Découvrir le territoire du Bas-Saguenay à vélo

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Le relief semble pourtant bien intimidant, mais à les écouter me raconter leurs expériences cyclistes, on finirait par croire qu’il n’y a pas meilleure façon de parcourir notre belle région.

Marc Mercier, adepte du vélo électrique à roues surdimensionnées

Cartographe à la retraite, Marc Mercier suit la topographie du territoire comme on découvre une carte postale. Cette belle rencontre m’emmène faire un tour de vélo à vol d’oiseau ! En suivant du doigt les sentiers empruntés sur la carte, j’observe ravie ce terrain de jeu qu’est le Bas-Saguenay … grandiose, juste là, chez nous !

Avec son vélo électrique aux roues surdimensionnées, Marc a parcouru 6500 kilomètres l’été dernier. Il en a profité pour cartographier 250 kilomètres de trajets accessibles dont certaines boucles, comme en s’en allant vers l’Anse aux petites îles à Petit-Saguenay : « Je suis super fier de dire que je fais plus de kilomètres avec mon vélo qu’avec ma voiture ! Je l’utilise autant pour faire mes courses que pour rouler sur les Zec ou chemins forestiers du territoire. Il pèse environ 75 livres et possède une autonomie de 80 à 90 kilomètres, mais surtout c’est un vélo hybride qui me permet de combiner asphalte et chemin de gravel. »

Avec son vélo électrique, Marc peut monter toutes les bonnes côtes sans problème, ce sont les descentes les plus dangereuses, avec des vitesses pouvant atteindre 70 km/h. Côté sécurité, il précise d’ailleurs : « Je fais mon vélo le matin, pour éviter l’affluence des 4 roues ou des côte-à-côte, mais il faut toujours être aux aguets, comme sur la Zec où les bolides arrivent super vite. Une chance, on les entend de loin ! Souvent, je me retire carrément du chemin et ils ne me voient même pas ! »

Quand il part le matin, Marc suit son impulsion du moment, sans avoir de plan bien établi en tête, c’est ainsi qu’il pédale souvent en solitaire mais idéalement être plusieurs peut éviter les mauvaises expériences.

Le plus grand défi finalement, cela reste les communications, car dans pas mal de places, il n’y a pas de réseau cellulaire. Il faut savoir être vigilant, ne pas hésiter à marcher à côté de son vélo dans certaines descentes, et avoir un équipement bien entretenu. « Une crevaison peut arriver n’importe quand ! Un vélo électrique, on ne peut pas vraiment le réparer, surtout la roue arrière, avec son système électrique, c’est un peu plus compliqué qu’un vélo ordinaire.  Mais finalement, c’est sur la Saint-Jean-Baptiste, avec les clous et les vis, les jours où l’écocentre est ouvert, que c’est pas mal le plus dangereux ! Même Mathieu le garagiste s’en est aperçu ! » conclut Marc en souriant.

Eve-Laurence Hébert, le cyclotourisme en mode exploratoire

Ève-Laurence, passionnée de cyclotourisme, est allée jusqu’à Natashquan, a fait le tour des Laurentides et de la Mauricie : « Pour moi le vélo, c’est une manière idéale de découvrir le Québec. »

Lors de son premier passage dans la région, à l’été 2019, les dénivelés du Bas-Saguenay ne semblent pas l’effrayer : « J’ai un vélo de cyclotourisme, avec 2 sacoches en avant et 2 en arrière. C’est un vélo qui permet d’aller sur de très petites vitesses et de monter les côtes tranquillement, en moulinant. Pas besoin d’être un athlète, c’est accessible, il faut juste prendre son temps. Ça permet aussi de vivre le plaisir de prendre une bière dans une microbrasserie, de s’arrêter sur une plage. »

Si elle n’est pas nécessairement une fervente des pistes cyclables, Ève-Laurence demande des accotements raisonnables ! « C’est impératif qu’il y ait des accotements plus larges partout, parce qu’il y a des secteurs qui en ont mais d’autres qui sont véritablement désuets, d’autant plus lorsque l’on se nomme la Véloroute du Fjord du Saguenay ! Par contre, je ne m’y suis jamais sentie en danger, les automobilistes et surtout les gros camions ralentissent et se tassent vraiment. »

En écoutant Ève-Laurence me conter ses voyages de cyclotourisme, je comprends que le vélo reste une merveilleuse façon de découvrir un territoire parce qu’on est dans la lenteur, l’appréciation des paysages et la contemplation. Étant donné que l’on fait un effort physique considérable, on a plus tendance à s’arrêter à des endroits que l’on n’aurait même pas vus en voiture. « C’est de cette façon-là que j’ai découvert les chutes à Sagard. Je partais de L’Anse-Saint-Jean, je m’en allais vers Saint-Siméon, il faisait vraiment chaud, je suis au milieu de nulle part, je suis assoiffée, j’ai faim et j’ai envie de m’arrêter pour prendre un lunch. Je vois le tout petit panneau Chute à Sagard, passe tout droit, puis me dis qu’en fait ce pourrait être le bon moment pour s’arrêter. Je revire, descends et découvre une place fabuleuse. Depuis ce temps-là, j’y vais tout le temps, pour me baigner, camper parce qu’il y a un site aménagé. J’ai envoyé des amis là-bas, bref je n’aurais jamais découvert cet endroit en voiture ! », constate enthousiaste la jeune femme.

