Un outil indispensable pour une meilleure résilience collective.
Cohabiter avec les inondations
Au fil des ans, la population de la municipalité de L’Anse-Saint-Jean a subi de nombreuses inondations en zones habitées provoquées par la crue des eaux et la formation d’embâcles de glace. Cette réalité, s’étant intensifiée dans les dernières années, ne risque pas de s’inverser dans un contexte de changements climatiques. Bien consciente de sa vulnérabilité, la municipalité s’est dotée d’un plan d’adaptation aux changements climatiques (PACC) en avril 2020, plan qui s’adresse notamment à la gestion des inondations.

Adhésion au « Programme Accélérer la transition climatique locale »
L’attestation de son PAACC local, par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) dans le cadre du Volet 1 du programme « Accélérer la transition climatique locale » (ATCL), a été accordée en fonction des prescriptions de recevabilité exigées par le Ministère soient : un historique des événements climatiques extrêmes locaux, les projections climatiques anticipées, une analyse des risques détaillée, un plan d’actions incluant des échéanciers d’exécution, des indicateurs de suivi, les investissements requis pour s’adapter ainsi que les partenaires d’accompagnement aux projets. L’analyse de risque fut l’élément central de ce travail qui a permis de déterminer les actions d’adaptation à prioriser en fonction du niveau de vulnérabilité et des impacts sur les actifs municipaux et les services à la population.
Communauté active en réalisation de projets d’adaptation
L’approbation du PACC a ouvert la voie à des opportunités de financement public comme le Programme ATCL volet 2 et le Programme de résilience et d’adaptation face aux inondations (PRAFI) du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH). Ce dernier vise à accroître la sécurité des personnes et la protection des biens face aux inondations. Cet incitatif provincial a permis la réalisation de travaux de recherche sur les bénéfices de la réouverture d’un ancien méandre de la rivière Saint-Jean-Saguenay endigué à la suite du déluge de 1996.
Appuyée d’une analyse multicritère (AMC) réalisée par le Laboratoire de recherche en géographie appliquée de l’UQAC, l’étude a pu déterminer que le retrait de la digue aménagée à l’entrée du méandre aurait pour effet une réduction de la réponse hydrologique lors de crues, la diminution du volume d’eau et de glace accumulé au niveau du pont de la rue du Faubourg et, par conséquent, la réduction du niveau d’eau et du risque d’inondations.

Le niveau d’efficacité des solutions envisagées a été corroboré en fonction des coûts de réalisation, des bénéfices générés en réduction des risques d’inondation pour une série d’indicateurs liés à la sensibilité socio-économique, démographique, environnementale et à la capacité à faire face et/ou à s’adapter individuellement ou collectivement. L’acceptabilité sociale représente un des éléments clés et déterminants à la réalisation du projet. Une série de consultations ayant cours se prolongera jusqu’au printemps 2026.
En parallèle, un processus de reconnaissance du secteur du méandre est en cours de validation pour en faire une aire protégée. Cette proposition est en cours d’analyse par le Conseil régional de l’environnement et du développement durable du Saguenay (CREDD). Cet organisme détient un mandat de concertation, accordé par le MELCCFP, des demandes de création d’aires protégées provenant de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Finalement, si les conditions préalables à la réalisation du projet de reconnexion sont respectées dont celles des autorisations environnementales et de l’acceptabilité sociale, les travaux devraient débuter à l’automne 2026 ou au plus tard au printemps 2027.













