempête de neige ! Par contre, le Club des copains à L’Anse était rempli de monde, ça a festoyé toute la nuit et quand j’y suis arrivé en soirée, le monde m’ont promené au-dessus de leur tête ! »
Sur le télésiège le jour de l’inauguration, Lucien Martel, André Harvey, Claude Boudreault et Laurent Yves Simard
Entre les négociations avec le gouvernement pour le rachat des terres publiques et l’installation par Hydro Québec d’une ligne électrique adéquate, le passage du rêve à la réalité, le travail colossal que cela demandait s’est révélé être un véritable exploit. Le 8 décembre de la même année, le centre de ski du mont Édouard accueillait ses premiers skieurs.
Des débuts difficiles
« Les premières années, la montagne va de déficit en déficit, les gestionnaires ne peuvent faire face aux obligations auprès des créanciers. L’année 1995 est critique, le Mont-Saint-Sauveur s’apprête à racheter les remontées, le mont Édouard va être démantelé, les clés sont remises à la Caisse Populaires, son principal créancier », explique Laurent Yves Simard. « À la fin novembre 96, j’ai rencontré les travailleurs et leur ai demandé de créer une Coopérative de travailleurs. La municipalité a racheté in extremis les remontées et la Coopérative gérait toute la partie commerciale. C’est là que le centre de ski a commencé à devenir un moteur économique pour la région. » Angéline Gagné est nommée présidente de la Coopérative durant les deux premières années et c’est par la suite Robert Houde qui prendra la relève.
Hélène Gauvreault qui travaillait à l’administration du centre depuis ses débuts prend alors le poste de directrice générale. Elle restera 10 années à la tête de la station. « Le temps de la Coop, il y avait une belle équipe avec Sonia Simard, André Gagné et Marc Laberge. Le système Coop faisait que les employés donnaient au départ 5000 $ puis 5% de leur salaire. La municipalité avait le domaine skiable, les remontées et la Coop gérait le chalet, les terrains. Tant qu’on était en bons termes avec la municipalité, c’était le meilleur scénario. » rajoute Hélène Gauvreault, rejointe par téléphone. La coupe du monde de télémark, les raid extrêmes Ukatak, le début des sentiers de raquettes avec la Coop 4 Temps, les courses de vélo de montagne avec des compétitions de calibre national et le ski nordique, font partie des projets développés à cette époque. Tout au long de l’histoire coopérative, il faut noter la présence remarquable d’une équipe de bénévoles. En 2006, c’est le rachat de la station par la municipalité, le développement immobilier prend forme, mais jusqu’en 2010, la station connait des hauts et des bas et un roulement important au niveau du personnel.
Le retour du guerrier
Celui qui s’est battu corps et âme pour la réalisation de ce projet est appelé en plein hiver 2010, convoqué par le conseil municipal. Il se demande même s’il a bien payé ses taxes, ne s’attendant absolument pas à la proposition qu’on va lui faire. Et c’est ainsi que Claude Boudreault devient directeur de la station, poste qu’il occupera pendant 10 ans. « Au bout d’un mois, je me suis rendu compte que la station était en faillite. En 2010, on comptabilisait 750 000 $ de revenus, en 2019 on était rendu à 2,3 M$. » Cela a pris 5 années pour remettre la station en ordre. En 2015, un plan stratégique sur 5 ans est dessiné. Avec un arrière-pays hallucinant, le C.A. fait confiance à Claude Boudreault et son équipe, qui développent alors le secteur haute-route. L’autre produit mis de l’avant par ce plan, la compétition et les camps d’entrainement pour l’élite. Ces deux secteurs connaitront une progression fulgurante. L’histoire se poursuit ici avec le retour d’un autre personnage essentiel, présent à toutes les étapes de la saga des débuts. En devenant maire de L’Anse-Saint-Jean en 2013, Lucien Martel redevient président de la Société de développement qui gère la station. « Le mont Édouard, j’y ai toujours cru. Évidemment, ça a pris du temps avant qu’il remplisse son rôle de moteur économique. Si à ses débuts, 60 % de la population de L’Anse-Saint-Jean skiait au mont Édouard, la réalité actuelle est bien différente. Depuis que je suis maire, on a investi 5 M$ pour remettre la station à niveau, acquérir un nouveau système d’enneigement, créer la piste numéro 4 homologuée F.I.S, le haute-route, toutes des actions qui ont donné un élan à la station. » Avec 350 portes installées au pied de la montagne qui génèrent une valeur foncière de 60 M$, de plus en plus de gens de l’extérieur qui y découvrent le territoire du Bas-Saguenay, le rôle de moteur économique pour la région est bel et bien établi.
