Quand on arrive de la ville, les zones d’exploitation contrôlées – les ZEC – restent souvent un monde qu’on connaît mal. Il y en a plein au Québec, toutes gérées localement, mais on ne sait pas trop ce que c’est, ni comment ça marche. On en entend parler, on voit les pancartes sur le bord de la 170 ou au bout d’un chemin, mais ça reste un peu abstrait – jusqu’au jour où quelqu’un nous y amène.
Ceux qui ont grandi avec ont leurs habitudes – une fin de semaine de chasse avec un oncle, un lac précis pour la pêche, des sorties en VTT entre amis. Les autres, comme moi, apprennent à leur tour à quel point ces territoires font partie de la vie d’ici.
D’ailleurs, ces territoires n’ont pas toujours été accessibles à tous. Par le passé, ils étaient en grande partie contrôlés par des clubs privés, réservés aux plus fortunés et aux plus influents. À la fin des années 1970, le « déclubage » met fin à l’accès privé de nombreux territoires de chasse et de pêche. Les ZEC naissent de ce changement : des organismes locaux prennent en charge des territoires désormais accessibles au public. Les ZEC saumon suivent la même logique, avec un encadrement plus serré pour protéger une ressource particulièrement fragile. Résultat : aujourd’hui, on peut y accéder, dans un cadre pensé pour protéger le territoire et le vivant.

Au Bas-Saguenay, on a la chance d’en avoir cinq – trois ZEC et deux ZEC Saumon – et chacune a sa personnalité.
La ZEC du Lac-Brébeuf, c’est l’ampleur. Un territoire immense – presque de la taille de l’île de Montréal – avec de grands plans d’eau qui donnent tout de suite le ton. Le lac Brébeuf mérite d’être exploré, mais il ne faut pas passer à côté de la plage du lac Éternité. Pour moi, c’est la ZEC des longues routes forestières et des grands paysages qu’on a envie de contempler sans se presser.
La ZEC de l’Anse-Saint-Jean, c’est celle qui m’a donné envie d’en découvrir d’autres. Un couple d’anjeannois m’a déjà emmenée vers les lacs Malfait et de la Muraille. On est partis en quatre-roues sur des sentiers qui montaient tellement à pic que j’avais presque peur de tomber sur le dos. Puis, une fois rendus, tout s’ouvre. Des paysages qu’on ne soupçonne pas, des lacs perchés, un arrière-pays qui s’étend à perte de vue.
Une autre fois, c’est mon chum qui m’a dit : « Tu veux que j’te montre un beau spot ? » Quelle question ! On part sur le chemin de la ZEC, on tourne à gauche, à droite, on marche une quinzaine de minutes, pas trop sûre d’où il m’amène – j’me dis qu’il est peut-être pas trop tard pour revirer de bord… Puis ça y est : une série de chutes magnifiques. Un pique-nique improvisé, les éclats d’eau, les montagnes, les oiseaux au-dessus de nos têtes, et personne autour. En ville, un endroit comme ça serait partout sur Internet, détaillé, recommandé, balisé. Là, je n’y serais jamais allée si quelqu’un ne me l’avait pas fait découvrir. Ça, c’est du vrai luxe.
Il y a aussi des sentiers accessibles qui valent le détour, comme celui de la Savane à Pierrot, accessible par la rue du Quai à Petit-Saguenay. Des prolongements sont en développement, de quoi donner encore plus envie d’y retourner.

La ZEC Buteux, à la limite de notre territoire, du côté de Petit-Saguenay, c’est un peu celle où on accepte de faire plus de route. Les parcours de canot-camping permettent de passer d’un lac à l’autre, de s’arrêter sur une plage ou une île pour la nuit. Et pour ceux qui cherchent un peu plus de confort, les chalets et le prêt-à-camper – dont le nouveau chalet des Îles – offrent une belle autre façon d’y séjourner.
Sur la rivière Saint-Jean, à l’Anse, c’est la porte d’entrée idéale pour découvrir l’univers des ZEC saumon. L’initiation à la pêche à la mouche permet d’essayer cette tradition sans avoir déjà d’expérience. Et même sans pêcher, la piste multifonctionnelle et la passerelle offrent une belle façon de suivre la rivière et d’observer ses fosses.

Du côté de la rivière Petit-Saguenay, l’expérience est tout aussi douce. On y va autant pour les hébergements rustiques et pittoresques que pour la descente des eaux mortes : 11 km de rivière calme à parcourir en canot, kayak ou planche à pagaie. L’organisation est simple : avec la location et le transport des embarcations inclus, il reste juste à se laisser porter – et à donner quelques coups de pagaie.
Pour moi, ce qui revient, peu importe la ZEC, c’est cette idée qu’il y a toujours quelque chose à découvrir, souvent grâce à quelqu’un qui connaît déjà le coin. Alors si ça vous donne envie, le mieux, c’est de contacter directement les ZEC. Elles pourront vous guider selon le type de sortie que vous cherchez.

Et pour prolonger l’exploration hors ZEC, les belles et méconnues Chutes à Baptiste, à Ferland-et-Boilleau, valent aussi le détour. On y accède par un sentier clairement indiqué, d’une centaine de mètres, après avoir parcouru un peu moins de 8 km sur des chemins forestiers bien entretenus.














