Un plan d’adaptation aux changements climatiques (PACC) … oui mais pourquoi !

253
Groupe de personnes sur le bord d'une rivière à L'Anse-Saint-Jean
Une équipe de bénévoles travaille sur la piste cyclable au bord de la rivière Saint-Jean.

À Sainte-Marthe-sur-le-Lac, une digue érigée après une inondation majeure de 2019 a coûté environ 55 millions. Cette digue a été construite à la suite des coûts records estimés jusqu’à 192 millions à la suite des inondations. (1) Elle protège désormais plus de 600 résidences, évitant des dégâts récurrents qui sont estimés à 16 millions pour chaque future inondation.

À Montréal, l’hiver 2022-2023 a vu une augmentation de 30 % du nombre de nids-de-poule recensés par rapport aux années précédentes. Les autorités municipales ont dû allouer un budget supplémentaire de 6 millions pour les réparations urgentes, illustrant l’impact budgétaire direct de ces détériorations climatiques sur les finances publiques. Et l’augmentation des dégâts sur les infrastructures routières due aux cycles répétés de gel et de dégel semble continuer. Ainsi, durant l’hiver 2023-2024, Montréal a connu une hausse significative des signalements de nids-de-poule. En janvier et février 2024, le service 311 de la Ville a reçu 2 328 signalements, soit une augmentation de plus de 900 par rapport à la même période l’année précédente. (2)

Les phénomènes comme les inondations, les tempêtes violentes, le verglas ou les vents extrêmes causent des dommages matériels coûteux aux habitations. Le coût financier est stupéfiant, avec des dommages assurés dus aux intempéries sévères dépassant 4,30 milliards en 2023 seulement. (3) Les restes de l’ouragan Debby, qui ont frappé le sud du Québec les 9 et 10 août 2024, ont causé à eux seuls des dégâts estimés à 2,5 milliards.

Les familles québécoises constatent également l’effet des changements climatiques sur leurs factures fiscales et d’assurances. Depuis plus de dix ans, le coût des sinistres catastrophiques assurés au Canada s’élève à 2,5 milliards ou plus chaque année. (4) Le Québec n’échappe pas à cette tendance : ces cinq dernières années, les pertes annuelles moyennes assurées dues aux événements météo extrêmes y atteignent plus de 428 millions. Au Québec, sept événements météorologiques majeurs de 2017 à 2023 ont entraîné pour 561 millions d’indemnisations. (5)

Les particularités locales de L’Anse-Saint-Jean ont largement accentué l’acceptation d’une démarche de financement auprès de la Fédération Canadienne des municipalités afin de réaliser pendant 24 mois un PACC et son acceptabilité sociale dans le milieu. Initié en 2018, les cicatrices matérielles et humaines occasionnées entre autres par les récurrents mouvements de masse, le déluge de 1996, les embâcles de glace, etc., ont de beaucoup permis un financement appréciable pour une petite collectivité et sa résilience face aux défis climatiques. Ces particularités ont été un levier distinctif et méritant sur la scène nationale.

empierrement au bord de la rivière Saint-Jean
Projet de revégétalisation des rives de la rivière Saint-Jean, le long de la piste cyclable.

Le plan d’adaptation au changement climatique (PACC) de L’Anse-Saint-Jean est une stratégie économique importante en termes de chantier d’interventions environnementales. Les projets structurants complétés ou en développement, dont les travaux d’assainissement des eaux usées avec les étangs aérés, l’acquisition de deux génératrices dans des bâtiments d’accueil public en cas de sinistre, les études préalables dans le cadre du projet de reconnexion d’un ancien méandre de la rivière Saint-Jean dans une perspective de gestion de risques d’embâcles et d’inondations, les projets de végétalisation des berges de la rivière Saint-Jean et de génie végétal en littoral riverains du Fjord-du-Saguenay, le réaménagement de la salle multifonctionnelle et l’ajout d’un monte-personne au Centre communautaire Petite-École en cas d’urgence ou de sinistre, l’installation d’une borne électrique 400 V au bureau d’information touristique, la restauration de la portion de la piste cyclable de la rivière Saint-Jean érodée suite à un éboulis sectionnant le corridor et la remise à neuf de la passerelle, l’analyse de vulnérabilité et le plan de protection des sources d’eau potable, la réalisation d’un parcours intergénérationnel en forêt pour contrer les îlots de chaleur près des résidences des aînées, la gestion adaptée des eaux pluviales en environnement alpin ainsi que la stabilisation des berges du Camping de L’Anse ont largement contribué à réduire le fardeau fiscal des citoyens tout en générant des retombées économiques positives.

Aux termes de ses chantiers réalisés avec l’accréditation du PACC de L’Anse-Saint-Jean totalisant des investissements publics de différents paliers gouvernementaux de l’ordre de 28 millions financés de 80 % à 100 %, nous ont permis de nous positionner en première ligne afin d’innover et d’améliorer la résilience des infrastructures publiques à faible coût.

La réalisation et le financement d’un plan d’adaptation aux changements climatiques est un levier essentiel pour protéger les populations, réduire les coûts liés aux catastrophes et stimuler l’innovation climatique. La particularité locale de L’Anse-Saint-Jean demeure un pionnier dans la région du Saguenay Lac St-Jean.

(1)  L’Éveil. (2024). Inondations de 2019 à Sainte-Marthe-sur-le-Lac : Une facture de 192 M$. Inondations – L’Éveil 2024

(2)  Lalonde, M. (2024, 31 mars). C’est de pire en pire : plus de 2300 signalements pour des nids-de-poule à Montréal cet hiver. Journal de Montréal. Rapport Lalonde

(3)  Banque du Canada. (2024). Risque d’inondation et prêt hypothécaire. Consulté à l’adresse : bankofcanada.ca

(4)  Bureau d’assurance du Canada. Catastrophes. Bureau d’assurance du Québec. Récupéré le 12 mars 2025, de bac-quebec

(5) Le Hirez, C. (2023, 10 mars). Changements climatiques : votre maison est-elle bien assurée ? ProtégezVous. Lien : protegez-vous.ca/