Une nouvelle vision.
Frédéric Blouin, directeur général de la station depuis janvier 2020, tient tout d’abord à souligner l’importance d’une nouvelle génération de travailleurs qui s’inscrit parfaitement dans ce nouvel élan. « Le travail des dernières années est colossal. Une équipe de jeunes gens motivés venant de l’extérieur et qui ont adopté le mont Édouard, a travaillé très fort aux côtés de Claude Boudreault, afin de faire de la montagne ce qu’elle est aujourd’hui. La venue de cette relève qualifiée démontre un grand potentiel pour le futur de notre montagne. » C’est ainsi que Frédéric Blouin poursuit l’aventure avec une vision de montagne axée sur sa communauté, son patrimoine naturel et son approche durable du développement. C’est pour dire que l’avenir du mont Édouard est encore tout aussi prometteur !
C’est le 27 septembre 1932, dans la paroisse de Boilleau, qu’Angelo Brouillette voit le jour. « J’avais 3 mois quand on m’a baptisé au pont du Lac HaHa! Il n’y avait pas encore d’église et c’est le curé de Grande Baie qui montait dire la messe. Il m’a attrapé par les pattes et il m’a mis la tête dans l’eau du lac ! »
Henri Brouillette à 34 ans, le père d’Angelo.
Son père, Henri Brouillette, est
originaire de Trois-Rivières. Sa mère, Mayrie Ellefsen, est déjà veuve et mère
de 10 enfants quand elle rencontre Henri. « Mon père a pensionné chez
elle, à Saint-Fulgence. Il était venu ici pour l’ouvrage mais en 1930, le
moulin à Port Alfred a fermé. C’est pour ça, ils ont bâti Saint-Félix,
Sainte-Rose-du-Nord, Saint-Fulgence, Boilleau et Ferland. Le monde qui n’avait
plus d’ouvrage, ils se sont pris des terres, les ont défrichées. Ils ont vidé
les villes pour s’en aller en campagne. »
Le grand-père maternel, Olof Ellefsen, est norvégien et travaille sur un bateau. À hauteur de Saint-Fulgence, au moment de retourner vers l’Europe, il fait partie des cinq marins qui se sont jetés à l’eau, ils ont déserté le bateau Olsen.
Les recherches ont duré pendant deux années, mais les fugitifs n’ont jamais été retrouvés ! « C’est comme cela que le grand-père Ellefsen s’est ramassé à Saint-Fulgence chez un Maltais. »
Angelo avec sa sœur et sa mère, il fait le cheval avec la bacagnole. (voiture d’hiver à cheval à 2 patins.)
Durant son enfance, monsieur
Angelo va tous les matins à pied à l’école. « On faisait un mille, pas
habillés quasiment. Y’avait pas de soute, rien ! Les petites filles en bas de
soie, pas de bas de culotte. Des fois, on avait deux chiens qui venaient nous
mener, on mettait une poche de foin, ils se couchaient dessus. Ils nous
attendaient toute la journée à l’école. » Dans ce temps-là, il y avait une
église, deux écoles, deux salles paroissiales. Les familles étaient nombreuses.
« Rien que chez Atol Simard, ils étaient 21 ! »
« Quand j’avais 11 ans, mon père m’a dit : tu viens avec moi dans le bois. Y’avait rien que des filles à la maison. On bûchait au sciotte, dans la grosse montagne du Four, au petit Lac HaHa. On se bâtissait des camps dans la montagne. Dans ce temps-là, on bûchait pour la compagnie Price. On faisait 200 cordes de bois de pulpe par maison pour la Compagnie, chaque cultivateur avait un montant pour vivre. »
Angelo à gauche pose fièrement devant son premier char, un Ford 51.
