Le copeau de bois – Souligner la valeur du bois.

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Gaétan Girard dans son atelier à l'Anse-Saint-Jean

Gaétan Girard est arrivé avec sa conjointe en 2023 à L’Anse-Saint-Jean avec comme principal projet d’y vivre tous les deux une retraite heureuse où le travail d’artisan serait mis en valeur. Comptable de formation, il a passé toute sa vie professionnelle au sein d’entreprises manufacturières, dont les 9 dernières années comme directeur de production à La Charpenterie de Chicoutimi. L’amour du travail du bois y a sans doute pris racine.

C’est en 2022 qu’un peu par hasard il découvre le tour à bois ! L’effet est instantané, sa maison devra avoir un atelier assez grand pour y développer sa nouvelle passion.

Dès le début de l’entretien, j’apprends avec étonnement que l’on peut tourner des pièces en segmentant le bois. « C’est de valeur que tout l’intérieur d’une pièce se retrouve par terre en copeaux. Il y a beaucoup de perte, alors on s’y prend autrement. Tu façonnes des anneaux via des segments que tu colles ensemble, pour finalement empiler tous ces anneaux l’un par-dessus l’autre selon la forme imaginée au départ », me confirme l’artisan tourneur.

Il apprécie particulièrement les grosses loupes qui se forment sur le tronc de certains arbres, comme le merisier, l’érable et le cerisier. Gaétan Girard en acquiert un peu partout en province auprès des bûcherons locaux: « Ces loupes sont très recherchées à cause des motifs qu’il y a à l’intérieur. Cela donne de magnifiques pièces, comme cette urne que j’ai faite l’année dernière. »

Gaétan travaille de plus en plus avec du bois local, a même racheté certaines pièces des anciens Ateliers Bois de Fer. Sous le nom de « Le Copeau de Bois », vous pourrez le retrouver aux Haltes Gourmandes sur le quai de L’Anse-Saint-Jean, dans les marchés de Noël mais également au Symposium de Petit-Saguenay où une place de choix est toujours réservée aux artisans locaux.

Avant de se quitter, je ne peux m’empêcher de demander à cet ancien directeur de production, qui passe sa retraite à temps plein dans son atelier, pourquoi selon lui, on ne fait pas au Québec plus de 2e transformation du bois récolté dans nos forêts ? « Je vous dirais que l’industrie manufacturière requiert du volume et de l’organisation pour être en mesure d’offrir un produit et la population ici est trop petite pour englober le produit qu’une architecture de production demande comme volume. Quand on a des entreprises comme La Charpenterie, qui embauchait tout de même une centaine de personnes, ce qui fait vivre ces entreprises-là, c’est l’exportation hors-région, et aussi parce qu’il y a des normes du bâtiment qui obligent la personne qui construit sa maison, même un auto-constructeur, à avoir une charpente certifiée. »

Pour parler bois avec Gaétan Girard, vous pouvez toujours le rejoindre au 418 818-0419. Son atelier est situé au 165, route 170 à l’Anse-St-Jean.