D’après elle, le vélo c’est aussi une magnifique façon de créer des liens avec les locaux, parce que les gens sont impressionnés de te voir arriver à vélo avec toutes tes sacoches, en autonomie avec ta tente accrochée sur ton porte bagage ! Ils viennent te voir, ils veulent te parler, te faire découvrir leur place, ils veulent même des fois t’héberger chez eux, comme lors de grosses journées de pluie !

En plus, c’est le moyen de transport le plus écologique qui soit : « Je me sens tellement fière quand je réalise qu’aujourd’hui, je n’ai consommé aucune essence pour me déplacer ! Juste du jus de cuisse ! »

Le vélo de montagne, une histoire de famille !

À l’âge de 12 ans, Alik Bergeron se retrouve pour la première fois sur un vélo de montagne. La piqûre est instantanée. C’est là que Mia Arsenault, professeur à l’école Fréchette, entre dans l’histoire. Elle aide le jeune élève à choisir son équipement, lui donne beaucoup de conseils techniques, l’amène sur le tout nouveau secteur qui se développe alors au Mont-Édouard.

À force d’accompagner leur garçon et de l’attendre au bas des pistes, les parents d’Alik, David Gaudreault et Kathlyn Bergeron, décident eux aussi de tenter l’aventure !

Kathlyn Bergeron sur une descente du Mont-Édouard – Crédit photo : Alik Bergeron.

Kathlyn se rappelle également très bien de sa première expérience : « Je n’avais jamais fait de vélo de montagne, ma première montée avec Alik et madame Mia à la fin d’une journée d’école, juste la montée, je la trouvais déjà bien impressionnante avec les roches, les embûches, les ravins. Là encore madame Mia est essentielle, elle t’encourage, te donne confiance. C’est vraiment une discipline qui te fait passer au travers de tes peurs ! Maintenant, je peux dire que j’aime autant la montée que la descente. La montée, c’est tellement beau, c’est comme une randonnée en forêt. Oui c’est difficile, tu moulines, c’est du cardio, c’est un défi à chaque fois mais c’est super beau. Après ton super effort, tu arrives en haut et tu choisis la piste que tu veux ! Du sommet tu as le choix entre 5 descentes. »

Le secteur vélo de montagne du Mont-Édouard a connu une expansion assez fulgurante sous l’impulsion de deux passionnés, Mia Arsenault et son chum Mathieu Fortin. Tous deux ont créé Les Piochons, un groupe de bénévoles qui entretient et améliore grandement la qualité des pistes.

« Un été, j’ai travaillé sur la création de la piste l’Eldorado. Les employés du Mont-Édouard font le gros du travail, bûchent les arbres, bâtisse la piste. Ensuite les Piochons arrivent avec leurs connaissances, amènent la vision vélo de montagne, modifient quelques courbes, les angles des virages pour que la descente soit sécuritaire et fluide à la fois. On descend tout de même à pleine vitesse ! », partage Alik qui travaille encore cet été à la montagne.

Il y a bien sûr des centres de vélo de montagne comme à Québec où il y a 70 pistes différentes. Mais la famille préfère aller au Mont-Édouard. « L’an passé on est allés à Stoneham. Sérieux, tu as l’impression d’être au centre d’achat, il y a tellement de monde ! Tu as quelqu’un en arrière et en avant de toi tout le long du parcours, et les pistes sont les unes à côté des autres, souligne David. Le Mont-Édouard, c’est sauvage, tu as la paix et quand tu rencontres quelqu’un, tu es content ! »

« Tu ne peux pas penser à autre chose à vélo, ton esprit doit rester focus. Tu reviens de l’école, tu as raté ton examen, c’est pas joyeux et là, tu montes sur ton vélo et tu penses à rien d’autre qu’à ta descente ! C’est de l’art ! Tous les petits mouvements que tu fais, ta trace sur le sol, c’est comme mon tableau du moment. Et puis l’adrénaline que cela me donne, de rouler vraiment vite, tout autour devient flou. L’instant présent, c’est un combat mental énorme, tu sors de ta zone de confort à 100 %. C’est satisfaisant tellement de réussir ce que tu ne pensais pas pouvoir faire », conclut Alik en pensant déjà à sa prochaine descente !

Pour ceux qui veulent s’initier, il y a des pistes au pied de la montagne, mais du sommet, cela demande un niveau intermédiaire.