Celui qui bûchait l’hiver, se rappelle que l’été, la famille faisait son argent en ramassant des bleuets. « J’en ai ramassé 20 ans des bleuets. J’en ramasse encore ! Y’a des journées, on pouvait voir 10 ours, c’était apeurant, on ramassait avec la carabine. »
En hiver, les Brouillette vidaient la maison et toute la famille montait dans le bois où elle vivait dans un camp. « Des fois, on était 5 ou 6 ans dans le même camp, et quand il y avait plus de bois, on en bâtissait un autre ailleurs. En dernier, on était à Ferland, en arrière de l’église. Quand la plus grande des filles était assez vieille, elle restait à la maison avec les plus jeunes qui allaient à l’école. »
Angelo, avec la chemise au centre, à 17 ans à côté du grand-père Napoléon, le père à son père. Il était sérieux avec sa moustache ! Sur la photo de famille, il y a aussi son père, sa mère, un de ses oncles, et quelques-unes de ses sœurs
Pour nourrir tout ce beau
monde, le père de monsieur Angelo chassait et trappait. Il arrivait aussi
qu’ils mangent de l’orignal. « Le garde-chasse, il y’en avait rien qu’un,
il était pas dur à déjouer ! On virait les raquettes de bord pour pas qu’il
sache où est-ce qu’on l’avait pris. On passait avec la wagen et le cheval, et
on en donnait à tous ceux-là qui étaient pas capables de chasser, on en donnait
aux veuves, on partageait. »
Pour arrondir les fins de mois, Angelo et son père faisaient 400 cordes de plus pour du bois de poêle. « On le vendait 2 piastres la corde à du monde de la ville. Je bûchais trois cordes par jour à la sciotte, la montagne de l’autre bord, j’ai vu ça tout cordé en bois deux fois dans ma vie. »
Angelo devant son camp
Il fallait monter avec deux
chevaux, c’est eux qui charriaient le bois. Angelo se rappelle :
« Mon père lisait le chapelet chaque fois qu’on montait sur la montagne,
il avait peur qu’on se tue, c’était l’enfer à descendre, le bois. On n’était
pas capables d’arrêter en bas au chemin, alors on mettait des chaînes, on appelait
ça un bœuf. On accrochait des chaînes en arrière, on mettait 3 cordes de bois
dedans et on les traînait dans la neige pour que ça nous ralentisse. Les
chevaux tombaient quand c’était sur la glace. Ça prenait une heure et quart
pour monter avec le cheval et la team
et pour redescendre, ça se faisait en un ¼ d’heure. C’était apeurant, c’était
l’enfer ! »
Bien sûr, il y a aussi des moments magiques dans l’enfance de monsieur Angelo, comme quand toute la famille allait à la messe de minuit. « On descendait du bois à cheval, y’avait des clochettes après les chevaux, tout le monde du rang double s’en venait, on les entendait. »
Toute
une vie dans le bois, à bûcher et à trapper.
Avec une enfance comme celle-là, c’est tout naturellement que monsieur Angelo est devenu un fameux trappeur. « Je prenais 35 castors par année ! En commençant par le rat musqué et la belette en montant, j’ai trappé tous les animaux, jusqu’au loup cervier. Il y’avait un gars de Baie-Saint-Paul, et Clément Dufour à Chicoutimi, sur la rue Racine. Ils passaient par les maisons et achetaient à tous ceux-là qui en vendaient, des peaux. On vivait avec ça, les bleuets, la chasse, la pêche et le bois. »
Tous les jours, monsieur Angelo va faire son tour à l’usine Fabrication Bois Concept.
Le premier chapitre de la vie
de monsieur Angelo s’achève ici. Mais, pas de doute, il va falloir consacrer
d’autres articles à ce personnage intarissable. Sa rencontre à
Sainte-Rose-du-Nord avec Solange Rousseau, celle qui allait devenir sa femme,
son implication dans l’économie du village, toutes ces histoires de chasse qui
dorment avec les boîtes de photos, ou sa visite quotidienne à l’usine
Fabrication Bois Concept, installée sur les terres qu’il a vendues, il y a
maintenant bien longtemps.